Farnham interdit les barrages routiers caritatifs

Après avoir limité le nombre de barrages routiers à un seul par mois, les élus de Farnham franchissent une nouvelle étape en interdisant carrément la tenue de cette activité de financement sur son territoire dès 2013. Une situation déplorée par des organismes communautaires, qui perdent ainsi de bonnes sources de revenus.

 

Si les barrages routiers des organismes communautaires font partie du paysage urbain de Farnham depuis nombre d’années, de plus en plus de municipalités bannissent ce type d’activité pour des raisons de sécurité.

 

«Dans la région de Granby, où j’habite et où j’ai travaillé pendant nombre d’années, les municipalités ne tolèrent plus les barrages routiers. Les organismes doivent se rabattre sur d’autres modes de financement. Plusieurs associations dépêchent notamment leurs membres dans les supermarchés ou les magasins à grande surface pour faire de l’emballage aux caisses», signale le directeur général de la Ville de Farnham, François Giasson.

 

À Farnham, la plupart des barrages routiers ont lieu à l’intersection des rues Jacques-Cartier et Dollard, et ce, depuis nombre d’années.

 

«Ce sont toujours les mêmes citoyens qui sont appelés à piger dans leurs poches. Certains résidants du secteur estiment – à tort ou à raison – qu’ils ont assez donné et ont fait leur juste part. Dans une situation comme celle-là, la Ville n’a souvent pas d’autre choix que de se plier à la demande des citoyens», explique M.Giasson.

 

Ce dernier prend cependant soin de préciser que la plupart des organismes ayant recours à cette pratique touchent déjà une subvention de la municipalité dans le cadre du tournoi de golf annuel du maire.

 

Déception chez les organismes
Le Club des Lions de Farnham organise un barrage routier, le samedi après la fête du Travail, depuis nombre d’années. Cette activité constitue l’une de ses trois principales sources de financement, avec la vente des lapins de Pâques et des gâteaux aux fruits de Noël.

 

«Un barrage routier nous rapporte environ 1 500$ par édition. Ça dépend bien sûr de l’achalandage et du temps que l’on y consacre. Les bénévoles du Club des Lions sont généralement sur place de 8 heures à 16 heures», indique le président de l’association, Emmanuel Roy.

 

M. Roy laisse entendre que la décision des autorités municipales fera perdra beaucoup d’argent à son organisme.

 

«Le Club des Lions devra trouver une autre activité-bénéfice ou couper dans les services et les dons à la communauté. Nous sommes présentement à la recherche d’une autre source de financement, d’une idée originale pour lever des fonds. De nos jours, tout le monde vend des hot-dogs ou organise des soupers spaghetti, ça prend autre chose», ajoute le président de l’association.

 

Au dire de M. Roy, ce n’est pas le barrage routier en lui-même qui pose problème, mais bien le laps de temps qui s’écoule entre deux événements du même type.

 

«La Ville autorise un barrage par mois, mais il arrive fréquemment que deux organismes tiennent leur barrage à deux semaines d’intervalle, soit un premier à la fin du mois et un autre au début du mois suivant. Les gens sont généreux et très compréhensifs, mais peuvent se tanner quand ça revient trop souvent», explique-t-il.

 

Maurice Robert est un autre habitué des barrages routiers. Il en organise un à chaque année au profit du Relais pour la vie de Farnham. Il a également accepté de donner un coup de main, voilà quelques jours, à l’organisation du tout premier barrage de la Fondation Alzheimer de Granby et région.

 

«Je trouve dommage que la Ville ait décidé d’interdire les barrages, car c’est une bonne source de financement. J’ai amassé 1 600$ en 2011 pour le Relais», affirme celui qui cumule les heures de bénévolat depuis nombre d’années.

 

Jean-Louis Labonté, l’instigateur du barrage de la Fondation Alzheimer à Farnham, est du même avis. Son initiative du début mai a rapporté 1 146$.
«Ma femme souffre d’Alzheimer et est placée dans une résidence depuis cinq ans. Je trouve ça important d’aider la Fondation, car elle joue un rôle essentiel auprès des familles touchées par cette maladie», explique-t-il.

 

Ce dernier profite de l’occasion pour inviter ses concitoyens à participer en grand nombre à la Marche de la mémoire, une autre activité de financement de la Fondation Alzheimer. Les intéressés doivent se présenter au chalet des patineurs du parc Daniel-Johnson (Granby), le dimanche 27 mai à 9 heures, pour l’inscription. Les marcheurs prendront le départ à 10 heures. Pour information : Julie Desgranges, 450 777-3363.

 

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