Hommage à Vincent Roy: «ça ramène des émotions»

Un soleil de plomb, une pelouse verdoyante et des fleurs tout en couleurs. Le campus de l’École nationale de police du Québec, situé à Nicolet, vibrait au rythme du printemps, lundi dernier. Mais les larmes qui coulaient tranquillement sur les joues de Marie Boucher, la conjointe du policier Vincent Roy, mort en service et le son solennel des cornemuses sont venues rompre le charme printanier lors de l’hommage posthume qui a été rendu au policier bromontois.

 

 
Ce joueur de cornemuse a interprété l’une des pièces de la cérémonie protocolaire

 

«Vincent était un amoureux attentionné pour Marie, sa conjointe, un papa idéal, un fils aimé, un frère qui nous rendait fiers, un pompier dévoué, un policier professionnel et un ami respecté». Dans un témoignage empreint d’émotions et de souvenirs, la sœur de Vincent Roy, Élise, a pris la parole devant un auditoire constitué en partie de plusieurs centaines de policiers positionnés en peloton. 

 

Pour une seconde fois en cinq mois, des centaines de policiers provenant d’une vingtaine de corps différents, dont ceux de Granby et de Bromont, se sont réunis pour rendre hommage à leur confrère de Bromont, Vincent Roy, happé mortellement par un camion le 1er décembre dernier sur la route 139 lors d’une interception de routine.

 

Après avoir reçu, à titre posthume, la Médaille de dévouement des mains du sous-ministre de la Sécurité publique, Martin Prud’homme, la famille de Vincent Roy a une fois de plus vu des centaines de policiers provenant des quatre coins du Québec, défiler devant eux.

 

Des centaines de policiers provenant des quatre coins du Québec ont assisté à la cérémonie, lundi, à l’École nationale de police du Québec, à Nicolet. (Photos: Stéphanie Mac Farlane)

 

Au son des cornemuses, des chants de la Symphonie vocale de la Fraternité des policiers et policières de Montréal et des tambours, ils sont venus rendre un dernier hommage à l’un des leurs, lundi dernier. À la tête du convoi, Marc Tremblay, l’inspecteur à la surveillance du territoire à la Ville de Bromont portait le képi de son collègue de 37 ans. «Ça te remémore une journée triste, mais ça permet d’honorer la mémoire de Vincent», a confié le policier.

 

L’inspecteur Marc Tremblay, du Service de police de Bromont, a porté le képi de son collègue Vincent Roy lors du défilé policier.

 

Le sous-ministre Prud’homme, la directrice de l’École nationale de police du Québec, Marie Gagnon, le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Marc Parent, ont, entre autres, pris la parole lors de la cérémonie qui a duré près de deux heures. Le directeur du Service de police de Bromont, Jean Bourgeois, y est allé aussi d’un discours.

 

«J’aurais bien aimé que l’un de mes policiers ne fasse pas partie d’un tableau d’honneur de ce genre. Par contre, c’est un honneur pour moi d’être ici en cette journée de commémoration pour rendre hommage aux policiers morts dans l’exercice de leur fonction et plus particulièrement pour l’agent Vincent Roy, a-t-il dit. Il est difficile de croire que l’agent Roy a perdu la vie alors qu’il effectuait ses fonctions qui ont pour but de protéger la vie des autres et d’améliorer la qualité de vie des usagers de la route.»

 

S’il ne s’agit pas de la première cérémonie à laquelle il assistait, le directeur Bourgeois a admis avoir été plus touché qu’à l’habitude. «Ça ramène des émotions qui étaient enfouies un peu plus profondément. Ça ne permet pas de boucler la boucle, mais ça nous amène à autre chose. Être impliqué d’aussi près, c’est quelque chose», a-t-il révélé, quelques minutes après la fin de la commémoration.


 

 

Un policier de Bromont (à gauche) a été l’un des sentinelles dormeurs qui veillaient sur le cénotaphe durant la cérémonie.

 

Plus de cinq mois après les tragiques événements qui ont coûté la vie à leur collègue, Jean Bourgeois indique que la situation est revenue à la «normale» au poste. «Comme dans n’importe quelle famille, la routine reprend tranquillement», dit-il. Et la photo de Vincent Roy, qui a une place de choix dans la salle de réunion au poste de police de Bromont, est là pour rester. «On veut aussi quelque chose de permanent. On veut avoir une trace», ajoute Jean Bourgeois. Des 182 policiers morts en service depuis 1852, Vincent Roy est le premier agent de Bromont a figuré sur les cénotaphes de l’École nationale de police.

 

«Ça justifie mes larmes»
Pour Marie Boucher, la conjointe du défunt policier, la journée fut spéciale. «Ça fait replonger (dans le drame), mais en même temps, c’est encore trop frais. Ça fait cinq mois que je pleure, aujourd’hui ça justifie mes larmes», confie-t-elle.


 

 

En venant déposer des fleurs sur la table d’honneur, Marie Boucher a embrassé la photo de son conjoint, le policier Vincent Roy.

 

Si elle s’est dite très honorée par les marques de reconnaissance qu’a reçues son amoureux, elle aurait préféré que Vincent aille les chercher lui-même. «Le mot posthume, je trouve ça intense. Pourquoi c’est arrivé? Pourquoi une médaille posthume? La douleur ne partira pas. Dans la vie, j’avais une demande bien simple. Je voulais vieillir aux côtés de mon chum

 

Elle raconte que ses enfants Ève et Raphaël sont d’une sagesse inouïe. «Vincent parle à travers eux. Ils sont un million de fois plus sage que moi.»

 

Le nom du chef du corps de police et de pompiers de Granby, John Gannon, mort en service le 4 mars 1928, a également été inscrit sur le cénotaphe dédié aux policiers municipaux.

 

 

 

 

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