Deux nouveaux vignobles à Dunham

La Route des Vins, un produit d’appel important pour l’industrie touristique dans Brome-Missisquoi, prend de l’ampleur avec l’ajout, cet été, de deux vignobles à Dunham. Même avec 18 établissements du genre en région (dont huit à Dunham), les vignerons et intervenants rencontrés par JournalLeGuide.com assurent que le marché est loin d’être saturé.

Charles-Henri de Coussergues, propriétaire du vignoble dunhamien L’Orpailleur et président de l’Association des vignerons du Québec, souligne que les Québécois achètent plus de 200 millions de bouteilles de vin par année.

«Or, environ 1% de ces bouteilles, soit 2 millions, proviennent d’un vignoble du Québec. Pour la Route des Vins, le nombre d’unités vendues est d’environ 700 000 par année. Il y a encore bien de la place pour nos produits, mais il faut poursuivre nos efforts de promotion pour l’achat local», lance-t-il.

Pierre Genesse, conseiller en développement rural pour le CLD Brome-Missisquoi, soutient que d’autres vignobles sont sur le point d’ouvrir sur la Route des Vins.

«Au moins trois autres vignobles devraient ouvrir, dans un avenir rapproché, dans les secteurs de Sutton, Dunham et Lac-Brome. Le projet-pilote de laboratoire rural, lancé par le CLD il y a trois ans, suggère l’implantation de 25 vignobles. Selon nous, c’est un levier de développement socio-économique important pour Brome-Missisquoi», commente celui qui est également copropriétaire du Domaine Vitis, un vignoble de Brigham.

M. de Coussergues croit que l’arrivée de nouveaux vignobles n’est pas une menace pour ceux qui sont déjà en place.

«C’est de la saine compétition. Et le fait d’avoir une masse critique intéressante et diversifiée est un bel atout au plan touristique. Il faut cependant que les nouveaux vignerons soient à la fois passionnés et sérieux dans leurs démarches. Si la qualité est au rendez-vous, c’est parfait pour tout le monde. Et les vignobles font travailler des gens de la région. Alors que plusieurs villes et villages en campagne se dépeuplent, il faut considérer cet aspect important», croit-il.

Pierre Genesse soutient que les éventuels propriétaires de vignobles ne se lancent pas sans filet dans cette aventure.

«Les futurs vignerons sont bien encadrés par le CLD. Et il y a beaucoup d’entraide entre les vignobles de la région. Ce que ça prend, c’est évidemment du travail, mais également de la patience et beaucoup de cœur», dit-il.

Fonceurs

Les propriétaires des deux nouveaux vignobles partagent un point commun: la persévérance. Ils n’ont nullement peur de la concurrence, attestent-ils.

Pour Robert Boulais et Nancy Violi, qui viennent d’ouvrir le Centaure, en plein cœur de Dunham, c’est un projet de longue haleine qui prend ainsi vie.

«On a acquis le terrain en 2004. Mon père possédait un verger à Frelighsburg, mais plus jeune je n’étais pas prêt à prendre la relève. C’est donc pour moi un retour en région», allègue M. Boulais.

Cet homme d’affaires, qui a entre autres œuvré en construction au Vénézuéla, voit le Centaure comme un investissement à long terme.

«C’est avant tout pour le plaisir que ce vignoble a été lancé, car je suis un amateur de vin. Nous commençons modestement, avec deux vins et une production annuelle de 5000 à 8000 bouteilles. Avec la collaboration de l’œnologue David Cottineau, je suis convaincu que les gens apprécieront nos vins», confie-t-il.

Quant à Stéphane Lamarre et Anik Desjardins, un couple montréalais qui vit maintenant à Dunham, ils sont agréablement surpris de l’accueil qu’on leur a réservé pour les débuts officiels du Château de cartes, sur la route 202.

«Je sens une belle ouverture d’esprit de nos voisins de la Route des vins. Et il y a tellement de gens qui passent nous voir que ce matin, nous craignons de manquer de bouteilles pour finir la journée!», clamait M. Lamarre, un réalisateur pigiste, lors du passage de JournalLeGuide.com dimanche dernier.

Mme Desjardins, qui est directrice aux ressources humaines pour la Ville de Granby depuis l’hiver dernier, se dit comblée de partager le rêve de jeunesse de son conjoint.

«On propose déjà plusieurs vins et cidres, en plus de produits telles la gelée de pommettes et la griotte aux cerises. Nous devrions dès cette année produire au moins 12 000 bouteilles. Comme nous avons déjà fait les investissements nécessaires, la prochaine étape est de bien gérer la croissance du vignoble», indique-t-elle.

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