Des parents refusent de payer la facture de transport scolaire

Les parents du secteur scolaire Bedford, dont les enfants de niveau secondaire 1-2 fréquenteront le programme d’éducation internationale (PEI) de l’école Jean-Jacques-Bertrand en septembre prochain, ne la trouvent pas drôle. Ces derniers ont reçu, il y a quelques jours, une facture de transport scolaire de 250$ pour l’année 2012-2013.

 

Lors d’une intervention publique, à la dernière séance régulière du conseil des commissaires de Val-des-Cerfs, le Bedfordois Jean Thibodeau a clairement indiqué qu’il n’acquitterait pas les frais de transport exigés par la CSVDC.

 

Le plus jeune des trois enfants d’âge secondaire de M.Thibodeau est présentement inscrit au premier cycle du PEI de cette école, mais n’a rien à débourser pour ses déplacements par autobus entre Bedford et Farnham en vertu d’un moratoire d’un an décrété par la CSVDC en avril 2011. La commission scolaire a cependant révisé sa position à la fin de la dernière année et imposera désormais des frais de transport aux jeunes Bedfordois de première et deuxième secondaire qui décident de fréquenter un établissement situé à l’extérieur de leur secteur d’appartenance.

 

Selon Anick Falcon, une autre mère de famille de Bedford confrontée à la même situation, une dizaine de parents du même secteur auraient reçu la fameuse facturede 250$.

 

Mme Falcon comprend mal pourquoi l’une de ses filles devrait acquitter des frais de transport alors que l’autre n’en paie pas. La première entreprendra l’an prochain sa deuxième année d’études au PEI de l’école JJB alors que la deuxième est inscrite au programme régulier du deuxième cycle du secondaire.

 

«Le plus curieux, c’est que mes deux filles utilisent le même véhicule pour se rendre à destination. En d’autres mots, la présence dans l’autobus de ma plus jeune n’occasionne aucun frais additionnel pour la commission scolaire», précise-t-elle.

 

Rappelons que les étudiants de première et deuxième secondaire du secteur de Bedford sont tenus de fréquenter Mgr-Desranleau, une école offrant les dernières années du primaire et le premier cycle du secondaire. Après avoir complété avec succès leur deuxième année d’études secondaires, les jeunes du secteur Bedford doivent poursuivre leur formation à l’école JJB.

 

Arguments
Jean Thibodeau et Anick Falcon s’entendent pour dire que les étudiants du premier cycle du secondaire rattachés au secteur scolaire Bedford sont victimes de discrimination lorsqu’ils souhaitent bénéficier d’un programme particulier.

 

«Les étudiants de Granby inscrits au PEI de l’école L’Envolée n’ont aucuns frais de transport à payer, même s’ils devraient normalement fréquenter l’école secondaire de leur quartier», explique Mme Falcon.

 

M.Thibodeau fait également remarquer que Val-des-Cerfs a permis pendant plusieurs années aux élèves de Stanbridge East de fréquenter une école primaire située à l’extérieur de leur territoire d’appartenance, sans avoir à défrayer le coût du transport. La même commission scolaire a régularisé la situation, en décembre dernier, en décrétant que les jeunes de Sanbridge East appartiennent à deux secteurs distincts (celui de Bedford et celui de Frelighsburg) selon leur lieu de résidence.

 

«Il est d’autant plus choquant de recevoir cette facture sachant pertinemment que vous (les commissaires) avez agi d’une tout autre façon pendant plus de dix ans en mettant sur pied un circuit d’autobus régulier gratuit pour des élèves hors secteur… et ce pour un programme régulier», ajoute le Bedfordois.

 

Dans son adresse aux élus de la CSVDC, M. Thibodeau prend soin de rappeler que le PEI n’est pas offert à Bedford et que les étudiants qui souhaitent bénéficier des avantages de ce programme n’ont guère le choix. Ils doivent se déplacer à Farnham.

 

«Il est désavantageux au niveau de la réussite scolaire de débuter le parcours du PEI en secondaire 3», insiste-t-il.

 

Anick Falcon abonde dans le même sens. «Un étudiant qui entreprend le PEI en secondaire 3 doit suivre des cours de rattrapage en dehors des heures de classe, car il n’a pas étudié l’espagnol au premier cycle et n’a pas bénéficié des cours d’anglais enrichis durant les deux premières années de sa formation secondaire», explique-t-elle.

 

Comité de révision
Val-des-Cerfs a réagi à l’intervention de Jean Thibodeau en mettant sur pied un comité de révision de décision.

 

Ce comité spécial, formé de trois commissaires et du secrétaire général de la commission scolaire, étudiera la plainte du Bedfordois et transmettra ses recommandations au conseil des commissaires.

 

«Dès la séance du 22 mai, idéalement», précise le responsable des communications à la CSVDC, Jean Perreault.

 

Ce dernier laisse entendre que la mise sur pied d’un tel comité ne constitue pas un cas unique dans les annales de la commission scolaire.

 

«Il existe des règlements et des procédures pour régler les plaintes des élèves et des parents. Mais, dans les cas d’espèce, il arrive que le conseil des commissaires confie l’étude du dossier à un comité spécial», ajoute-t-il.
 

 

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