Des murs légaux au skatepark de Sutton

JEUNESSE. La Ville de Sutton et la Maison des jeunes Le Spot ont procédé à l’inauguration de murs légaux permettant le graffiti au skatepark du parc Goyette-Hill de Sutton jeudi dernier. L’idée avait été lancée il y a un an et demi par des jeunes de la MDJ et la Ville, qui avait connu des épisodes de vandalisme par le passé, a embarqué dans le projet.

«Le graffiti, c’est de la colère, ça répond à un besoin d’être vu, a déclaré la directrice de la Maison des jeunes, Lhenia Gagnon-Fleury. C’est important de leur laisser un espace pour qu’ils sachent qu’ils existent et laisser une trace dans le temps. Quand tu es adolescent, tu prends conscience que le temps n’est pas pour toujours.»

Le maire de Sutton, Robert Benoît, a profité de l’occasion pour souligner le travail d’équipe, de la Maison des jeunes et des différents services municipaux, qui a mené à la réalisation de ce projet.

«Ces gens-là ont eu une vision afin de trouver quelle était la meilleure manière de prévenir le vandalisme. On en a eu beaucoup au cours des dernières années. Même s’il en demeure des traces malheureusement, c’est vraiment minime par rapport à la situation d’il y a deux ou trois ans.»

Les jeunes rencontrés sur place lors de l’inauguration semblaient bien heureux de pouvoir s’exprimer via cette forme d’art.

«Habituellement, on n’a pas le droit de faire de graffiti, mais présentement tout le monde peut se lâcher lousse!», a commenté le président du comité de jeunes, Elie Barsalou.

«C’est cool! a ajouté Thomas Cody, un jeune très impliqué au sein des activités de la MDJ. Il y en a qui faisait des graffitis de toute façon, mais maintenant qu’ils ont le droit, ils vont seulement le faire aux endroits autorisés.»

MAISON DES JEUNES

La Maison des jeunes peut compter sur 208 jeunes, une proportion impressionnante sur la population de Sutton.

«On a un impact direct dans leur vie, les animateurs à la Maison et moi-même, a affirmé Mme Gagnon-Fleury. C’est important que les adultes le comprennent. On laisse une marque. C’est un endroit créé pour et par les jeunes. C’est un peu hors des normes, des règles et des obligations. Ils sont libres d’être eux-mêmes.»

«C’est aussi nous qu’ils viennent voir lorsque ça va moins bien, lorsqu’ils ont des problèmes ou lorsqu’ils ont besoin de parler de sujets tabous, a-t-elle ajouté. Ça prend un village pour élever un enfant.»