Vivre avec un enfant autiste au quotidien

Vivre avec un enfant autiste au quotidien

Johanne Goulet et sa fille Catherine

AUTISME. Porter sans exception des chaussettes en dormant. Écouter un film en boucle et devancer les acteurs. Placer tous ses jouets dans un alignement géométrique parfait. Tel est le quotidien de Catherine, une autiste de 15 ans, presque 16, de St-Armand. Tous les jours, sa maman, Johanne Goulet, jongle avec les surprises que sa jeune adolescente lui réserve.

«Catherine a été un tsunami dans ma vie», dit Johanne Goulet. Elle me montre à tous les jours sa façon de voir la vie et elle est bien plus belle que la nôtre. Elle est bien plus simple. Grâce à elle, j’ai compris ce qu’était de vivre au jour le jour.»

Oui. Lorsque le diagnostic est tombé, la famille de Catherine a dû faire des deuils. Mais le quotidien de la cadette de la famille est rempli de petites victoires. La plus récente? La socialisation avec les chevaux.

«Elle suit des cours d’équitation avec l’école. Quand on a vu qu’elle aimait ça, on lui a acheté des chevaux. On a de la place…on détient une ferme. Depuis, elle est vraiment plus affectueuse et elle va souvent rendre visite à ses animaux», explique Mme Goulet.  

Malgré les défis que représente la maladie de sa fille, Johanne Goulet n’hésite pas à rassurer et à encourager les parents qui apprendraient que leur enfant est autiste en leur disant simplement de ne jamais baisser les bras.

«Elle a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. Elle m’a amené beaucoup d’empathie, de compassion et de compréhension. Une chance qu’elle a une maman qui est curieuse et qui apprend tous les jours en même temps que sa fille.»

Johanne Goulet, maman de Catherine, autiste de 15 ans

Cela dit, Catherine exige qu’il y ait une présence constante de la famille. Pour un moment de répit, Johanne Goulet peut compter sur l’Association de parents de personnes handicapées de Brome-Missisquoi (APPHBM).

La présidente de l’association, Loraine Pichette, également maman d’un jeune autiste, assure qu’un camp de jour pour enfants handicapés prendra forme à Cowansville cet été. Un service jugé essentiel.

Toutefois, Mme Pichette est davantage préoccupée par l’avenir. «Il n’y a pratiquement rien pour les enfants autistes après 21 ans. C’est vraiment notre grande préoccupation. Selon moi, il va avoir des parents qui vont littéralement devoir quitter leur emploi pour rester avec leur enfant.»  

Dans six ans, Catherine aura 21 ans. Johanne Goulet se dit prête à s’occuper d’elle à temps plein, mais avoue qu’elle souhaiterait bien avoir du répit.  

D’autant plus que le dossier de Catherine a été retiré du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle Montérégie-Est (CRDI), il y a trois ans, pour des raisons encore incomprises par sa maman.  

À vos agendas

Autisme Montérégie organise une grande marche le 26 avril prochain. Le rendez-vous est à l’école André-Laurendeau à St-Hubert. Prix de présence, pique-nique, rassemblement et participation du Théâtre de la dame de cœur sont à l’horaire. Pour plus d’information ou pour s’inscrire: www.autismemonteregie.org.

L’aviez-vous remarqué?

Dans le cadre du mois de l’autisme, le Centre hospitalier de Granby et le Centre culturel France-Arbour à Granby sont éclairés en bleu tout le mois d’avril en soutien à cette maladie. La population est invitée à suivre le mouvement.

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