Des solutions innovantes en habitation envisagées à Sutton

LOGEMENT. Confrontée à une hausse marquée des prix de vente des maisons et d’un manque de logements, la communauté de Sutton tente de trouver des solutions innovantes pour pallier le problème.

Parmi les options différentes, notons le projet de Territoires solidaires sur la rue Western, où les habitations seraient gérées par une fiducie foncière communautaire à l’image de ce qui se fait, entre autres, au Vermont.

«Il faut absolument augmenter l’offre de logement», affirme le maire de Sutton, Robert Benoît.

L’enjeu d’abordabilité est particulièrement frappant à Sutton, alors que la valeur moyenne des propriétés résidentielles est en hausse continue.

«Au dernier rôle, on est rendus à plus de 670 000$ pour la maison moyenne, souligne M. Benoît. L’augmentation a été de plus de 40% en trois ans. Les trois autres années avant, ça tournait autour de 30%. En combinant les deux, on parle d’une hausse considérable.»

VILLA CHÂTEAUNEUF

Le dossier de la Villa Châteauneuf a connu un tournant dans les derniers mois alors que la maire a reçu une mise en demeure le sommant de ne plus parler de l’organisme.

«On a répondu à la mise en demeure, indique-t-il. Il n’y pas eu de développements dans ce dossier-là depuis.»

Dans sa réponse, la Ville soutient que « la demande de cesser toute communication est incompatible avec la liberté d’expression garantie par les chartes des droits et libertés ».

«La Villa Châteauneuf est libre, rappelle le maire. Il n’y a personne dedans. Je pense que c’est une occasion pour la municipalité. On verra ce qui va se décider en cour. L’église catholique est en cour avec la Villa Châteauneuf, on est observateurs.»

D’ailleurs, le bâtiment de la Villa Châteauneuf compte sur environ une cinquantaine de chambres, ce qui pourrait aider la situation du logement dans la ville.

«Du logement, on en a besoin à Sutton, martèle M. Benoît. Il y a à peu près une cinquantaine de chambres là-bas. On a besoin de logement pour les gens qui travaillent ici et n’ont pas de gros salaires.»

L’EAU À LA MONTAGNE

Une autre problématique dans le cas particulier de Sutton est l’approvisionnement en eau dans le secteur de la Montagne.

Une étude rendue publique il y a quelques années démontrait que la situation était précaire dans le secteur, qui compte sur des infrastructures indépendantes de celles du village. Pour pouvoir remédier à la situation, le maillage des deux secteurs est étudié.

«On sait déjà comment ça va coûter, maintenant, il faut trouver du financement, explique le maire Benoît. On travaille avec tous les niveaux de gouvernement, le fédéral et le provincial, et Mont Sutton pour trouver des subventions. Notre budget annuel à la Ville est de 16,8 M$ et le projet pour l’eau est de plus de 20 M$.»

«Qui va payer? se questionne le maire. Normalement, ce sont les résidents du secteur qui en profiterait, mais ceux qui habitent en montagne en ce moment ont déjà de l’eau. Il faut aller chercher de l’argent, mais il va falloir que les promoteurs qui veulent développer les projets contribuent.»

VIEUX-VERGER

Le projet immobilier du Vieux-Verger fait aussi jaser. Le projet compte sur environ 80 logements, dont une partie serait des logements abordables.

Des citoyens ont toutefois montré leur opposition au projet. Ils notent comme obstacles majeurs les milieux humides du secteur, des pentes ou dénivelés importants ainsi que des ruisseaux dans le secteur.

Jean Paquette, un résident de Sutton, a transmis une lettre à la Ville, dont le journal a obtenu copie.

«Le projet présenté par les autorités de la Ville lors de quelques séances publiques ne répond pas à nos besoins, écrit-il. La Ville nous a présenté, depuis le début des discussions sur ce projet, que ça visait à procurer des logements ou des habitations à prix abordables ou à prix accessibles. Or, il semble évident que ce n’est plus le cas, car le projet total de plus de 85 unités ne fait mention ou ne sous-entend que la présence d’une ou deux unités abordables.»