Un homme sauvé d’une mort certaine

Par Julie Constantineau
Un homme sauvé d’une mort certaine

Michael Dunnigan

Le 27 octobre dernier, lors d’un encan de matériel de ferme sur le chemin Symington, à Dunham, un homme d’environ 70 ans s’est effondré subitement, en arrêt cardio-respiratoire. L’événement aurait pu connaître une fin tragique compte tenu de l’éloignement des services d’urgence et de l’absence d’ondes cellulaires à cet endroit. Par un heureux hasard, un médecin spécialiste et un pompier volontaire à l’esprit vif ont sauvé le septuagénaire.

Plus de 150 personnes assistaient ce jour-là à un encan au 5016 chemin Symington quand un homme se tenant près d’une petite cantine mobile a perdu connaissance et s’est violemment cogné la tête en tombant sur le sol. Markus Goettke, médecin spécialiste à l’hôpital Brome-Missisquoi Perkins, et Roger Courchesne, un résident de Frelighsburg et pompier volontaire pour la municipalité, se sont immédiatement portés à son secours. Pendant que le médecin initiait les manœuvres de réanimation, M. Courchesne s’est servi de sa radio de pompier pour rejoindre les services d’urgence, les cellulaires ne fonctionnant pas à cet endroit.

Comme aucun délai ne pouvait être confirmé pour la venue de l’ambulance au moment de l’appel, il a contacté les pompiers de Frelighsburg.

Deux d’entre eux, Michael Dunnigan et Guillaume Bourdeau, sont passés à la caserne de Frelighsburg pour prendre la trousse de premiers soins et se diriger rapidement sur le lieu de l’incident. Arrivés sur place, ses derniers ont pris la relève de Dr Goettke pour exécuter à tour de rôle les massages cardiaques. Ils se sont aussi relayés pour pratiquer le bouche-à-bouche, effectué par le biais d’un masque protecteur. 

Pendant ce temps, Bernard Ouellet, le directeur du service des incendies de Frelighsburg et Dunham, donnait l’alarme à la caserne de Dunham pour que le défibrillateur dont elle est équipée soit apporté sur le chemin Symington. «Ce sont les premières minutes qui sont cruciales en cas de crise cardiaque et je ne savais pas quand l’ambulance arriverait», explique-t-il.

Après environ 22 minutes de massages cardiaques administrés à tour de rôle par les trois premiers répondants présents sur place, l’ambulance est finalement arrivée, trois minutes avant les pompiers de Dunham. Selon M. Ouellet, les ambulanciers se sont immédiatement servis de leur défibrillateur et le cœur de l’homme a recommencé à battre. 

«Grâce à la présence d’esprit, aux massages cardiaques et aux manœuvres de réanimation administrés au monsieur par les pompiers, le médecin et les ambulanciers, cette personne est encore vivante aujourd’hui», conclut M. Ouellet avec fierté.

Le point de vue du médecin

Lors d’une entrevue téléphonique avec JournalLeGuide.com, Dr Markus Goettke a tenu à souligner l’extraordinaire travail des premiers répondants. «On n’y serait pas arrivé sans l’aide des deux pompiers de Frelighsburg. Ils ont fait une super job», s’est-il exclamé. Le médecin souligne également le bon travail des ambulanciers et de l’équipe à l’urgence du BMP. «Dès son arrivée à l’hôpital, l’homme a été intubé, soigné et transféré au CHU à Sherbrooke où il a récupéré complètement et est en attente de pontages cardiaques prévus pour cette semaine. C’est très inhabituel qu’il ait survécu l’arrêt cardiaque, il avait 99% des chances de mourir. C’est parce que nous étions sur place et que chaque personne a fait son travail qu’il est toujours en vie», relate-t-il.      

Les héros du jour

Humbles, les trois pompiers concernés affirment avoir fait leur travail. Michael Dunnigan et Guillaume Bourdeau revenaient justement d’une formation liée à leur occupation de pompier lorsqu’ils ont reçu l’appel d’urgence, le 27 octobre. «J’étais à côté du camion et Guillaume arrivait chez lui», se souvient M. Dunnigan. «Nous avions justement suivi la formation RCR (réanimation cardio-respiratoire) deux semaines plus tôt», souligne quant à lui Guillaume Bourdeau. Sur l’adrénaline, aucun des trois ne s’est questionné sur les chances de survie de l’homme inconscient pendant les longues minutes où ils ont pratiqué les massages. «C’est la procédure à suivre. Faire les manœuvres de réanimation jusqu’à l’arrivée de l’ambulance», ont-ils conclu calmement.

Des félicitations

Lors du conseil municipal de Dunham du 5 novembre dernier, le maire Jean-Guy Demers, qui se trouvait lui aussi à l’encan le jour de l’événement, a raconté l’histoire dramatique et sa fin heureuse. Par contre, l’élu a exprimé son inquiétude sur les problèmes de communication dans certains endroits de sa municipalité. «D’ailleurs, il faudra regarder ça de plus près. Ça n’a pas de sens que les cellulaires ne fonctionnent pas dans ce coin-là et qu’il n’y ait pas moyen de rejoindre les services d’urgence», a-t-il souligné.

Le conseil a résolu de transmettre une lettre de félicitations aux pompiers de Dunham et de Frelighsburg, pour leur bravoure et leur remarquable présence d’esprit pendant l’événement. Le conseil municipal de Frelighsburg a lui aussi honoré ses premiers répondants héroïques lors de son assemblée du 6 novembre dernier.

«On prend parfois nos pompiers volontaires pour acquis. Il faut reconnaître l’abnégation et le souci d’aide de ces gens-là», a conclu Jacques Ducharme, maire de Frelighsburg.

 

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