Eau potable au parc de maisons mobiles à West Brome: une résidente s’impatiente

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Par Ghyslain Forcier
Eau potable au parc de maisons mobiles à West Brome: une résidente s’impatiente
Mélanie Bonneville, qui tient son fils Arnaud, fait pression pour que s'activent les travaux qui permettront de mettre fin à près de six ans d'avis d'ébullition au parc de maisons mobiles de West Brome, son lieu de résidence depuis deux ans. (Photo : Journal Le Guide - Ghyslain Forcier)

SANTÉ. Habitant le parc de maisons mobiles de West Brome depuis 2015 avec son conjoint et leur fils Arnaud, atteint de fibrose kystique, Mélanie Bonneville n’en peut plus de voir traîner le dossier qui doit mener à la réfection des conduites d’aqueduc et d’égout.    

Les résidents de ce secteur sont sous le coup d’un avis d’ébullition de l’eau depuis le 9 décembre 2011. Dans pareille situation, les résidents reçoivent un avis chaque mois leur indiquant de faire bouillir leur eau avant consommation. «Je ne suis pas celle qui réside ici depuis le plus longtemps, mais je pense qu’on a attendu assez d’années en payant pour notre propre eau», lance Mélanie Bonneville.

La condition de son petit garçon de deux ans vient compliquer les choses. «Il est sensible à toutes les bactéries qu’il peut y avoir, fait valoir sa mère. Oui, on fait bouillir l’eau pour la consommation, on en achète beaucoup aussi, mais quand il prend son bain, il demeure tout de même exposé à en avaler de petites quantités.»

Cette dernière déplore également le manque de suivi dans ce dossier. «On sait qu’il y a des tests faits chaque mois, mais on ne connaît pas les résultats. […] Certaines fois, notre eau est brune, il y a de la terre dedans. Quand c’est le cas, je ne veux même pas faire prendre le bain à mon enfant», fait remarquer Mélanie Bonneville.

«On est au courant que le dossier progresse, mais rien d’autre, poursuit-elle. On paie pour notre terrain, ce serait la moindre des choses que l’on sache à quoi s’en tenir.»

La mère du petit Arnaud laisse entendre qu’elle savait pour l’avis d’ébullition, lors de l’achat de la propriété, il y a deux ans. Ce n’est que par la suite que les deux parents ont appris que leur fils était atteint de fibrose kystique. «À l’époque, ils étaient en pleines procédures pour accélérer les démarches, ce qui nous semblait encourageant. Mais [en apprenant la maladie d’Arnaud], on a songé à mettre en vente.»

Un dénouement pour 2018?

La situation perdure depuis plusieurs années avec ce système d’aqueduc mis en place au début des années 1970. Elle pourrait cependant être réglée en 2018, affirme le propriétaire du site de 80 résidences. Rejoint par le Journal Le Guide, Richard Gauthier assure que les ingénieurs sont déjà au travail et que le dossier chemine, sans pour autant être en mesure de faire une croix sur le calendrier. «Les travaux débuteront possiblement au printemps. Ce qui est certain, c’est que ce sera en 2018. C’est vrai que ç’a été long, mais à ce stade-ci, pour moi, tout avance normalement.»

En attente de réponses

Du côté de Lac-Brome, on affirme que le dossier, dans lequel le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) a aussi son mot à dire, est toujours sur les rails.

On indique toutefois que des tests préliminaires ont causé l’affaissement du puits du site, ce qui a engendré quelques mois de retard. Le nerf de la guerre pour les prochaines semaines: on attend des réponses de l’impact de l’eau de surface sur le puits, ce qui, dans le pire scénario, pourrait mener à l’application du protocole ESSIDES, un acronyme pour «eau souterraine sous influence directe de l’eau de surface».

Si ce dernier peut être évité, la Ville pourra aller de l’avant avec l’appel d’offres pour la construction des installations. Sinon, il peut s’écouler jusqu’à six mois avant de connaître les conclusions du protocole. Et celui-ci doit débuter après la fonte des neiges.

«On joue sur deux fronts, à la fois les égouts et l’eau, et c’est ce dernier paramètre qui retarde l’ensemble. On comprend les frustrations des gens, indique le directeur général de la Ville, Gilbert Arel. Le conseil actuel et ceux qui ont précédé ont travaillé fort pour régler ça. Ça roule continuellement et on y met beaucoup de temps et d’énergie, mais on ne peut aller plus vite que la machine.»

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