L’autre plogging, une brigade verte nouveau genre à Cowansville

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Par Eric Patenaude
L’autre plogging, une brigade verte nouveau genre à Cowansville
Cette participante de l'APPHBM a pris part au «plogging» avec plaisir. (Photo : Gracieuseté)

COMMUNAUTÉ. L’intégration des personnes handicapées dans la société grâce à l’implication dans la collectivité. Comment? Avec une paire de gants, un sac de poubelles et un large sourire. Cette thérapie au grand air s’appelle le plogging; un nouveau concept sportif intégrant l’activité physique et la collecte d’ordures. À l’Association de Parents de Personnes Handicapées de Brome-Missisquoi (APPHBM), les sorties écologiques dans le quartier valent leur pesant d’or.

Six participants, deux intervenantes, une stagiaire qui sillonnent les rues du secteur J-A-Déragon, à Cowansville, à la recherche de déchets jonchant les rues. Cette idée d’incorporer le plogging (néologisme composé des mots «jogging» et du verbe «plocka upp» qui désigne «ramasser» en suédois)  vient de Joanie Chénard. Stagiaire à l’APPHBM, l’étudiante en éducation spécialisée cherchait une activité pour les participants du programme La clé des débrouillards. «Nos clients ont une déficience intellectuelle et n’ont pas tous les capacités (physiques). C’est difficile pour eux d’aller courir. Nous, ce que l’on fait, on marche, on leur fournit des gants et un sac et on ramasse des déchets», raconte Joanie Chénard.

Le mois dernier, à l’occasion du Jour de la Terre (22 avril), la brigade verte de l’APPHBM s’est donc mise à la tâche selon les limitations des participants. Entre deux sessions de grand ménage, ils ont été aussi initiés au yoga, à la méditation en plus de recevoir quelques notions sur l’eau, la terre et la biodiversité. «À tous les jours, on sortait et on partait avec un ou deux sacs (…). Ça n’a pas pris de temps à les remplir. À l’intérieur de dix minutes, c’était plein», avoue Sandy Pagé, intervenante à l’APPHBM.

Selon Mme Pagé, du papier, du plastique, des mégots de cigarettes, des canettes vides, des pailles et des emballages de toutes sortes ont été recueillis en grande quantité (une vingtaine de sacs durant le mois d’avril) après avoir arpenté seulement quelques rues du quartier J-A-Déragon. «J’espère que ça va réveiller une prise de conscience (chez les citoyens)», déclare l’ntervenante.parfait

Faire une différence

Une marche de santé pour faire du bien à la planète tout en contrant les préjugés envers les personnes handicapées. Voilà la mission que s’était donnée Joanie Chénard lors de son stage à l’APPHBM. Aux dires de la principale intéressée, l’objectif a été atteint.

«L’estime de soi de ces clients-là est super augmentée. Ils se sentent fiers et accomplis. Un petit geste comme ça, ça fait leur journée. Et ça, c’est ma paye.» «Ça ne pas prend pas grand-chose pour les rendre heureux. L’un de nos participants arrivait le matin en disant: déchets, déchets, déchets. Le plogging a eu un impact positif sur eux», ajoute la finissante en éducation spécialisée.

Pour Joanie Chénard, des initiatives adaptées aux personnes handicapées ont leur raison d’être. «Ils sont capables de faire une différence même s’ils ont des limitations physiques et intellectuelles.»

Pour en savoir plus sur le plogging ou pour faire des dons (gants, sacs de poubelles) à l’APPHBM: 320, rue Albert, à Cowansville ou 450 266-1566.

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