Courir 200 km pour honorer son père
SPORT. Pour l’année de ses 60 ans, Éric Therrien, un résident de Bromont, a entrepris un défi audacieux les 25 et 26 juillet derniers : parcourir plus de 200 km à la course. La raison, rendre hommage à son père Adrien, décédé d’un cancer du poumon au même âge.
Très proche de son père, qu’il lui a selon lui transmis son «énergie sans fond», Éric Therrien a commencé à réfléchir à son projet d’honorer la mémoire de son paternel l’an passé. C’est finalement après quelque temps de réflexions que celui-ci a eu l’idée finale, parcourir à la course la distance entre sa maison d’enfance à Boucherville et le chalet familial à La Minerve, tous deux construits par Adrien lui-même. «Je trouvais ça symbolique de relier deux endroits qui sont issus eux-mêmes de mon père et qui ont joué un rôle important dans ma vie.» Pour ce qui est des dates choisies pour effectuer la course, celles-ci prennent également une signification particulière, précise M. Therrien. «En fait, la date du 25 juillet 2026 correspondait exactement à celle où j’ai vécu le même nombre de jours que mon père et le 26 juillet, celle où la vie m’a offert une journée de plus !»
Une épreuve difficile
Pour réaliser ce défi, Éric Therrien s’est beaucoup entraîné dans les mois précédents l’évènement. Grand sportif, celui-ci a dû toutefois interrompre pendant un certain son entraînement. «Je me suis blessé à l’ischiojambier lorsque j’ai fait le marathon de Madrid en avril. Ça m’a énormément ralenti et j’ai dû arrêter tout entraînement lors du mois de mai. J’ai ensuite pu reprendre avec un demi-Ironman en juin et la reconnaissance des 50 premiers et des 30 derniers kilomètres, mais il reste que je n’ai pas accumulé assez de kilométrage.»
Lors de la journée fatidique, Éric Therrien a débuté son périple entre Boucherville et La Minerve à 7 h du matin, avec pour objectif de rallier La Minerve le lendemain vers 12 h. Courant sous une chaleur étouffante, celui-ci a toutefois pu compter sur le soutien de plusieurs personnes venu l’encourager. «Lors de la course, les gens avaient la possibilité de me suivre en direct sur le net. De plus, j’ai toujours eu avec moi des personnes qui venaient m’encourager et courir une partie du trajet. L’évènement a donc rejoint beaucoup de personnes et j’en suis très fier.»
Ne faisant que peu de pauses durant l’entièreté du trajet, M. Therrien a finalement pris la décision d’arrêter son effort après 170 kilomètres, une décision qu’il ne regrette pas du tout. «J’étais arrivé à un point où je n’arrivais plus à avoir du plaisir à courir. De plus, je commençais sérieusement à souffrir de fatigue musculaire et ça ne servait pas à grand-chose de continuer à part pour satisfaire mon égo. J’ai donc pris la décision réfléchie d’arrêter et tout le monde qui me suivais m’on dit qu’il s’agissait de la bonne décision.»
Une levée de fonds
En plus d’honorer la mémoire de son père, Éric Therrien a aussi entrepris cette épreuve avec le but d’en faire profiter les gens. Celui-ci a donc pris contact avec l’organisme Ékip Jeunesse, une association qui aide les jeunes de 14 à 29 ans sortant de la DPJ à rebâtir leur vie. Établissant un objectif de 21 995 $, soit le nombre de jours qu’a vécu son père, Éric Therrien a pour l’instant récolté une somme de plus de 14 000 $. «Je trouve qu’il est très important de soutenir la jeunesse et c’est pourquoi j’ai pris contact avec Ékip Jeunesse. Pour l’instant, on a récolté plus de 14 000 $ et il n’y a pas vraiment de date limite pour donner. J’espère juste qu’on atteindra l’objectif final.»
Ceux qui souhaitent faire un don peuvent le faire directement sur le site de l’évènement, 200 Km – Poumon père ou encore sur le site d’Ékip Jeunesse dans la section Évènements.
