Près de 7 M$ de dettes pour le centre de tri de Cowansville

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Par Stéphanie MacFarlane
Près de 7 M$ de dettes pour le centre de tri de Cowansville
Récupération 2000 traite annuellement 6000 tonnes de matières recyclables en provenance des villes. (Photo : Archives)

ENVIRONNEMENT. Victime de la crise qui sévit dans le secteur du recyclage, Récupération 2000, le centre de tri de Cowansville, qui récolte et traite les matières recyclables dans plusieurs municipalités de Brome-Missisquoi, a récemment déposé un avis d’intention, une première étape vers la faillite.

Selon l’avis de dépôt de l’intention de faire une proposition, publié par le syndic PricewaterhouseCoopers, et dont le journal Le Guide a obtenu copie, Récupération 2000 a formulé son avis d’intention, en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, le 30 mai dernier.

Récupération 2000 aurait pour près de 7 M$ de créances – 6 944 885,12 $ plus précisément – auprès d’une soixantaine d’organisations, dont des institutions financières, le gouvernement, des entreprises et la Ville de Cowansville.

D’après la liste des créanciers ayant des réclamations de 250 $ ou plus, trois créanciers, dont les prêts totalisent 6 575 457 $, seraient garantis. Les 64 autres, qui se partagent 369 428 $, ne le seraient pas.

Malgré de nombreux appels logés au cours des dernières semaines, le journal Le Guide n’a pas été en mesure de parler au directeur général de Récupération 2000, Nicolas Therrien. Ce dernier a toutefois affirmé à Radio-Canada perdre 80 000 $ par mois en raison de la crise qui secoue le secteur du recyclage au Québec. M. Therrien aurait aussi précisé à Radio-Canada que l’entreprise située sur la rue Dryden à Cowansville pourrait cesser ses activités le 30 juin.

«Récupération 2000 est un joueur important pour la collecte et le traitement des matières recyclables. Dans Brome-Missisquoi, il dessert plus de 20 000 portes. C’est majeur», réagit le président de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi (RIGMRBM), Yves Lévesque. Il ajoute que Récupération 2000 traite annuellement 6000 tonnes de matières recyclables provenant des villes de la région.

Yves Lévesque précise d’ailleurs que le syndic déposerait le 26 juin à la cour une demande de prolongation de 45 jours. Il a bon espoir que le juge accepte cette extension. «On croit que ça va se poursuivre pour quelques semaines. C’est un service à la communauté et il y a plusieurs emplois en jeu», mentionne M. Lévesque.

Plan B?

Yves Lévesque se dit toutefois confiant d’en arriver à une solution durable. Il ne souhaite pas que les citoyens visés soient forcés de mettre leur matière recyclable dans le bac à ordures. «Ce serait malheureux qu’on en revienne là», mentionne-t-il.

Parmi les solutions envisageables, il y aurait de recourir aux services de Sani-Eco, située à Granby. Certaines municipalités, qui sont propriétaires de leur propre camion et qui assurent elles-mêmes leur collecte, pourraient également prêter leur véhicule à d’autres.

Dans le pire des scénarios, la RIGMRBM aurait l’espace pour enfouir les matières normalement destinées au recyclage. «On a de la place, mais il ne faut pas aller là», répète Yves Lévesque.

La RIGMRBM assure qu’elle va suivre le dossier. «Il y a quelque chose à faire avec le site actuel de Récupération 2000. Il y a un intérêt pour ce site. Je pense qu’on doit envisager de regarder le dossier», enchaîne M. Lévesque.

Victime d’un marché

Les problèmes qui affligent Récupération 2000 sont d’ordre provincial, rappelle M. Lévesque. «L’entreprise est victime d’un marché où il n’y a pas de marché pour la matière valorisée. Tout est traité à perte à l’heure actuelle. Le gouvernement doit s’impliquer», souligne Yves Lévesque.

Recyc-Québec avait rendu disponible une aide de 3 M$, un support financier jugé insuffisant par le président de la RIGMRBM. «Pour passer de la matière valorisée, ça prend une certaine qualité», souligne M. Lévesque.

Dans le cadre de cette aide, Récupération 2000 avait demandé une subvention pour améliorer ses installations, mais l’argent ne lui a pas été attribué. L’entreprise cowansvilloise avait sur la table à dessin un imposant projet de modernisation de ses installations, dont la valeur variait entre 500 000 et 1 M$. Selon les conditions émises par Recyc-Québec, un centre de tri pouvait toucher jusqu’à 70 % du coût de son projet, avec un plafond fixé à 500 000 $.

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