Hommage à un Cowansvillois passionné

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Par Claude Hebert
Hommage à un Cowansvillois passionné
Réjean Daigle, coordonnateur du Festival des musiciens de rue, en compagnie de son fidèle complice Daniel Tardif, directeur artistique de ce même événement. La photo a été prise en juillet 1998 et a fait la une du journal Le Guide. (Photo : Le Guide - Daniel Turmel - Archives )

TÉMOIGNAGE. Les Cowansvillois apprenaient la semaine dernière le décès de Réjean Daigle à l’âge de 60 ans.

Réjean Daigle était un individu passionné et toujours plein d’idées. Tout le monde s’entend également pour dire que l’imagination de ce diable d’homme n’avait d’égal que sa ténacité et son ardeur au travail.

Tour à tour journaliste-photographe, pompier volontaire, entrepreneur en construction, diffuseur de spectacles, opérateur-projectionniste et contremaître de verger, ce dernier n’a jamais eu peur de relever des défis et de se lancer dans de nouvelles aventures. Citons en exemple les longues heures qu’il a passées à l’extérieur, par un froid de canard, à entretenir la glace de la patinoire du parc Pierre-Lussier.

Les Cowansvillois garderont aussi en mémoire son implication sur la scène culturelle locale à titre de propriétaire du Théâtre Princess et de co-fondateur et coordonnateur du Festival des musiciens de rue (l’ancêtre de Musique en vue).

Renommer le parc Centre-Ville?

Visiblement marqué par le départ précipité de Réjean Daigle, l’un de ses concitoyens, Edmond Jodoin, suggère de donner son nom au parc municipal Centre-Ville.

Sur sa page Facebook, le Cowansvillois invite la population à appuyer sa proposition auprès de la Municipalité. Ce dernier va même plus loin dans sa démarche et fournit un exemple imagé du projet sur son site personnel.

L’ancien directeur artistique de Musique en vue, Daniel Tardif, se dit entièrement d’accord avec la proposition de M. Jodoin. «Réjean était un grand rêveur qui ne voulait que du positif pour le centre-ville de Cowansville. Ses idées étaient parfois perçues comme de grands rêves, mais il avait raison plus souvent qu’autrement. Il était souvent trop en avance sur les autres», précise-t-il.

Claude Chalifoux, une bonne amie de la famille Daigle, abonde dans le même sens. «Je pense que ce serait un bel hommage à lui rendre. Réjean était discret à ses moments, mais très impliqué au sein de sa communauté», affirme-t-elle.

Le président de la Société d’histoire de Cowansville, Michel Racicot, rappelle que la dénomination des endroits publics relève des autorités municipales ou gouvernementales et doit être soumise à la Commission de toponymie. «La pression de la population peut cependant jouer un grand rôle dans la réalisation d’un tel projet», indique-t-il.

L’ancien maire de Cowansville, Arthur Fauteux, signale que le changement de nom d’un lieu public ne se fait pas du jour et qu’il y a tout un processus à suivre. Les citoyens doivent s’adresser à leur municipalité et expliquer pourquoi ils sont en faveur du changement de nom. Ils peuvent également accompagner leur demande de lettres d’appui. Le conseil municipal évalue ensuite la pertinence de la demande. Si la proposition lui semble opportune, le conseil adopte alors une résolution qui sera acheminée à la Commission de toponymie pour fins de vérifications et d’enquête.

«Je n’ai rien contre Réjean, bien au contraire, mais je crois que c’est prématuré, qu’il est préférable d’attendre un peu. À mes yeux, il n’est pas indiqué de faire une nomination quand l’émotion est à son maximum. Les gens sont très émotifs et ça dénature le résultat», souligne M. Fauteux.

Il convient de rappeler que le parc Centre-Ville, situé en face du centre commercial Le Domaine du parc, a été le théâtre de plusieurs spectacles mémorables dans le cadre du Festival des musiciens de rue et de Musique en vue. Réjean Daigle, dont on pleure aujourd’hui le départ, a été l’un des principaux artisans de ces deux événements culturels.

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