Le comité de permaculture d’Abercorn dévoile le fruit de son travail

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Par Xavier Demers
Le comité de permaculture d’Abercorn dévoile le fruit de son travail
Des membres du comité de permaculture et des participants étaient réunis au parc Shepard pour présenter le jardin nourricier. (Photo : Le Guide - Xavier Demers)

JARDIN. Le jardin nourricier en permaculture au parc Shepard, à Abercorn, est maintenant terminé. Des membres du comité de permaculture ont dévoilé le résultat de leur travail.

Prunes, poires, pommes, noisettes, amélanches, camerises, bleuets, fraises, groseilles, cassis et bien d’autres viendront agrémenter le vaste parc au cœur du village. Toutes les plantes qui se retrouvent dans le jardin sont comestibles.

«Il y avait différents critères pour le choix des plantes, a indiqué Michel Larocque, artisan permaculteur des Jardins Nourriciers Bleu Vert, qui accompagnait le comité dans le projet. Le premier, c’était de ne pas se faire manger par les chevreuils. Le deuxième, c’était qu’elles soient comestibles avec aucune partie toxique. Ensuite, essayer de favoriser les plus populaires, comme le fraisier alpin, qui va faire plein de petites fraises de juin à octobre. Ça va être gagnant dans un parc où plusieurs jeunes vont passer.»

La géographie du terrain a elle-même modelé les petits sentiers entre chacun des îlots de plantation.

«On a profité de la double-pente pour faire nos planches de plantation, a expliqué le responsable du comité de permaculture, Pierre Bergé. Ça donne des motifs impressionnants avec plein d’îlots et chacun des îlots a un arbre fruitier. Ce que je peux vous assurer, c’est que dans trois ans, ce sera passablement couvert!»

«Comme on est à contre-pente, s’il pleut, l’eau ne coulera pas et va s’accumuler, a ajouté Michel Larocque. Ça va venir nourrir les racines. Ça permet de perdre ni l’eau ni les minéraux.»

Apprentissage

Trois ateliers d’une journée complète, avec deux heures de théorie et le reste en pratique, ont été donnés afin que le jardin puisse prendre vie.

«Le premier exercice qu’ont eu les participants, les gens ont vu les différents arbres fruitiers et leurs propriétés, a déclaré M. Bergé. Les gens se sont promenés et essayaient de placer les arbres selon leur goût. Chacune des plantes avait un double rôle, soit nutritionnel et un apport dans l’écosystème pour la protection, a affirmé Pierre Bergé. Sachant qu’on avait placé chacun des arbres fruitiers, on s’est assuré du meilleur compagnonnage possible.»

Les participants ont par la suite préparé les planches en respectant les courbes géographiques et de travailler le sol, qui est plutôt argileux.

«En faisant parler la nature, elle nous fournit un meilleur design que si on l’avait dessiné nous-mêmes!», a déclaré M. Bergé.

Liens humains

Non seulement le projet a-t-il permis de dynamiser le parc situé derrière l’hôtel de ville du village d’environ 400 habitants, mais il a par ailleurs tissé des liens entre les participants, qui continueront de travailler sur celui-ci. À chacun des ateliers, environ une trentaine de personnes étaient présentes.

«Pour un petit village comme le nôtre, c’est presque beaucoup! a affirmé Pierre Bergé. On peut se mettre à rêver parce que c’est vraiment un travail fait par la communauté pour la communauté. Ces gens-là, on s’est donné le goût de se revoir.»

«Un des points qui m’a vraiment marquée, c’est justement ça, à quel point les liens se sont formés, a pour sa part indiqué Karyne Cocolas. Au début, quand on a formé les équipes, c’était un peu comme à l’école. Tu te fais une équipe, tu ne sais pas trop avec qui tu vas être placé, et rendu au troisième atelier, ça se rassemble. Un va aller travailler chez l’autre pendant la semaine. C’est un peu ça, la permaculture humaine. Ça m’a vraiment touchée.»

Qu’est-ce que la permaculture?

L’Office québécois de la langue française définit la permaculture comme «l’ensemble des pratiques et des modes de pensée visant à aménager un territoire qui soit en synergie avec la nature, afin que le développement soit durable et que les écosystèmes soient respectés, voire renforcés».

La permaculture se base sur trois principes, soit celui de prendre soin de la terre, de l’humain et de partager équitablement avec la nature.

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