Plus de 60 entreprises de Brome-Missisquoi s’échangent des matières résiduelles

Photo de Claude Hebert
Par Claude Hebert
Plus de 60 entreprises de Brome-Missisquoi s’échangent des matières résiduelles
Échange de palettes de bois entre Éric Paquette, de Thomas & Betts (Bromont), et Maryse Messier, de la Ferme des Glaneuses (Dunham). (Photo : Gracieuseté)

ÉCONOMIE. Le projet de symbiose industrielle de Brome-Missisquoi retient l’attention, aussi bien sur la scène locale que provinciale. De plus en plus d’entreprises collaborent à l’exercice alors que la quantité de matières résiduelles valorisées augmente sans cesse.

«La symbiose de Brome-Missisquoi est l’une des plus performantes au Québec au niveau du tonnage et du nombre d’échanges. Notre projet a d’ailleurs été finaliste au Gala 2016 des Prix d’excellence en environnement des Cantons-de-l’Est dans la catégorie Innovation et développement durable», indique Oriana Familiar, conseillère en développement durable au CLD de Brome-Missisquoi.

Échanges interentreprises

Pas moins de 65 petits, moyens et gros joueurs sont maintenant associés à ce processus novateur qui permet des échanges de matières entraînant des gains environnementaux significatifs et des économies de plusieurs centaines de milliers de dollars.

La réalisation de ce projet permet de donner une seconde vie à certains produits postindustriels (eau, bois, plastique, acides, bases, boues, énergie). Certains échanges interentreprises sont ponctuels (une fois l’an par exemple) alors que d’autres sont plus réguliers (à chaque semaine ou à chaque mois).

La symbiose industrielle favorise également la mise en commun de diverses connaissances et expertises chez les entreprises participantes.

«Ces échanges permettent notamment à de petites entreprises d’ici de se familiariser avec les meilleures pratiques des grandes entreprises», précise Mme Familiar, qui se dit impressionnée par la motivation des participants.

Cette dernière ajoute que le lien de confiance, qui s’est établi entre les entreprises participantes depuis quatre ans, «facilite les transactions et permet d’aller toujours un peu plus loin dans la mise en place d’une économie plus circulaire qui contribue à réduire les coûts liés à la valorisation des matières résiduelles et à l’approvisionnement en matières premières».

Secteur agricole

Le concept de symbiose industrielle est de plus en plus populaire au Québec et l’environnement ne s’en porte que mieux.

«En 2014, seulement trois régions – Bécancour, Lanaudière et Brome-Missisquoi – avaient recours à des échanges interentreprises de matières résiduelles. Quatre ans plus tard, pas moins de 19 régions s’intéressent à la symbiose industrielle», signale Mme Familiar.

Dans Brome-Missisquoi, les secteurs agricole et scolaire emboîtent le pas au secteur manufacturier et trouvent à leur tour de nouvelles vocations aux rebuts industriels.

«Une quinzaine d’entreprises agricoles – principalement des fermes maraîchères – ont pris des ententes avec des entreprises manufacturières. Elles récupèrent notamment des palettes de bois pour la confection de clôtures, étagères et poulaillers, des chaudières blanches de 22,7 litres pour la cueillette des fruits et légumes ou comme bancs pour la traite des vaches, des barils bleus de 208 litres pour la cueillette des eaux de pluie ou l’entreposage de semences, outils et autres», explique Mme Familiar.

Le Domaine Pinnacle, un producteur de cidre de glace de Frelighsburg, utilise par ailleurs des granules de styromousse provenant de chez Thomas & Betts (Bromont) pour protéger ses bouteilles lors de l’expédition.

Secteur scolaire

La Factrie, une entreprise d’économie sociale de Dunham, a par ailleurs eu recours aux rebuts de cinq autres entreprises pour la fabrication d’une maison hantée. Le vignoble Léon Courville (Lac-Brome) lui a fourni du filet agricole, Thomas & Betts (Bromont) des feuillards de nylon, Industries Pépin (Cowansville) de la peinture à l’eau et IBM Canada (Bromont) des granules et rondelles de styromousse. La pépinière de la MRC de Brome-Missisquoi a par ailleurs accepté de lui refiler du paillis noir, du tuyau d’irrigation et des barils de plastique inutilisés.

Les résidus de production trouvent également preneurs à l’école Massey-Vanier pour la confection de poufs destinés à la bibliothèque scolaire et à la salle des professeurs. La Factrie et Confection 2001 (Farnham) fournissent le tissu et IBM Bromont les granules de styromousse pour les besoins du projet.

Un atelier d’ébénisterie de Massey-Vanier utilise par ailleurs des palettes et des feuilles de bois données par Teledyne Dalsa (Bromont) pour la fabrication de petites boîtes qui seront offertes aux employeurs de la région accueillant des étudiants en stage.

À l’école secondaire J.-H.-Leclerc (Granby), on fabrique des boîtes à savon avec les palettes de bois de Delta Gomma (Cowansville) et le caoutchouc des chambres à air endommagées provenant du magasin Vélo iBike (Cowansville).

 

SYMBIOSE INDUSTRIELLE:  RETOMBÉES DEPUIS 2014

. 65 entreprises participantes

. 180 échanges de ressources

. 1 800 tonnes métriques de matières valorisées

. 1 500 tonnes de gaz à effet de serre éliminées

. 540 000 $ en gains économiques directs

Source: CLD de Brome-Missisquoi

Partager cet article