Accusé de pornographie juvénile, il peut voir sa fille de 20 mois

Enceinte de quatre mois et demi, Mélanie (*) a eu la mauvaise surprise de découvrir de la pornographie juvénile dans l’un des ordinateurs de la résidence familiale en janvier 2010. Deux ans plus tard, son ex-conjoint, qui attend son procès pour faire face à de lourdes accusations, a malgré tout obtenu la garde partielle de leur fille, au grand désaccord de la mère de famille.

 

Janvier 2010. Mélanie découvre différents fichiers de pornographie juvénile dans l’ordinateur. «Je ne savais pas quoi faire. Est-ce que je le confrontais ou j’appelais la police?», raconte la jeune femme, dont nous avons dû taire l’identité en raison des procédures judiciaires en cours.

 

Ébranlée, la jeune femme, qui réside dans la région, choisit la seconde option et fait appel aux policiers de la SQ qui débarquent chez elle et saisissent les équipements informatiques du couple. Une enquête est ouverte.

 

Un mois plus tard, François (*) est arrêté à son domicile par l’Équipe d’enquête sur l’exploitation sexuelle des enfants sur Internet de la SQ. Sa présence sur un site Web où il est possible d’échanger des fichiers photo et vidéo aurait trahi l’homme de 31 ans.

 

Accusé de possession de pornographie juvénile et de distribution de pornographie juvénile, ce dernier plaide non coupable.

 

Droit de visite
Entre temps, Judith (*), maintenant âgée de 20 mois, naît de l’union de Mélanie et François. «Au début, avant qu’il se fasse arrêter, je lui ai donné le bénéfice du doute», confie Mélanie, qui qualifie son ex-conjoint de charmeur et de manipulateur.

 

Mais elle en vient finalement à couper complètement les ponts, après la naissance de l’enfant. Elle apprend plus tard, dans les journaux, l’arrestation de François.

 

Jusqu’à tout récemment, François avait la possibilité de voir sa fille à raison de 45 minutes par mois, lors d’une visite surveillée.

 

De retour devant le tribunal en janvier dernier avec l’intention de faire couper les droits de visite de son ex-ami de cœur, Mélanie a eu droit à un tout autre verdict.

 

Le magistrat a plutôt augmenté la fréquence des rencontres surveillées de François à raison de deux heures par deux semaines, via l’organisme Parenfant. «Le juge a expliqué sa décision parce qu’il (François) n’a pas encore subi son procès en Cour criminelle», dit Mélanie. «Juste parce que j’étais enceinte, je suis obligée d’endurer tout ça. Elle est où la justice?, questionne-t-elle. Je suis impuissante. Le système marche pour l’aider. On m’a même encouragé à aller en thérapie pour recoller notre couple. Il dit que c’est un bon père, qu’il n’y a aucun danger. C’est encore plus insultant.»

 

En raison de la nature des accusations qui pèsent contre François, Mélanie ne comprend pas qu’il ait le droit d’être en présence d’un enfant, même le sien. La lenteur des procédures judiciaires ne l’aide pas non plus.

 

Elle a donc entrepris des démarches pour lui retirer ses droits parentaux. «Le meilleur pour ma fille, c’est qu’il ne fasse pas partie de sa vie. À 20 mois, il n’y a pas de lien de créé, pas avec des visites mensuelles de 45 minutes», mentionne la mère de famille, désabusée par le système.

 

 

(*) En raison des procédures judiciaires, le nom de chacune des personnes impliquées dans ce reportage a volontairement été modifié.



 

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