Mystérieuses disparitions de chats à Lac-Brome

Une bête sauvage sème la terreur parmi la population féline de Lac-Brome. Depuis quelques semaines, une demi-douzaine de chats sont portés disparus. Est-ce l’œuvre de chiens sauvages, de renards, de coyotes ou de pékans? La Société protectrice des animaux (SPA) des Cantons a installé une caméra de surveillance dans le secteur, mardi, afin d’identifier le coupable. JournalLeGuide.com a assisté à l’opération.

Le directeur de la SPA des Cantons, Carl Girard, a été alerté de la situation le 23 août dernier. «La dame disait que c’était une meute de chiens errants. On a plusieurs livres de trappage à la SPA. Je suis allé sur place et j’en ai amené. Avec les livres, j’ai pu identifier les empreintes au sol comme étant celles du Pékan», explique M. Girard. Depuis cette date, au moins six chats ont été portés disparus par leur propriétaire et aucune carcasse n’a été retrouvée.

«Ça nous inquiète. Je devrais confiner Jules (son chat), mais c’est un chat sauvage domestiqué. On le sort, mais sous surveillance. Et on ne le sort pas entre 17h et 8h», raconte Marie-Hélène Tremblay, une résidente de la rue Robin, à Lac-Brome, secteur où plusieurs chats sont portés disparus. La dame explique aussi que plusieurs citoyens du coin ont aperçu des pékans en bordure du boisé, mais aussi plus près des résidences.

«Ma voisine en a vu deux dans son stationnement. Jules, de par sa vie dans la nature, a des chances contre des renards et des coyotes, mais pas contre un pékan. Ce n’est pas un animal qu’on souhaite avoir près des maisons», déplore Mme Tremblay.

Avant de faire appel à Carl Girard et la SPA des Cantons, Marie-Hélène Tremblay a communiqué avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) qui l’a référé à un trappeur professionnel. «Il a posé un piège avec du poulet pour le capturer. Il a attrapé une moufette et un raton. On n’a pas attrapé le pékan.» Le trappeur a toutefois confirmé, par les empreintes trouvées au sol, qu’il s’agissait bel et bien d’un pékan.

Ironiquement, depuis qu’au moins un pékan a été vu dans les parages, le boisé qui borde la résidence de Mme Tremblay est bien calme. «Il n’y a plus de bruit de petits animaux. On voyait plein d’écureuils avant et on n’en voit plus, on ne voit plus de petits suisses, ni d’oiseaux», dit-elle.

Cousin du carcajou et membre de la famille des mustélidés, le pékan est une belette de couleur brun foncé. L’animal mesure près d’un mètre, incluant une queue touffue d’une trentaine de centimètres et possède des pattes fortes, courtes et munies de cinq doigts aux griffes semi-rétractables et une puissante mâchoire. Celui que l’on surnomme «le diable de la forêt» est un animal solitaire qui se nourrit de petits mammifères (écureuil roux, lièvre, porc-épic, petits rongeurs et parfois, de chats et de petits chiens). Le pékan est aussi très habile dans les arbres, mais il capture la majorité de ses proies au sol.

Caméra de surveillance

Carl Girard s’est rendu sur les lieux, mardi, pour y installer une caméra de chasse. Question d’attirer ledit animal, il a confectionné un montage pour y laisser un appât, du hareng fumé et du bœuf, à un peu plus d’un mètre du sol afin d’éviter d’attirer les moufettes et les ratons laveurs. «Ce que je veux savoir, c’est à quoi j’ai affaire. Est-ce un loup, un coyote, des chiens errants ou est-ce un pékan comme on le pense? Actuellement, c’est le néant», indique-t-il.

«Je savais que les pékans existaient, mais c’est la première fois que j’ai conscience de pareils événements, ajoute Carl Girard. J’ai attrapé beaucoup d’animaux sauvages, mais c’est la première fois que je monte un set up comme ça.»

Carl Girard doit retourner mercredi à l’endroit où il a installé l’appât et la caméra pour visionner les premières images captées par celle-ci. «Je vais voir les photos. Ça me permettra de voir si on a quelque chose et si l’angulation est bonne. Sinon, je vais ajuster le tout.»

De son côté, Éric Santerre, responsable des relations avec les médias du MRNF, précise que le pékan est effectivement présent dans la région. Il n’existe cependant aucune estimation des populations. «Je me suis également informé du côté de la protection de la faune et au bureau d’expertise régionale et on m’indique qu’il n’y a eu aucun signalement», enchaîne-t-il.

Lorsque le coupable sera véritablement identifié, Carl Girard communiquera avec les autorités compétentes. Étant un animal protégé en raison de la qualité de sa fourrure, le pékan ne peut pas être abattu que par un trappeur et uniquement à l’automne.

Attaques de pékans

«C’est un fait connu que cette espèce peut s’attaquer aux petits animaux domestiques. Cependant, d’autres espèces le font aussi comme les coyotes, les renards et les oiseaux de proie», ajoute M. Santerre.

Même si elles semblent plutôt rares, les attaques de pékans sont possibles. En septembre 2010, l’hebdomadaire Première édition, basé à Vaudreuil-Dorion, rapportait de semblables attaques. À Rigaud, une dizaine de chats avaient été portés disparus en deux semaines, tandis que des mystérieuses disparitions avaient aussi été rapportées du côté de Saint-Lazarre et de Hudson. Un propriétaire de Rigaud avait même été témoin, impuissant, de l’«enlèvement» de son minou.

Plus récemment, en juillet dernier, le pékan aurait réservé un triste sort à plusieurs animaux domestiques de la région de Delson, relate le journal Le Reflet.

 

 

 

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