Cinq questions à Manuela Goya, candidate de la Coalition Avenir Québec

À quelques jours de la tenue du scrutin, le Guide s’est entretenu avec les candidats de Brome-Missisquoi des quatre partis ayant fait faire élire au moins un député aux dernières élections provinciales. Ces candidats tentent de succéder à Isabelle Charest de la Coalition Avenir Québec, élue pour la première fois en 2018, mais qui ne sollicitent pas de troisième mandat.

La candidate de la Coalition Avenir Québec, Manuela Goya, tente de conserver Brome-Missisquoi dans le giron de la formation politique en succédant à Isabelle Charest, élue sous la même bannière en 2018 et 2022. Il s’agit de la première expérience en politique pour Mme Goya.

QUESTION : Comment se passe votre campagne jusqu’à présent?

RÉPONSE : J’ai eu la chance de faire précampagne et de résider ici dans la circonscription, à Saint-Armand. Je connaissais pas mal comme citoyenne engagée les enjeux, mais surtout les bons côtés de Brome-Missisquoi. On a un comté très diversifié. Il y a un territoire immense et je vois qu’il se transforme peu à peu en terroir. C’est le virage que nous avons pris pour les produits locaux, les vignerons, les distillateurs, les fromagers. Ça crée de l’appartenance, de l’identité, de la fierté.

Q : Quelles sont les préoccupations des citoyens, des élus et des entrepreneurs que vous avez entendues sur le terrain?

R : J’ai discuté avec la plupart des maires de la région et ils m’ont souligné de bons coups, comme la construction de casernes et de stations d’épuration d’eau, mais aussi les moins bons coups, surtout la lourdeur administrative. Si je suis élue, ce sera très important: de rétablir un rapport plus de partenariat avec les municipalités, tout en gardant une rigueur des investissements. Il faut considérer les maires comme de vrais partenaires.

Christine Fréchette, la cheffe de la Coalition, parle beaucoup de simplification, de cette lourdeur qui s’est installée. Les investissements viennent aussi avec de nouveaux programmes et de la lourdeur. Je suis très contente, ayant parlé avec les maires, les entreprises et les citoyens, qu’on discute du fait que cette lourdeur doit être allégée. En fin de compte, tout doit être dirigé vers les citoyens, pour leur bien.

Q : Brome-Missisquoi est une circonscription frontalière et a donc une relation particulière avec ses voisins du sud. Quelle est votre vision de la situation?

R : C’est une drôle de situation qui est complètement inédite. Sans savoir ce qui s’en venait, c’est un peu ce qui m’a fait sauter dans l’arène et faire de la politique active. On vit des moments charnières en termes d’économie au Québec et dans Brome-Missisquoi. Un référendum dans ces conditions-là pour moi est impossible à penser, surtout considérant les sondages où on voit clairement que les Québécois n’en veulent pas.

Pour l’économie, les gens me parlent beaucoup de la pression en lien avec la hausse du coût de la vie. Avec tout ce qui se passe dans les derniers jours, tout ça s’accélère. Il faut de la vigilance. J’aime beaucoup ce que Mme Fréchette a annoncé pour rassurer les entreprises. Il faut avoir un plan multifactoriel.

Q : Quelle serait votre principale priorité pour les citoyens de la région?

R : C’est difficile d’en cibler seulement une. Je pense que je choisirais les services de santé de proximité. On a une population vieillissante. La médiane est à 49 ans. Il faut protéger les aînés et notre monde. Ça compte les gens en situation de handicap, ceux qui ont plus de besoins que vous et moi. On peut créer un changement pour le mieux pour garder le plus possible les aînés en sécurité dans leurs maisons. On a la chance d’avoir ici des services de santé presque personnalisés. Nos CLSC redeviendront, comme Mme Fréchette l’a annoncé, des portes d’entrée.

Le coût de la vie me heurte beaucoup, pour tout le monde. Il y a des banques alimentaires, les besoins qui augmentent dans les centres d’action bénévole. C’est ça qui m’empêche de dormir la nuit.

Q : La MRC de Brome-Missisquoi a demandé que le gouvernement tienne un BAPE dans le cadre du projet du poste de Brome et de sa ligne d’alimentation. Quelle est votre opinion à ce sujet?

R : C’était le premier sujet dont on m’a parlé quand j’ai annoncé ma candidature. Dans ma tournée avec les maires, ça revenait tout le temps, même avec ceux qui ne sont pas concernés sur leur territoire.

Personne ne réfute le fait que l’on manque d’électricité ici, qu’il y ait souvent des pannes et qu’avec la population qui augmente on a besoin de cette énergie-là. C’est crève-cœur de ne pas arriver à une voie de passage et qu’Hydro-Québec tienne en compte ce que les citoyens disent. J’ai demandé aux maires et à Hydro-Québec la plus grande transparence. Je sais que ça a été possible de faire quelques changements. C’est difficile de demander des dérogations en lien avec la tenue d’un BAPE, il y a des critères à respecter. Je m’engage à suivre toute la situation.