Centre aquatique à Bromont: les candidats à la mairie ouverts à en étudier la faisabilité

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Par Ghyslain Forcier
Centre aquatique à Bromont: les candidats à la mairie ouverts à en étudier la faisabilité
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MUNICIPAL. Bromont devrait-elle envisager de se doter d’un centre aquatique? L’idée a ressurgi sur les médias sociaux, en pleine campagne électorale municipale. Sondés par Journal Le Guide, les trois candidats à la mairie sont loin d’être fermés à l’idée d’un tel projet.    

Ce n’est certes pas la première fois que le sujet revient dans le débat au sein de la communauté aux 9095 âmes*. N’empêche que le contexte est bien différent, dans la mesure où Bromont a refusé de renouveler l’entente intermunicipale en loisirs entretenue avec Granby, selon les modalités imposées par cette dernière. 

L’accord permettait aux Bromontois de profiter de certaines infrastructures sportives de la ville voisine à un tarif avantageux. Il est échu depuis le 31 juillet. Une telle entente existe cependant toujours avec Cowansville. 

Les activités aquatiques suscitent de l’intérêt chez une certaine clientèle bromontoise. À l’automne 2016, 116 enfants, trois adultes et 20 équipes de natation ont utilisé les installations de la localité plus au sud. La Ville de Bromont n’a pas été en mesure de nous fournir les données pour l’année en cours.  

Un engouement bien réel 

Le candidat Louis Villeneuve, qui lançait sa campagne le 1er avril, a entendu parler d’un projet de centre aquatique à de multiples reprises au cours des dernières semaines. 

«C’est un sujet qui revient fréquemment lors du porte-à-porte, fait-il remarquer. Les gens n’ont pas tous le même point de vue, cependant, l’engouement est bien réel. Encore faut-il bien faire nos devoirs. 

«Dès mon entrée en poste, j’organiserais une consultation avec les citoyens, enchaîne-t-il. Celle-ci nous permettrait d’abord d’évaluer les besoins, puis les coûts qui en ressortent.» 

M. Villeneuve n’écarte pas non plus de consulter les localités voisines. «Est-ce qu’il y a des alliances que l’on peut faire avec les autres municipalités, existe-t-il des programmes de subventions?» évoque l’aspirant maire. 

Une fois ces données en main, il compte les soumettre aux citoyens. «Au final, ce sont eux qui décident, ce sont leurs taxes. Je pense aussi que le Conseil doit gérer les finances en bon père de famille», souligne-t-il. 

Le politicien ajoute du même souffle que la porte n’est pas «fermée à jamais pour une éventuelle entente avec Granby.»    

Construit en PPP? 

Le candidat Yvon Carrier s’estime lui aussi ouvert à jeter les bases d’un tel projet, pour lequel il n’écarte pas de recourir à un partenariat public-privé (PPP). 

«On ne peut pas être contre un projet qui va animer les gens. Sauf qu’il faut avoir les moyens de le mettre en place. Un PPP serait moins difficile sur les finances de la ville.» 

Tout comme ses adversaires, M. Carrier estime que l’échéancier d’une telle infrastructure ne peut s’insérer dans les premières années d’un mandat. 

«Ce ne sera certainement pas possible la première année, avec tous les détails à régler. Ce sont les infrastructures les plus dispendieuses qu’il n’y a pas, avec les coûts d’entretien. On ne pigera pas dans nos surplus, ça prend un plan solide. 

«Il faut également s’assurer d’avoir assez d’adeptes, ce qui ne me surprendrait pas, puisque Bromont demeure une ville très active.»

Les coûts d’abord 

La candidate Diane Perron voit également d’un bon œil les démarches préliminaires pouvant mener à la construction d’un centre aquatique. Sous sa gouverne, Bromont définirait d’abord les coûts d’une telle infrastructure et les possibilités de partenariat avec les municipalités limitrophes. 

«C’est une infrastructure très importante pour une municipalité. Les coûts de départ pour un tel projet, selon de premières estimations, se chiffrent à 11 M$. En fonction des besoins, je veux être en mesure de comparer des pommes avec des pommes.» 

Mme Perron reconnaît qu’un centre aquatique cadre avec l’offre sportive de Bromont. Ce genre de projet doit toutefois être perçu comme une réalisation à moyen ou long terme. 

«Si on veut être réaliste, ce ne serait probablement pas dans un premier mandat. Il faut consulter la population, voir en fonction de nos capacités de payer non seulement en lien avec les coûts de construction, mais aussi pour l’entretien annuel. Il faut vérifier si Bromont a un bassin de population suffisant pour un tel projet.»      

Un comparatif avec Mont-Tremblant 

Inauguré en août 2015, le complexe aquatique de Mont-Tremblant (9 601 habitants*) couvre en tout 3865 m2. Il a été construit au coût de 14,6 M$, dont 5 M$ provenaient de subventions. 

Il comprend deux bassins, dont l’un récréatif d’une profondeur de 1,22 m avec jeux d’eau, et l’autre, une piscine semi-olympique, à huit couloirs. 

Une salle d’entraînement est aussi accessible au public; une autre, multifonctionnelle, peut être louée aux organismes. 

Le complexe renferme également trois vestiaires, pour les femmes, les hommes et les familles. 

«La vision du Conseil, relate la directrice des communications France Léonard, c’était d’intégrer le complexe aquatique à un îlot sportif, avec l’aréna, les courts de tennis, les terrains de soccer et football et la piste d’athlétisme.» 

Mont-Tremblant a opté pour confier la gestion du site à la firme SODEM. Les coûts d’exploitation annuels se chiffrent à 1 M$, auxquels il faut soustraire des revenus de 100 000 $, d’après des données fournies par la Ville. 

Si Bromont et Mont-Tremblant affichent un bassin de population semblable, il existe cependant un écart considérable quant à leur richesse foncière uniformisée (RFU), qui, en 2016, était de 1,95 G$ à Bromont, contre 3,73 G$ à Mont-Tremblant. 

Cette donnée mesure notamment la capacité d’une municipalité à générer des revenus de taxes.

*Source: Population des municipalités du Québec, décret 2017, ministère des Affaires municipales et Occupation du territoire (MAMOT).

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