Cinq questions à Patrick Melchior, candidat du Parti québécois
À quelques jours de la tenue du scrutin, le Guide s’est entretenu avec les candidats de Brome-Missisquoi des quatre partis ayant fait faire élire au moins un député aux dernières élections provinciales. Ces candidats tentent de succéder à Isabelle Charest de la Coalition Avenir Québec, élue pour la première fois en 2018, mais qui ne sollicitent pas de troisième mandat.
Le candidat du Parti québécois, Patrick Melchior, en est à sa sixième campagne électorale, en comptant celles au municipal, au provincial et au fédéral. Avant d’être élu maire de Farnham en 2017, M. Melchior s’était présenté en 2012 au provincial sous la bannière d’Option nationale puis en 2015 au fédéral avec le Bloc québécois. Il a aussi occupé le poste de préfet de la MRC de Brome-Missisquoi pendant six ans.
QUESTION : Comment se déroule votre campagne jusqu’ici ?
RÉPONSE : Ça se passe très bien. Il y a deux choses que je dénote. J’éprouve énormément de plaisir à faire cette campagne et mon plaisir est en adéquation avec mon expérience des campagnes antérieures. Je sais ce que c’est maintenant, dans le porte-à-porte, j’ai beaucoup plus d’aisance avec les gens. Surtout dans le triangle Bedford-Cowansville-Farnham, les gens me reconnaissent beaucoup et ça me fait plaisir.
Q : Quelles sont les préoccupations des gens que vous avez croisés sur le terrain depuis le lancement de la campagne ?
R : Une des grosses préoccupations des citoyens, c’est la santé. Dans Brome-Missisquoi, c’est très disparate, dans le sens que le territoire est immense et qu’il y a plusieurs réalités différentes. Beaucoup de personnes âgées s’inquiètent pour les soins à domicile. C’est pour ça qu’il faut ramener quelqu’un qui prendra des décisions au sein des réseaux locaux de service, comme un directeur d’établissement à l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins.
Beaucoup d’agriculteurs du pôle de Bedford ont de grandes inquiétudes à ce qu’on finisse à tout transférer en Estrie. Ensuite, les PME, avec ce qui se passe au sud, sont inquiètes également. Il faut les aider et favoriser l’économie circulaire et la symbiose industrielle.
Q : Concernant la relation américaine tendue en lien avec les tarifs, quelles sont vos solutions pour les entreprises de la région ?
R : Il faut se défaire de la dépendance avec ce qui est au sud et créer de nouvelles alliances avec l’Europe et, oui, avec les autres provinces canadiennes. Les débats me faisaient rire en entendant les autres partis dire que le Parti québécois veut un référendum et rien savoir de faire des choses avec le Canada. Ça ne veut rien dire. Ce n’est pas parce que je n’habite pas dans la même maison que mon voisin qu’on ne peut pas être l’un solidaire de l’autre et s’aider mutuellement.
La première porte d’entrée pour l’entreprise, souvent, c’est le CLD. Les gouvernements actuels ont parlé de prêt. Je pense que ça peut être une solution, mais je pense surtout qu’il faut aider les entreprises à se défaire d’une dépendance états-unienne. On a espoir que ce ne sera pas éternel. Il y a des élections de mi-mandat. Il faut rester à l’affût. Comme député, je devrai travailler de pair avec les MRC, pour l’aménagement du territoire et l’économie locale en décentralisant.
Q : Si vous aviez une seule priorité à dégager pour Brome-Missisquoi, quelle serait-elle ?
R : Il y en a une qui rejoint tout, c’est de garder actif et bonifier l’autonomie des six pôles de service. Par exemple, si on donne de l’autonomie au point de vue de la santé au pôle de Bromont, ça va lui donner de la force. Même chose pour l’économie, avec la zone d’innovation, c’est sa réalité. On doit respecter le pôle de Bedford, entre autres, pour ce qui est de l’agriculture.
Quand je parle de suprarégion, c’est de travailler avec les réalités de chaque tringle et ensuite de faire un point commun. Ça couvre la santé, l’économie, le logement, la desserte policière. Chaque tringle a ses besoins. C’est pareil pour les infrastructures municipales. Il faut y aller avec les spécificités de chacun. Tous les éléments transversaux que l’on connaît, les réalités, les problématiques, travaillons-les par pôle.
La particularité de Brome-Missisquoi, c’est qu’on ne peut pas agir comme dans une circonscription où il y a une mégaville centre avec quelques villages autour. Ça passe par la collaboration avec les élus, les organismes communautaires et les entreprises, c’-est-à-dire les forces en place.
Q : Pour ce qui est du projet de Brome d’-Hydro-Québec, quelle est votre position ? Appuyez-vous la demande de la MRC de tenir un BAPE ?
R : Présentement, la réalité, c’est qu’il y a deux scénarios potentiels, soit le tracé C et le tracé D. Le D ne plaît pas à Cowansville et Lac-Brome. Cependant, Sutton et Dunham le veulent. Il y a une dissension. Comme député, je ne pourrais pas appuyer l’un plus que l’autre. Je comprends très bien les enjeux du paysage, je crois à l’acceptabilité sociale. Je pense aussi qu’on a besoin d’une réflexion au point de vue électrique.
Si un agent neutre vient définir les réels besoins en adéquation avec l’économie, la nature et tout, s’il s’agit du BAPE, bien sûr que nous devons aller de l’avant. On ne peut pas accepter le projet dans sa forme actuelle, il y a trop de divisions dans la MRC.
