Suicide: les Sentinelles veillent au grain

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Par Claude Hebert
Suicide: les Sentinelles veillent au grain
Quatre des Sentinelles formées au cours des 18 derniers mois étaient présentes au musée Missisquoi

Le suicide frappe sans distinction, aussi bien chez les ruraux que chez les citadins, tuant près de 1 200 personnes chaque année dans l’ensemble du Québec. Cela représente plus de trois décès par jour.

En considérant les personnes qui ont eu des idées suicidaires, ont fait une tentative ou se sont suicidées, leurs proches et les endeuillés, on estime que le suicide touche 700 000 Québécois chaque année de façon directe ou indirecte.

«Le suicide a un gros impact dans une famille et provoque souvent une crise émotionnelle chez les proches de la victime. Le suicide peut également avoir un effet de chaîne. Mon père s’est suicidé alors que j’avais 17 ans et six membres de ma famille paternelle élargie ont également posé le même geste. J’ai moi-même eu des idées noires et fait une profonde dépression», indique Stéphanie Gendron, PAIR-aidante chez Entrée chez soi Brome-Missisquoi.

Des signes précurseurs

Les intervenants en santé mentale profitent chaque année de la Journée nationale de prévention du suicide pour tenter de démystifier ce phénomène.

«Les personnes suicidaires ne recherchent pas la mort, mais la fin de leurs souffrances. Elles acceptent souvent l’aide offerte. Et, pas besoin d’être un professionnel pour intervenir, chacun peut faire sa part à condition d’être en mesure de reconnaître les signes précurseurs», indique Claude de Varennes, formateur régional Sentinelle au Centre de prévention du suicide du Haut-Richelieu (CPS).

Les personnes en crise et leurs proches peuvent obtenir de l’aide 24 heures par jour, sept jours par semaine, en utilisant la ligne 1-866-APPELLE. Le service est offert en français et en anglais.

La Pommeraie offre par ailleurs un suivi post-crise suicidaire aux CLSC de Bedford, Farnham et Cowansville. Les bénéficiaires de ce service ont droit à une série de 8 à 15 rencontres selon les besoins.

«Beaucoup de gens hésitent à demander de l’aide, car elles croient à tort qu’il leur faudra se déplacer à l’extérieur de la région pour un obtenir suivi. D’où l’importance de faire connaitre nos services», précise M. De Varennes.

Efforts de prévention

Convaincu du bien-fondé des efforts de prévention, le CSSS La Pommeraie a décidé de miser sur les citoyens des petits villages de Brome-Missisquoi pour établir un lien entre les personnes suicidaires et les ressources d’aide existantes.

Deux groupes de Sentinelles ont été formés au cours des 18 derniers mois – un premier à Stanbridge East en mars 2011 et un autre à Dunham en mars dernier – pour repérer et venir en aide aux personnes en détresse avant qu’elles ne commettent l’irréparable.

«Les Sentinelles peuvent être comparées aux premiers répondants. Ce sont des intervenants de première ligne qui offrent du soutien en attendant que des professionnels prennent la relève», résume M. de Varennes.

«Les Sentinelles sont généralement connues de leurs voisins en raison de leur occupation ou de leur sens de l’accueil. Il peut s’agir de simples citoyens ou de personnes travaillant dans le public, comme des restaurateurs, pasteurs ou conseillers municipaux», ajoute Christelle Bogosta, agente de liaison aux CSSS La Pommeraie et Haute-Yamaska.

Pas moins de 1 000 Sentinelles ont été formées au Québec ces deux dernières années. Dans Brome-Missisquoi, on en dénombre actuellement 17, la moitié d’expression française et l’autre moitié d’expression anglaise. Ces aidants ont eu droit à une formation de sept heures, sur la base d’une journée complète ou de deux soirées de trois heures et demie.

«Comme il y a de la place pour quatre autres groupes de Sentinelles dans notre région, nous avons rencontrés les maires de la MRC de Brome-Missisquoi, en mai dernier, afin de les informer de l’existence du programme», ajoute Mme Bogosta.

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