Les organes de leur fils sauvent cinq personnes

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Par Stéphanie MacFarlane
Les organes de leur fils sauvent cinq personnes
Édouard Grondin est décédé le 9 septembre dernier. Six de ses organes ont été greffés à cinq personnes. (Photo : Gracieuseté)

LAC-BROME. Malgré la douleur d’avoir perdu un de ses trois fils, Valéry Couture souligne que le don des organes d’Édouard Grondin, décédé le 9 septembre dernier dans un accident survenu sur l’autoroute 10, près de Bromont, permet de mieux vivre le deuil.

«La seule chose positive, ce sont les gens qu’Édouard a sauvés. Il leur a donné la deuxième chance qu’il n’a pas eue», témoigne Mme Couture. Si Édouard Grondin résidait à Montréal, sa famille détient une résidence secondaire à Lac-Brome depuis 21 ans. Édouard, ainsi que son frère Victor sont deux joueurs de golf et travaillaient tous deux au Club de golf de Knowlton. Victor y est encore.

Édouard Grondin a quitté Montréal le 9 septembre pour aller travailler, mais il ne s’y est jamais rendu. Il a perdu le contrôle de sa camionnette près de la sortie 74, sur l’autoroute 10. Son véhicule a fait plusieurs tonneaux après avoir heurté le terre-plein central. Il a terminé sa funeste course en direction ouest.

Transporté au Centre hospitalier de Granby pour y être stabilisé, Édouard Grondin a ensuite été transféré au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) où ses parents l’ont rejoint. «Quand ils ont ouvert les portes de l’ambulance, on a vu Édouard. Il était intubé et avait un drain thoracique», se souvient Mme Couture, elle-même ancienne paramédic. Elle était accompagnée de son mari, Stéphane Grondin, ancien pompier à la Ville de Montréal.

Après plusieurs examens médicaux, les nouvelles n’étaient pas bonnes : le cerveau d’Édouard était très atteint. «On s’était dit que quoi qu’il arrive, on voulait faire le don de ses organes», poursuit Valéry Couture.

Les autorités médicales envisagent le don d’organes lorsqu’un patient est en état de mort cérébrale, c’est-à-dire que son coeur ne bat plus et qu’il est maintenu artificiellement par des équipements médicaux, explique Annie Chouinard, infirmière ressource au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie-CHUS. C’est l’état dans lequel se trouvait Édouard.

Don

Les médecins ont pu prélever six organes et sauvé cinq hommes puisque deux des organes ont été greffés à une même personne. Édouard Grondin a aussi fait un don de tissus, une option que ne connaissait pas sa mère.

«Sur le coup, on a été surpris, mais on est très fiers. Il a donné certaines artères et valves, ainsi que des os et ligaments de ses jambes, comme ses fémurs, ses genoux, ses tibias, ses péronés et ses tendons d’Achille», énumère Valéry Couture.

Celle qui est également la mère de deux autres garçons croit que le don d’organes et de tissus aide à passer à travers cette douloureuse épreuve. «Son coeur bat encore. Ses poumons permettent à quelqu’un de vivre. C’est très clair que ça a un impact sur notre processus de deuil, même si c’est terriblement difficile, concède-t-elle. Quelqu’un, quelque part, grâce à Édouard, peut avoir une meilleure qualité de vie qu’avant.»

Valéry Couture considère le don d’organes comme «le plus beau cadeau au monde». «Il n’y a pas d’autres mots plus pesants que ça. La médecine nous permet de pouvoir traverser cette période difficile par le don d’organes», dit-elle.


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