La Fiducie foncière du mont Pinacle veille au grain

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Par Claude Hebert
La Fiducie foncière du mont Pinacle veille au grain
Jacques Ducharme

La Fiducie foncière du mont Pinacle (FFMP), un organisme sans but lucratif  dédié à la conservation, n’a pas chômé depuis sa mise sur pied en 1991. En 22 ans, cette dernière a procédé à des acquisitions et établi des servitudes de conservation permettant de protéger à perpétuité quelque 333 hectares (823 acres) de milieux naturels. Et elle n’entend pas relâcher sa vigilance!

En 1993, la FFMP a procédé à l’achat d’un premier terrain de 59 hectares (146 acres)  situé en zone blanche grâce aux contributions d’une centaine de donateurs recueillies dans le cadre d’une campagne de levée de fonds parrainée par le cinéaste Frédéric Back. Une deuxième acquisition (8,26 acres) a suivi en 2005.

La Fiducie a également réussi à négocier des ententes avec les propriétaires de neuf terrains ceinturant le mont Pinacle (deux en 2003, deux en 2004, deux en 2008,  une en 2010, une en 2011 et une dernière en 2012). En grevant sa propriété d’une servitude de conservation envers la FFMP, le signataire d’une telle entente s’assure de protéger le site tout en conservant ses titres de propriété. Il bénéficie du même coup de certains avantages fiscaux.

«Nous avons décidé d’accorder une servitude de conservation sur une partie importante de notre propriété (…) Nous l’avons fait en guise d’appui à ceux et celles qui, avant notre arrivée, se sont battus pour protéger cette belle et unique montagne. Nous l’avons également fait pour nous et pour nos enfants, petits-enfants et les générations à venir», expliquent Denise Comtois et Louis-André Savard, dont le geste a permis d’ajouter 15 hectares à la superficie déjà protégée par la Fiducie.

La FFMP n’entend pas en rester là et multiplie les rencontres de sensibilisation auprès des propriétaires terriens.

Autres réalisations

En 1995, la Fiducie a par ailleurs procédé à l’aménagement d’un réseau de 4 km de sentiers d’interprétation. Le site est jalonné de 40 panneaux illustrés permettant au grand public de se familiariser avec les espèces caractéristiques de la faune et de la flore locales. On y trouve également une dizaine de panneaux dédiés à l’ornithologie et au patrimoine.

«Tout a été fait sur une base bénévole», signale la présidente de la FFMP, Danielle Dansereau.

Afin d’éviter que les gens sortent des sentiers et s’aventurent sur les propriétés voisines, la Fiducie a eu recours à un service de patrouilleurs pendant deux étés consécutifs, soit en 2009 et 2010. L’année suivante, l’organisme a dû se résigner à interdire l’accès aux sentiers faute de ressources suffisantes pour assurer la surveillance des lieux.

«Le premier mandat de notre organisme n’est pas de fournir des sentiers, mais d’assurer la conservation de la nature. Le site est maintenant réservé aux étudiants. Ces derniers parcourent nos sentiers dans le cadre de visites à caractère éducatif visant à constituer un herbier des plantes de la région. Dans le même ordre d’idées, on aimerait présenter une exposition sur la flore du Pinacle, à l’intention des enfants, dans un avenir rapproché», ajoute Mme Dansereau.

25 ans de succès

La portion protégée du mont Pinacle fait partie du Corridor appalachien, la plus grande réserve naturelle privée au Québec avec 10 000 hectares (24 700 acres).

Cette réalisation a été rendue possible grâce au travail et à la ténacité de diverses fiducies, fondations et réserves écologiques (mont Pinacle, monts Sutton, vallée Ruiter, lac Brome, rivière aux Brochets, marais Alderbrooke, mont Shefford, lac Massawippi, lac Montjoie, marécages Memphrémagog, parc équestre de Bromont, PENS, Sentiers de l’Estrie, etc.). Conservation de la nature du Canada a également contribué au succès de cette démarche en procédant à diverses acquisitions.

«Depuis la création de la Fiducie foncière de la vallée Ruiter, en 1987, les organismes de conservation issus du milieu et défendant des intérêts locaux n’ont pas connu d’échec et ont suscité de l’intérêt dans plusieurs autres régions du Québec», rappelle Pierre Paradis, député provincial de Brome-Missisquoi et ancien ministre de l’Environnement dans le cabinet de Robert Bourassa.

 

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