L’ancienne usine Filtex de Sutton disparaîtra rapidement du paysage

L’ancienne usine Filtex de Sutton disparaîtra rapidement du paysage

Une partie de l’ancienne usine Filtex s’est affaissée sous le poids de la neige vendredi dernier.

Crédit photo : Le Guide - archives

MUNICIPAL. L’ancienne usine Filtex sera démolie plus tôt que prévu. La Ville de Sutton a dû agir d’urgence puisqu’une partie du toit et d’un mur extérieur du bâtiment s’est effondrée vendredi sous les amas de neige.

Une partie du bâtiment, qui cause un risque pour la sécurité selon la Ville, sera démolie dès cette semaine, soit mercredi ou jeudi. Des débris ont d’ailleurs été retrouvés dans la zone adjacente, entre les rues Dépôt et Pine.

«La nature a agi sur le bâtiment et ça nous a forcés à agir, a affirmé le maire de Sutton, Michel Lafrance. C’était toujours dans notre agenda de faire quelque chose avec. Le contrat pour la première démolition a été donné de gré à gré à une entreprise qui a l’équipement et les connaissances. On a consulté la sécurité publique qui nous a donné son aval pour s’assurer que le site n’ait plus de dangerosité.»

Des coupures de courant sont prévues pour permettre la démolition.

«Au niveau de la communication, c’est sûr que ça a bougé vite, a déclaré M. Lafrance, qui affirme avoir tenté de joindre le plus de personnes possible. Il y a des poteaux d’électricité qui passe là. On va avoir besoin du support d’Hydro-Québec puisqu’on va devoir assurément couper le courant et peut-être même retirer des fils. On va tenir toute la population au courant du dossier au fur et à mesure qu’il évalue.»

Rappelons que la Ville s’était portée acquéreuse de l’ancienne usine en novembre 2017 pour un montant de 80 000$.

Emprunt

Sutton a adopté un premier règlement d’emprunt d’un peu plus de 540 000$ sur une période de cinq ans en lien avec la démolition lors de la séance du conseil du 3 décembre.

«Le montant servira à démolir l’ensemble du site et sortir les débris, faire la récupération du matériel en tenant compte de la présence à quelques endroits de traces d’amiante, a expliqué le directeur général de Sutton, Pierre Largy. La récupération de matériaux qui sont récupérables fera partie de l’appel d’offres.»

L’emprunt sera compensé par une taxe spéciale prélevée sur tous les immeubles imposables de la ville.

Le règlement d’emprunt a été adopté en version préliminaire et sera adopté en version finale lors de la prochaine séance du conseil avant d’être envoyé au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.

«Québec prend habituellement autour de huit semaines pour le regarder, l’analyser et nous donner une réponse, a indiqué M. Largy. Si on peut, on va essayer de faire l’appel d’offres en parallèle.»

La suite?

S’il est trop tôt pour donner une date à laquelle les travaux de démolition seront terminés, la Ville assure que les citoyens seront consultés concernant l’avenir du site qui est en plein cœur du noyau villageois.

«Les citoyens veulent participer dans le processus, a soutenu Michel Lafrance. C’est une belle opportunité qu’on a, mais notre préoccupation première, c’est la sécurité des citoyens et des propriétaires à proximité. On va s’occuper de mettre l’immeuble à terre et de nettoyer le site. C’est certain qu’il va y avoir une consultation citoyenne pour savoir ce qu’on va faire avec ça. Il y a une étude environnementale qu’on va devoir faire aussi.»

Avant que des idées soient proposées par les citoyens concernant le site, qui se trouve au 5, 7 et 9, rue Pine, des évaluations complètes seront entreprises.

«On estime que ça va avoir plus de valeur pour tout le monde d’avoir une meilleure compréhension du site, de la contamination par exemple, a ajouté la conseillère municipale Lynda Graham. Si on découvre quelque chose dans le sol, ça pourrait réduire de beaucoup ce qu’on pourrait faire avec le site. On veut donc attendre d’avoir un portrait plus clair de la situation.»

L’enthousiasme des citoyens s’est fait sentir durant la période de questions de l’assemblée municipale. Des idées ont déjà été lancées auparavant, comme des places de stationnement pour désengorger la rue Principale lors des périodes plus fortes d’achalandage ou la construction d’un parc.

Le maire Michel Lafrance avait d’ailleurs suggéré, un peu après l’achat du bâtiment par la Ville, la configuration d’une place urbaine, à l’image d’un square comme dans certaines villes américaines.