Location d’appartements à Granby: jeunes et familles pas toujours les bienvenus

Même si la loi interdit aux propriétaires de logement de discriminer certaines personnes, dans la location d’un appartement, la réalité est bien différente, a découvert l’Express. En jouant différents rôles, nos reporters ont constaté que certains propriétaires excluent délibérément certains types de locataires. Un logement qui n’était «malheureusement» pas disponible pour un père monoparental est devenu «libre» par magie pour un jeune professionnel qui n’est pas souvent à la maison…

 

Au cours des derniers jours, les journalistes de l’hebdomadaire ont mené une enquête non scientifique sur l’envers du décor de la signature d’un bail. À tour de rôle, les journalistes ont contacté les mêmes propriétaires annonçant dans les petites annonces sous l’étiquette d’un jeune célibataire, une mère monoparentale à statut professionnel précaire et d’un père de famille de trois enfants. Les pseudo locataires ont eu droit à des réponses différentes lors de leur ronde d’appels.

 

Tandis qu’un jeune professionnel se faisait rapidement inviter à visiter un 5 1/2, notre mère monoparentale s’est gentiment fait fermer la ligne au nez prétextant un besoin immédiat pour un locataire.

 

Nos faux locataires ont constaté que des propriétaires d’immeubles manigancent pour obtenir LE locataire idéal et écartent les candidats moins intéressants comme les jeunes, les familles et les propriétaires d’animaux.

 

«Moi, je fais une présélection des candidats pour les visites, mais c’est le propriétaire qui passe les candidats choisis en entrevue», a lancé un responsable de la location à notre jeune professionnel. Enthousiasmé par la candidature de ce dernier, celui-ci s’est permis de rajouter que l’immeuble est très tranquille et qu’il y a très peu de gens de son groupe d’âge.

 

Tactiques discriminatoires
Pour l’année 2010-2011 au Québec, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a ouvert 76 dossiers reliés à la discrimination dans le secteur du logement.

 

À l’ACEF Montérérégie-est, organisme de défense des droits des consommateurs, on admet que certains propriétaires usent toujours de subterfuges pour éloigner des locataires de leur immeuble.

 

«C’est souvent des familles. Ils (propriétaires) ne veulent pas d’enfants et pour passer leur message, ils disent que le logement est loué. Et c’est aussi vrai pour les jeunes, les mères monoparentales et dans certains cas, pour des femmes enceintes qui désirent louer un appartement. Il y a encore des propriétaires avec des préjugés.», affirme Hélène Plourde, conseillère volet logement à l’ACEF Montérégie-est.

 

Quant aux traditionnelles questions sur le travail et la solvabilité financière, Mme Plourde suggère aux futurs locataires de bien se préparer lors de la visite du logement. «Il est vrai que des propriétaires ont été échaudés par de mauvais payeurs. Mais il possible de les rassurer en présentant, entre autres, des relevés de factures payées ou une lettre de référence de son employeur.»

 

L’enquête de crédit: oui ou non? À ce sujet, la conseillère de l’ACEF recommande aux locataires de faire preuve de prudence avant de divulguer une foule d’informations personnelles. «C’est une pratique courante dans les grandes villes. On la voit de plus en plus en région. Soyez vigilant, car cette pratique n’est pas encadrée par la loi et un propriétaire ne peut faire l’enquête sans votre accord. Et s’il y tient vraiment, de votre côté, vous avez la possibilité de dire non», rappelle Mme Plourde.

 

Outre la demande d’enquête de crédit, le recours au questionnaire exhaustif (numéro d’assurance sociale, nombre d’enfants, nom de l’employeur, salaire annuel, type de véhicule, numéro de plaque d’immatriculation, etc.) est une autre tactique employée par des propriétaires pour trier des locataires. «Avec ces formulaires, il faut faire attention. On ne doit pas signer n’importe quoi», prévient la porte-parole de l’ACEF.

 

Si vous pensez être victime de discrimination en ce qui a trait à l’accès au logement, vous pouvez porter plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse au 1 800 361-6477.


 

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