Passion, intervention et sensibilisation: le merveilleux monde de Carl Girard

Par Josiane Noiseux
Passion, intervention et sensibilisation: le merveilleux monde de Carl Girard
Carl Girard et le pitbull Léo

Le directeur de la SPA des Cantons, Carl Girard, a un parcours bien à lui. Éducateur canin et fondateur de la Société pour la protection des animaux située Cowansville, l’homme passionné s’est taillé une solide réputation auprès de la population de Brome-Missisquoi. Portrait de cet amant des animaux domestiques.

Carl Girard grandit au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dès son plus jeune âge, il travaille de près avec l’espèce canine. Son père détenait un élevage de chien de traineaux. «Côté dressage, les méthodes de mon père étaient assez drastiques. Mon frère et moi avons donc pris en charge l’élevage des chiens», se rappelle M. Girard.

Plusieurs années plus tard, il s’installe dans la région et démarre avec sa conjointe une pension pour chiens. Les deux passionnés prenaient les animaux sous leurs ailes, les dressaient, les entraînaient et les rendaient à leurs familles.

«Ce que nous avons constaté à ce moment, c’est qu’à chaque fois qu’un maître nous ramenait son chien, la bête revenait avec les mêmes problèmes que nous avions corrigés auparavant», explique M. Girard.

Ce constat pousse Carl Girard à suivre une formation de 600 heures à l’École du chien de Varennes, afin de se spécialiser comme éducateur canin. «L’aspect animal, je le maîtrisais déjà. J’ai plutôt travaillé le côté «humain» du dressage. J’ai alors compris que 70% du travail venait du maître et 30% de l’animal», souligne l’éducateur canin. Au terme de la formation, Carl Girard ouvre sa propre école de dressage.

Étonnant d’apprendre qu’à travers son processus de formation, il a travaillé dans les porcheries de la compagnie F. Ménard située à Ange-Gardien. 

«Quand je dis ça aux activistes animaliers, ils tombent sur le dos. Pour certains, c’est comme si j’avais travaillé pour le diable, mais les gens ne peuvent juger ce qu’ils ne connaissent pas. C’est durant cet emploi que j’ai le plus appris. Dans ces grosses fermes, lorsque le vétérinaire n’est pas disponible, tu n’as pas le choix d’apprendre. D’intervenir. Vaccin, accouchement…», énumère M. Girard.

L’amoureux des animaux et travailleur polyvalent a également œuvré au sein des supermarchés Provigo auprès de l’équipe de prévention du vol à l’étalage et de la fraude. «J’ai fait des arrestations et des interventions. C’est de cette façon que j’ai appris à rédiger des rapports et travailler avec la police. C’est ce «melting pot» d’expérience qui m’a doté de l’expertise que j’ai maintenant», souligne-t-il.  

Fondation de la SPA

En 2011, les villes de Lac-Brome, Farnham et Cowansville contactent M. Girard afin d’appliquer le règlement RM-410 (règlementation concernant le contrôle des animaux). Le principal intéressé met graduellement en place un service pour répondre aux intentions des trois municipalités. La SPA des Cantons dessert aujourd’hui les secteurs de Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska.

Le travail au quotidien de notre personnalité du mois n’est pas une partie de plaisir. Les situations s’avèrent parfois dangereuses et forcent Carl Girard à garder son sang-froid afin de bien maîtriser la situation. «Ça, c’est un de mes secrets. Je suis un gars d’une très grande sensibilité. Sur le coup, je débarque en mode «intervention» et quand la pression tombe, c’est autre chose», confie-t-il. 

«Autant je peux être très froid et distant lors d’une intervention (…).  Mais lorsque j’arrive ici (au bureau), je suis bouleversé. Dans ces moments, je m’enferme dans mon bureau, j’écoute de l’opéra et je prends du temps pour m’en remettre. Je n’ai pas le choix de me faire une carapace», conclut-il.   

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