Les images de Mélina Martin et Nathalie Champigny voyageront sur les routes du Québec

Photo de Roxanne Langlois
Par Roxanne Langlois
Les images de Mélina Martin et Nathalie Champigny voyageront sur les routes du Québec
La Cowansvilloise Nathalie Champigny est disparue en février 1992. (Photo : (Photo: Gracieuseté- Meurtres et disparitions irrésolues du Québec))

DISPARITIONS. À l’initiative de Meurtres et disparitions irrésolues du Québec (MDIQ), les images de deux jeunes femmes disparues en région, Nathalie Champigny et Mélina Martin, voyageront sous peu sur les routes du Québec, placardées sur des remorques de la compagnie Géo Dubois. L’organisme à but non lucratif souhaite que cette nouvelle visibilité contribue à délier des langues.

Le président de l’instance, Stéphane Luce, espère  depuis de très nombreuses années que la lumière soit faite quant au meurtre de sa mère Roxanne Luce ; elle est décédée deux jours après avoir été retrouvée battue dans son appartement de Longueuil, en avril 1981. Tentant de ramener cette affaire dans les médias afin qu’un jour, une réponse vienne, il a eu l’idée de diffuser autrement son image et du même coup, celle d’autres victimes ou personnes disparues. Après les fameuses pintes de lait ramenées dans les foyers, ce sont cette fois les camions qui serviront de courroie de transmission pour rejoindre des centaines, voire des milliers de personnes chaque jour.

«Souvent, les gens sont pris en arrière d’un camion dans le trafic, il n’y a rien d’intéressant à voir. Là, il y aura une affiche et une personne qui est au courant de quelque chose peut tomber dessus», explique-t-il, ajoutant avoir reçu un accueil exceptionnel des compagnies de transports sollicitées à ce jour.

M. Luce veut que l’initiative empêche des cas irrésolus de meurtres ou de disparitions datant de plusieurs années de sombrer dans l’oubli et contribue à ce que des familles obtiennent enfin l’information tant attendue qui leur permettra de retrouver un être cher ou de faire leur deuil. «Juste résoudre un seul cas, ce serait déjà mission accomplie pour moi», estime-t-il.

Au total, 12 pancartes sont déjà en circulation aux quatre coins du Québec suite à l’initiative de l’organisme sherbrookois, sur un objectif souhaité total de 24.

«Aidez-moi!»

Mélina Martin n’avait que 13 ans, le 23 janvier 2005,  lorsqu’elle est disparue sans laisser le moindre indice. L’adolescente de Sainte-Sabine a été aperçue pour la dernière fois au parc Roch-Bourbonnais de Farnham, vers 13h30.

Avec l’accord de leurs proches, les images de la Cowansvilloise Nathalie Champigny, disparue depuis le 22 février 1992 et de Mélina Martin, qui s’est volatilisée de Farnham le 23 janvier 2005, seront placardées sur des véhicules lourds. Le tout devrait être complété d’ici le 15 avril prochain. Les deux affiches jaunes et noires, à l’instar des autres réalisées, arboreront une photo des disparues en plus d’une phrase saisissante. Celle de Mélina dicte «Ma famille me recherche. S.V.P, parlez!», tandis que celle de Nathalie est affublée des mots «Disparue depuis trop longtemps. Aidez-moi!».

Ces phrases ont volontairement été choisies pour attirer l’attention des usagers de la route. «Ça ne vient pas de Meurtres et disparitions irrésolues du Québec, ça provient des familles. C’est le message qu’elles ont voulu faire dire à leur victime», explique M. Luce.

Notons que les pancartes ont été réalisées après que les familles aient elles-mêmes contacté l’organisme responsable du projet. En ce sens, si tel est le désir de ses proches, M. Luce explique qu’il n’est pas exclu qu’une enseigne reliée à la disparition de Jacques Choquette soit éventuellement confectionnée. Rappelons que ce Granbyen de 51 ans manque à l’appel depuis le 3 novembre 2017. L’homme serait décédé, selon les autorités policières ; ses proches souhaitent retrouver son corps pour lui offrir un dernier repos.

En quête de financement

Alors qu’il en coûte une centaine de dollars à l’organisme pour créer les affiches en vinyle résistant aux intempéries, son président lance un appel à la population. Jusqu’ici, les dons reçus dans le cadre de l’initiative proviennent à environ 75 % des familles éprouvées et la balance, du grand public. Or, M. Luce aimerait voir cette tendance s’inverser. «Ça fait plaisir aux familles de contribuer, mais je trouve ça dommage, parce que j’aurais voulu que ce soit gratuit pour elles», explique-t-il. Des élus provinciaux ont jusqu’ici été sollicités, en vain.

Les personnes intéressées à contribuer peuvent le faire via la page GoFundMe baptisée MDIQ-Visibilité des victimes.

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