Les résidents d’Abercorn invités à se réunir autour d’un jardin en permaculture

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Par Stéphanie MacFarlane
Les résidents d’Abercorn invités à se réunir autour d’un jardin en permaculture
Michel Larocque, Karyne Cocolas, Pierre Bergé et Marie Bilodeau contribuent au projet de jardin nourricier en permaculture à Abercorn. (Photo : Journal Le Guide – Stéphanie Mac Farlane)

MUNICIPAL. Aménager un jardin nourricier en permaculture pour dynamiser le village, accroître les rencontres entre citoyens et favoriser la collaboration? C’est sur quoi travaille actuellement un groupe de huit résidents à Abercorn.

Leur objectif est simple : revaloriser le parc Shepard, situé derrière l’hôtel de ville et développer le sentiment d’appartenance des Abercorniens à travers un projet communautaire et multigénérationnel. «On utilise la nature comme levier», indique Pierre Bergé, responsable du projet et idéateur.

Le jardin nourricier sera élaboré en permaculture. Il s’agit de composer avec la nature et non la forcer, explique M. Bergé. «C’est aussi de ramener l’être humain comme une partie de son environnement. […] La permaculture, c’est le beau symbole de l’être humain et de la nature en offrant une alternative au développement paysager», ajoute Pierre Bergé.

L’emplacement choisi dans le parc Shepard, est d’environ 22 mètres par 6,5 mètres. Le lot est à l’abri des grands vents et profite d’une exposition plein sud.

 

L’emplacement choisi dans le parc Shepard, est d’environ 22 mètres par 6,5 mètres. Le lot est à l’abri des grands vents et profite d’une exposition plein sud. Crédit photo: Journal Le Guide-Stéphanie Mac Farlanfrant une alternative au développement paysager», ajoute Pierre Bergé.L’emplacement choisi dans le parc Shepard, est d’environ 22 mètres par 6,5 mètres. Le lot est à l’abri des grands vents et profite d’une exposition plein sud.

Des planches de végétaux seront aménagées perpendiculairement à la légère pente naturelle du site. «L’eau va venir cogner sur les planches et elle va entrer dans les racines. L’idée, c’est de ne pas perdre d’eau ni de minéraux», explique Michel Larocque, artisan permaculteur des Jardins Nourriciers Bleu vert, qui accompagne le comité dans ce projet en compagnie de Karyne Cocolas.

L’espace entre les planches de végétaux sera suffisamment dégagé pour permettre aux gens de s’asseoir sur un petit banc lors de l’entretien du jardin. Un sentier sera aussi mis en évidence dans le boisé du parc Shepard, à proximité du jardin nourricier. Des noisetiers seront plantés pour en délimiter l’entrée.

Végétaux

Le jardin en permaculture d’Abercorn comptera des arbres fruitiers, des plantes comestibles, des fleurs comestibles, des plantes couvre-sols ainsi que des plantes utilitaires et médicinales. Au total, une quarantaine d’essences ont été sélectionnées par le comité, dont des pruniers, des poiriers, des amélanchiers, des fraisiers, des bleuetiers, de la ciboulette à l’ail, de la sarriette des montagnes, des monardes sauvages, des bourraches, de la lavande, des échinacées, de la sauge, du thym sauvage et de l’alchémille. Un mûrier pleureur y sera notamment introduit. «C’est un arbre d’une beauté! Et les fruits sont délicieux», avise Pierre Bergé.

La simplicité de l’entretien, l’environnement et leur intérêt moindre pour les chevreuils sont quelques-uns des critères de sélection des essences. «Elles sont aussi toutes comestibles et vont en symbiose avec les autres ou elles nourrissent les sols», enchaîne M. Bergé.

Les arbres fruitiers qui seront plantés auront déjà trois ans de vie. Ils seront ainsi assez grands que seuls deux pommiers auront à être protégés de la faune. Des plantes vivaces ont été choisies en raison de leur apport au sol et de leur développement racinaire. Des plantes potagères annuelles, comme les tomates, les carottes ou les poivrons, ont volontairement été exclues du projet afin de faciliter l’entretien. Ces dernières demandent un bon apport en eau, une denrée qui n’est pas facilement accessible sur le site du projet.

Le trio rencontré par le journal

, formé de Pierre Bergé, Michel Larocque et Karyne Cocolas, indique que le projet pourrait être appelé à grandir dans les prochaines années, mais qu’il y va une étape à la fois. «On commence simplement. On se laisse le temps d’apprendre. C’est un développement empirique», soutient Pierre Bergé.

À terme, le comité souhaite pouvoir implanter des écriteaux dans le jardin afin d’expliquer les plantes qui y auront élu domicile et leur contribution dans cet écosystème.

Aménagement

L’aménagement du potager en permaculture se fera dans le cadre d’ateliers participatifs. «95% de ce qu’on apprend, c’est dans l’action», ajoute M. Bergé.

Les ateliers seront répartis sur trois samedis soit le 15 septembre, le 29 septembre et le 6 octobre, de 9h30 à 16h.

«Le premier samedi, on fera l’aménagement détaillé de chacun des îlots. Lors du deuxième samedi, on va faire les planches. Et le troisième samedi, on plante», résume Pierre Bergé.

Des frais de 25 $ seront demandés aux participants qui résident à Abercorn et 50 $ aux non-résidents afin de couvrir les coûts d’aménagement du jardin. Ce sera gratuit pour les enfants. En échange, les citoyens auront acquis de nouvelles connaissances. Deux heures de théorie sont prévues à chacune des rencontres. Le reste des ateliers sera consacré au travail sur le terrain.

La municipalité d’Abercorn a remis 3000 $ au comité pour la mise en place du projet. Le budget total est évalué à 3900 $. «On a une population de 405 habitants. C’est exceptionnel d’avoir une telle aide financière», remarque M. Bergé.

Le comité est actuellement à la recherche de dons de terreau, de compost, de fumier et de copeaux de branches. Pour plus de détails, consultez la page Facebook Permaculture Abercorn.

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