Une nuit avec les bénévoles de la Croix-Rouge Haute-Yamaksa

Des visages aux traits tirés, des regards inquiets, des larmes qui coulent, des gens en pyjama, des animaux de compagnie introuvables. Une poignée de sinistrés entassés dans le lobby d’un bloc appartement de la rue Simonds Sud, à Granby, est désemparée, alors qu’un incendie avale leur foyer. Dépêchés en plein milieu de la nuit, des bénévoles de la Croix-Rouge tentent de les rassurer tant bien que mal. Si la Croix-Rouge intervient au bout du monde, elle vient aussi en aide à des gens de la région et c’est à Granby qu’elle est intervenue, dimanche matin, accompagnée de l’Express.

 

5h01. La Croix-Rouge Haute-Yamaska est informée qu’un incendie fait rage dans un immeuble de 20 logements situé au 1120, Simonds Sud.
Une dizaine de minutes plus tard, les bénévoles de l’organisme arrivent un à un sur les lieux et vont à la rencontre de la dizaine de personnes entassées dans le lobby de l’immeuble voisin.

 

Distribution de couvertures, de trousses d’hygiène et de bons d’achat, les bénévoles débutent la prise en charge des sinistrés. La présentation du très populaire Tournoi de hockey bantam, qui a lieu à Granby, inquiète Lucille Whissel, chef d’équipe adjointe à la Croix-Rouge. «Y a-t-il des chambres d’hôtel de libres?», se demande la bénévole. Par chance, la réponse sera positive.

 

5h40. Une jeune fille âgée dans la vingtaine marche sur la rue Simonds et s’arrête tout près des camions de pompier. Son regard erre entre les gyrophares et l’immeuble enfumé. Elle aperçoit ses voisins et se dirige vers eux. Son copain, lui, cherche son chien qui s’est sauvé pendant l’intervention des sapeurs. La jeune Française est sous le choc, elle qui revient d’une soirée entre amis. Elle se félicite d’avoir pris des assurances il y a quelques semaines…

 

6h00. Emmitouflée dans une couverture grise, sa chienne Puffy tremblante dans les bras, Louise complète la paperasse avec Nancy Whissell, une des cinq bénévoles de la Croix-Rouge dépêchée sur les lieux, pour obtenir sa prise en charge par l’organisme.

 

La dame réside au-dessus du logement où le feu a pris naissance et a accepté l’aide de la Croix-Rouge. Elle peut donc compter sur 72 heures d’hébergement, de nourriture et un bon d’achat pour des vêtements. Mais dès mercredi matin, elle devra se débrouiller. Elle compte aller vivre quelque temps chez son ex-conjoint. Et elle a des assurances.

 

C’est une odeur de toasts brûlées qui l’a réveillée vers 4 heures et au moment où elle allait se rendormir, un «boom» a retenti et de la fumée est apparue. «J’ai appelé le 911, on m’a dit que des camions étaient déjà en direction. J’ai ramassé ma chienne, ma sacoche, mon manteau, mais j’ai oublié mes lunettes. Et je suis allée sonner à toutes les portes avant de sortir», raconte-t-elle.

 

Le directeur du Service incendie de Granby, Pierre Lacombe, confirmera plus tard qu’un feu de cuisson, possiblement une casserole d’huile oubliée, est à l’origine du brasier. L’appartement où l’incendie s’est déclaré est complètement détruit, tandis que d’autres unités ont été touchées par l’eau et la fumée. Les dommages sont évalués à environ 150 000$.

 

Lourde tâche
6h50. Le directeur Lacombe vient rencontrer les bénévoles de la Croix-Rouge. «On leur dit l’état de la situation. Si une partie de l’immeuble n’est pas touchée, les gens peuvent réintégrer. Les gens de la Croix-Rouge sont généreux, mais ils nous demandent notre avis. Ils se fient à nous», dit Pierre Lacombe.

 

Les sinistrés sont alors rencontrés. Certains peuvent aller constater l’ampleur des dégâts. D’autres, comme Louise, peuvent récupérer un bien précieux. «Un pompier est allé chercher mes lunettes», dit-elle. Quatre familles, dont Louise, se dirigent vers l’hôtel par leurs propres moyens, tandis que les autres seront hébergés par des proches. «La Croix-Rouge remettra un bon d’épicerie pour ces gens-là afin de les aider», mentionne Marcel Whissel.

 

Mais le travail de la Croix-Rouge est loin d’être terminé. «On doit s’assurer que tout le monde a été vu et on doit rencontrer les gens qui ont été hospitalisés. Pour eux, la prise en charge débute dès leur sortie de l’hôpital», explique Marcel Whissell. Deux des trois personnes hospitalisées lors du brasier ont reçu leur congé, dimanche après-midi. Au moment d’écrire ces lignes, le locataire du logement où s’est déclaré l’incendie était toujours hospitalisé à l’hôpital Sacré-Cœur à Montréal. Les pompiers l’ont retrouvé inconscient au sol.

 

Pour cette seule intervention, l’équipe compte plus de 22 heures de bénévolat et la Croix-Rouge aura dépensé environ 5 200$.


 

La Croix-Rouge vient en aide à la population des régions de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi uniquement grâce aux dons en argent des citoyens qui peuvent être envoyés à la section locale de la Croix-Rouge au 526, rue Casavant, Granby, J2J 2C3. Une collecte est organisée au Marché IGA de Franham les 2 et 3 février, de 9h à 17h.

 

Emmitouflée dans une couverture grise, sa chienne Puffy tremblante dans les bras, Louise, une sinistrée a réussi à prendre quelques effets avant de sortir de son appartement.

 

Le directeur du Service de sécurité incendie de Granby, Pierre Lacombe, vient rencontrer les bénévoles de la Croix-Rouge.

L’appartement où l’incendie s’est déclaré est complètement détruit, tandis que d’autres unités ont été touchées par l’eau et la fumée. Les dommages sont évalués à environ 150 000$.


 

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