Un ex-Cowansvillois promu commandant de la GRC à Yellowknife

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Par Claude Hebert
Un ex-Cowansvillois promu commandant de la GRC à Yellowknife
Le nouveau commandant du détachement de Yellowknife, Alexandre Laporte, travaille dans les Territoires du Nord-Ouest depuis une décennie. (Photo : Gracieuseté)

CARRIÈRE. Le Cowansvillois Alexandre Laporte a fait beaucoup de chemin depuis son départ de Brome-Missisquoi à l’âge de 16 ans. Retour sur près de trois décennies d’accomplissements.

Pour beaucoup de gens, le nom d’Alexandre Laporte évoque un hockeyeur de talent qui a fait sa marque pendant quatre ans dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Ce dernier a évolué avec les Tigres de Victoriaville, le Laser de Saint-Hyacinthe et les Voltigeurs de Drummondville avant d’être repêché par le Lightning de Tampa Bay, en 1993 au Colisée de Québec, lors des assises annuelles de la Ligue nationale de hockey.

«J’ai participé à quatre camps d’entraînement du Lightning et été sous contrat avec cette organisation pendant deux ans», précise le principal intéressé, lors d’un entretien téléphonique avec le journal Le Guide.

Alexandre Laporte a finalement joué cinq ans chez les professionnels à Atlanta (Ligue Internationale) et Adirondack (Ligue Américaine), puis à Syracuse (Ligue Américaine), en qualité d’agent libre.

«À 25 ans, j’avais eu mon lot de blessures et j’étais déjà vieux. Le hockey m’avait beaucoup apporté, mais je me retrouvais à la croisée des chemins», ajoute-t-il, sur le ton de la confidence.

Après réflexion, l’ex-hockeyeur a finalement décidé de suivre les traces de son père, un policier ayant fait carrière à la Ville de Lac-Brome et à la Sûreté du Québec.

«J’ai distribué le journal Le Guide de l’âge de 9 à 16 ans dans 450 foyers du quartier Sweetsburg. Ça m’a aidé à acquérir de la discipline. J’ai finalement abandonné cet emploi étudiant lors de mon arrivée dans les rangs juniors.» – Alexandre Laporte, officier-cadre de la GRC

Le jeune homme a soumis sa candidature à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en 2000 avant de suivre une formation à Régina de mai à octobre 2002.

Première affectation

M. Laporte a commencé sa carrière à Clair, au nord-ouest du Nouveau-Brunswick. Il y a travaillé comme gendarme de la fin 2002 à 2006.

«C’est là que j’ai appris les bases du métier et fait la rencontre de ma future épouse», signale-t-il.

En 2006, celui-ci s’est vu attribuer le titre de policier de l’année, un prix provincial en lien avec l’implication communautaire, décerné par l’organisme de charité Imperial Order Daughters of the Empire.

L’année suivante, le Cowansvillois d’origine a travaillé à la frontière du Maine et du Nouveau-Brunswick au sein d’une escouade spéciale dédiée à la lutte au crime organisé.

«En 2007 et 2008, j’ai voyagé aux États-Unis et en Amérique du Sud, collaborant à des enquêtes internationales avec les forces policières canadiennes et des agences spécialisées américaines. J’ai également collaboré au projet SharQc», résume-t-il.

Ouest du Canada

À la fin de 2008, Alexandre Laporte a été transféré au quartier général de Yellowknife, la capitale des Territoires du Nord-Ouest, avec une affectation à la lutte antidrogue.

«La GRC compte 200 policiers dans les Territoires et dessert une population de 46 000 habitants. On y dénombre 137 communautés culturelles, incluant les Inuits et les Premières Nations. Nos équipes travaillent de concert avec les policiers du Nunavut et du Yukon», précise-t-il.

Au cours des années suivantes, M.Laporte a agi comme superviseur et gérant du poste de Yellowknife avant de se voir confier le poste de chargé des opérations. C’était au début de 2017.

«Yellowknife a un ratio par tête très élevé au chapitre de la violence et est d’ailleurs considérée comme l’une des villes les plus violentes au Canada», ajoute-t-il.

Promu commandant du détachement de Yellowknife en février dernier, à l’âge de 42 ans, Alexandre Laporte dirige aujourd’hui une équipe de 48 policiers et dix employés civils.

«J’ai un intérêt tout particulier pour le volet communautaire et les relations avec les citoyens. La police fait généralement affaire avec 5 % de la population, 95 % du temps. Il importe cependant de ne pas négliger la majeure partie de cette même population», affirme M. Laporte.

Ce dernier a également à cœur la formation, la sécurité et le bien-être des membres de son détachement.

«Je n’ai pas été formé comme gestionnaire durant ma jeunesse, mais je crois aux mérites de la formation continue. Je suis des cours de formation en leadership, en ressources humaines et en ressources financières», indique-t-il.

Le jeune quadragénaire laisse par ailleurs entendre que son détachement se prépare en prévision de l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur le cannabis.

«Nous enquêtons déjà là-dessus depuis longtemps, mais nos policiers auront droit à une mise à jour de leur formation axée sur le dépistage des signes de conduite avec les facultés affaiblies par l’usage des drogues», explique le commandant du poste de Yellowknife.

Loin des siens

Alexandre Laporte et sa petite famille – le couple a un garçon de huit ans et une fillette de quatre ans – ont gardé contact avec le Québec et le Nouveau-Brunswick, mais n’ont pas souvent l’occasion de s’y rendre. L’utilisation de Skype leur permet toutefois de rester en lien avec leurs proches.

Les choses pourraient cependant changer, car le commandant de Yellowknife s’attend à être réaffecté au quartier général d’Ottawa ou dans l’Est du pays d’ici deux ou trois ans.

«C’est la réalité des officiers-cadres qui sont fréquemment réaffectés un peu partout au pays selon les besoins. Il va sans dire qu’un retour dans l’Est nous permettrait de nous rapprocher de notre famille respective», signale le principal intéressé.

Père de deux jeunes enfants, M. Laporte continue entretemps de s’impliquer auprès des jeunes en qualité d’entraîneur au hockey mineur.

«J’ai gardé le goût de lacer mes patins», lance-t-il.

 

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