La pénurie d’eau potable inquiète à Lac-Brome

Par Josiane Noiseux
La pénurie d’eau potable inquiète à Lac-Brome
Une cinquantaine de personnes se sont regroupées lors de cette assemblée publique organisée par l’Association des contribuables de la Ville de Lac-Brome

Les Knowltonais en ont assez. C’est du moins ce qu’on fait valoir plusieurs membres de l’Association des contribuables de la Ville de Lac-Brome (ACVLB), lors d’une assemblée, samedi dernier. Une poignée de citoyens se questionne sur les importantes dépenses en eau potable et déplore l’absence de réponses de la Ville à leurs interrogations.

Malgré la forte présence de cours d’eau et de lacs dans la ville de Lac-Brome, celle-ci est forcée de dépenser des centaines de milliers de dollars dans l’achat d’eau potable, et ce, chaque année. Seulement l’été dernier, près de 300 000$ ont été dépensés pour de l’eau provenant de camions-citernes.

Inquiets, des membres de l’ACVLB ont pris les devants en entamant des recherches afin d’informer la population et comprendre ce qui engendre ces dépenses faramineuses.

Une cinquantaine de personnes se sont regroupées lors de cette assemblée publique. Le maire Gilles Decelles et deux conseillers étaient aussi présents.

Tony Rotherham et Peter White, membres de l’organisme, ont présenté publiquement la conclusion de leurs recherches. «Nous avons, par nous-mêmes, démystifié plusieurs parcelles de nos questionnements. La Ville de Knowlton n’a jamais voulu répondre à nos questions», a dénoncé M. White.

Rappelant les points d’approvisionnement en eau, les deux orateurs ont fait valoir à l’auditoire que le problème ne résulte pas de la quantité d’eau disponible, mais plutôt la consommation de celle-ci.

«Est-ce qu’il y a moins de pluie? Est-ce que la consommation d’eau est plus importante depuis quelques années? Y a-t-il des fuites importantes dans le réseau d’aqueduc? Nous avons la confirmation que le réseau d’aqueduc n’est pas pollué. Par contre, nous n’avons pas assez d’information pour éclaircir plusieurs de nos questionnements», a fait valoir Tony Rotherham.  

Selon les deux citoyens, malgré la présence de manganèse dans la galerie d’infiltration d’eau, un récent communiqué de la direction de l’hôtel de ville indique que l’eau de l’aqueduc répond aux exigences gouvernementales et ne présente aucun danger pour la population.

26% de l’eau pour une entreprise

Une étude sur la consommation d’eau potable à Lac-Brome, qui a été présentée samedi, révèle que l’entreprise Emballage Knowlton (LEK), utilise à elle seule 26% de l’eau disponible comparativement aux citoyens, qui en utilisent 63%.

«LEK s’est engagé à réduire de moitié leur consommation d’eau d’ici le mois d’avril 2013. Suite à cette réduction, les changements seront intéressants: 13% de l’eau sera disponible pour les autres types d’utilisateurs», juge M. Rotherham.  Malgré tout, la participation de LEK ne sera pas suffisante pour stopper la pénurie. La ville de Lac-Brome devra trouver d’autres solutions rapidement.

De nombreux citoyens présents à l’assemblée ont soumis des idées afin de remédier au problème qui persiste depuis longtemps. La proposition d’André Fedorowicz, citoyen de Knowlton et ingénieur civil retraité, a été accueillie avec enthousiasme par les gens présents à l’assemblée. Ce dernier a proposé à la Ville de demander aux consommateurs de la municipalité de suspendre leur utilisation durant près d’une heure pendant la nuit. Cet arrêt permettrait, selon lui, de calculer la consommation d’eau.

D’autres ont suggéré d’ajouter des compteurs à chaque résidence. Selon les membres de l’ACVLB, l’implantation d’un vrai système de facturation pour chaque citoyen permettrait de déterminer réellement la consommation de chacun.

L’idée de construire de nouveaux puits a également été mentionnée, mais ceux-ci devraient être en retrait du village, car les puits résidentiels perturberaient rapidement l’aquifère.

Conscientisation

Une conscientisation accrue des consommateurs d’eau est pour l’instant, la solution la plus efficace et la plus réalisable rapidement. «Réduire le temps que l’on passe sous la douche, ne pas tirer la chasse d’eau inutilement ou se procurer un baril pour récolter la pluie afin d’arroser son jardin sont des gestes simples qui réduiront de 50% les dépenses d’eau potable», a indiqué M. Rotherham.

«Un robinet qui coule à petites gouttes dépense près de 10 000 litres d’eau au bout d’une année», assure-t-il.  

Selon ce dernier, l’eau potable insuffisante dans une municipalité génère des conséquences négatives chez celle-ci comme la baisse de la valeur des maisons, la réduction de nouveaux projets domiciliaires.

L’ACVLB reste tenace et résolue afin de faire avancer le dossier. «L’embauche d’un ingénieur municipal est encouragent. Nous constatons une bonne volonté de la part du Conseil de ville», souligne M. White.

«Mais s’il vous plaît, ne nous prenez pas pour des valises! Nous vous demandons d’être plus transparents. Soyez ouverts aux questions des citoyens et communiqué leurs des réponses et de l’information concrète», a lancé ce dernier aux représentants de la Ville, avant de clore l’assemblée.

 

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