Pour donner ses organes, il faut en parler à ses proches

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Par Stéphanie MacFarlane
Pour donner ses organes, il faut en parler à ses proches
(Photo : Journal Le Guide - Archives)

SANTÉ. Plusieurs personnes croient, à tort, qu’elles ne pourront donner leurs organes à leur décès, relate Annie Chouinard, infirmière ressource au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie-Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).

«Les gens s’excluent beaucoup d’eux-mêmes, mais on ne sait jamais de jour en jour qui sera sur la liste d’attente. La seule question qu’ils ont à se poser, c’est: est-ce que je veux donner mes tissus et mes organes?» souligne Mme Chouinard, qui travaille au département des soins intensifs, de la traumatologie et du don d’organes au CHUS.

Au moment venu, c’est le rôle du personnel médical de valider l’éligibilité du donneur et la qualité de ses organes, ainsi que de s’assurer d’une compatibilité avec un receveur, ajoute la professionnelle en soins.

«En termes de maladies, il n’y a  pas vraiment de contre-indication», poursuit Mme Chouinard. Cette dernière cite des cas de donneurs atteints d’hépatite B ou du VIH dont les organes peuvent être greffés à des patients souffrant respectivement de ces mêmes maladies. Même chose pour un fumeur. «Prenons quelqu’un qui fume deux paquets de cigarettes par jour. Il ne pourra pas donner ses poumons, mais il a un foie, des reins, des poumons», énumère Annie Chouinard.

L’importance d’en parler

Annie Chouinard souligne aussi qu’il est important de discuter de ses volontés avec ses proches. «Dans 99 % des cas, les volontés du défunt sont respectées par la famille. C’est anecdotique de voir un refus des proches quand la personne a émis des volontés.»

Le don d’organe peut cependant avorter lorsque le défunt n’en a pas parlé à sa famille. «Perdre quelqu’un, c’est un drame, c’est difficile, mais les gens sont contents lorsque des volontés sont connues et émises parce que la décision est déjà prise, poursuit Annie Chouinard. La façon dont on approche les familles, c’est si la personne était avec nous, qu’est-ce qu’elle aurait voulu?»

En 2017, 63 % des familles qui ont refusé le don d’organes et de tissus l’ont fait parce qu’elles ne connaissaient pas les dernières volontés de leur proche, selon des statistiques fournies par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le don d’organes et de tissus en chiffres

Un donneur d’organes peut sauver jusqu’à huit vies et peut aussi aider jusqu’à 20 autres personnes par le don de tissus;

Treize donneurs décédés ont permis 45 prélèvements d’organes et 67 personnes ont autorisé le don de tissus en Estrie, en 2017;

Au 31 décembre 2017, 23 personnes de l’Estrie étaient inscrites sur la liste d’attente pour recevoir un organe. Au Québec, elles étaient 786;

1,5 % des décès en hôpitaux répondent aux critères du don d’organes et 50 % des décès en hôpitaux sont admissibles au don de tissus.

Quels sont les organes éligibles au don?

Les reins, les poumons, le coeur, le foie, le pancréas et les îlots du pancréas.

Quels sont les tissus que l’on peut donner?

La cornée, la peau, les valves cardiaques, les tissus musculosquelettiques et les tissus artériels.

Source: Transplant Québec, Héma-Québec et CIUSSS de l’Estrie-CHUS


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