Des ruches dévalisées à Frelighsburg

Par Josiane Noiseux
Des ruches dévalisées à Frelighsburg
Dans la nuit du 14 mai dernier

Après le sirop d’érable, voilà que les ruches semblent être prisées par des voleurs au goût sucré. Dans la nuit du 14 mai dernier, la Ferme Pettigrew, de Frelighsburg, a été la cible de voleurs. Le butin dérobé? Des ruches d’abeilles.

Depuis près d’une dizaine d’années, les apiculteurs de la région sont victimes de vols de ruches. Pierre, Carole et Stanislas Pettigrew, propriétaires de la Ferme Pettigrew, en ont assez des visites indésirables des voleurs. Dépouillés à plusieurs reprises, ces derniers lancent un appel aux citoyens de la région à demeurer vigilants.

 

Au cours des derniers jours, les producteurs frelighsbourgeois se sont fait dérober cinq ruches. Aucune personne n’a été témoin de la scène. 

«Nous avions déposé des ruches dans le verger de monsieur Caron. Le propriétaire du verger nous a contactés afin que l’on installe quelques boîtes. Les ruches que l’on s’est fait voler étaient visible du chemin», explique Carole Pettigrew.

Lors de la fleuraison des arbres, des dizaines de boîtes sont louées aux propriétaires de vergers et aux producteurs de petits fruits. Instinctivement, les abeilles s’occupent de polliniser les secteurs visés.

Pierre Pettigrew avoue qu’il est difficile d’exiger aux pomiculteurs d’être tenus responsables des ruches déposées sur leurs terres. «La pollinisation est indispensable pour le pomiculteur, pour moi, non. Si on ne trouve pas une solution, c’est malheureux pour eux, mais je ne livrerai plus de ruches. Elles resteront chez moi, car jusqu’à maintenant, je suis perdant», spécifie le producteur.

Un fléau récurant

Même si les boîtes de la Ferme Pettigrew sont peintes en mauve, ce n’est pas la première fois que des ruches disparaissent dans divers endroits où elles sont déposées dans les environs.

«Il y a plusieurs facteurs qui rendent la production de miel difficile. Les ruches meurent, elles coûtent donc plus cher et le miel vaut plus cher. La location pour la pollinisation est également plus coûteuse. Ceci fait partie des raisons pour lesquelles on se fait voler depuis les dernières années,», explique Stanislas Pettigrew.

Les copropriétaires de la Ferme Pettigrew trouvent cette série de vols étrange. Selon eux, les cambrioleurs doivent être dotés de certaines expertises pour dérober un produit si particulier.

«Pour voler une ruche d’abeilles, il ne faut pas seulement avoir l’équipement nécessaire, mais il faut aussi avoir des connaissances pour rendre ça rentable. C’est bien beau de voler une ruche, mais pour faire du miel, il faut avoir l’équipement pour l’extraire et s’y connaître», déclare Stanislas Pettigrew.

«Une ruche vaut présentement 400$ et le manque à gagner est près de 600$. Au total, une ruche vaut environ 1000$. La personne qui nous a volés, c’est peut-être quelqu’un qui a perdu ses ruches cet hiver ou qui souhaite grossir sa propre production», prétend Carole Pettigrew. 

Des facteurs néfastes

Thérèse Charbonneau, propriétaire des Miels naturels Charbonneau, de Dunham, souligne également que depuis les dix dernières années, la production de miel est difficile. Quelques facteurs pourraient expliquer cette réalité.

«Les invasions de parasites, comme le varroa, sont néfastes pour la production de miel. Aussi le grain de maïs qui est planté dans les champs, pour nourrir les animaux, est enrobé d’un insecticide qui est très nuisible pour les abeilles. Elles subissent aussi plusieurs stress», explique Mme Charbonneau.

«La production devient encore plus compliquée lorsque l’on est victime de vols. C’est très décourageant», ajoute cette dernière, qui s’est fait escamoter quelques ruches, à plusieurs occasions, au fil des ans.

Même si ce fléau s’abat sur les productions de miel par les temps qui courent, peu de producteurs dénoncent ces méfaits aux autorités policières.

«Sur le territoire de Brome-Missisquoi, cette année, un seul dossier a été ouvert au sujet d’un vol de ruche. Aucune plainte n’a été soulevée dans les années antérieures», indique Hélène St-Pierre, porte-parole pour la Sûreté du Québec.

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