Déversement d’eaux usées: les villes et les municipalités de la région font des progrès

ENVIRONNEMENT. Décrié par des élus, vanté par des environnementalistes, le palmarès des déversements d’eaux usées produit par la Fondation Rivières ne laisse personne indifférent. L’édition 2024 de l’étude suit la même logique. Or, dans les régions de La Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi, un constat ressort : la plupart des villes et des municipalités autrefois pointées du doigt ont réduit leurs épisodes d’écoulement d’eau, d’après la synthèse de l’analyse.

Pour son bilan 2024 publié dernièrement, la Fondation Rivières a passé au peigne les données de 726 municipalités comptant plus de 2000 habitants. De ce groupe, 415 localités ont enregistré près de 45 000 épisodes de déversements d’eaux usées dans les lacs et les rivières, l’an dernier. Une baisse d’environ 6000 incidents en comparaison aux chiffres de 2023 qui se justifierait par un été particulièrement sec, laisse entendre la Fondation.

En Haute-Yamaska, la Ville de Granby a connu 233 événements relativement à des rejets d’eaux usées dans la nature (279 en 2023). La ville-centre se classe au 72e rang du classement de la Fondation avec un indice d’intensité par habitant de 4.

Pour en arriver à ce calcul, les auteurs du palmarès rapportent les événements sur une période de 1440 minutes (24 heures) et comptabilisent le « volume d’eaux usées pouvant théoriquement transiter dans un ouvrage de surverses pendant la durée d’un événement sans provoquer de débordement. » Ces données sont ensuite mises en contexte en tenant compte de la taille d’une municipalité (NDLR : un déversement d’eaux usées est beaucoup plus important à Laval qu’à La Pocatière) puis divisées par le nombre d’habitants.

Au 45e rang figure la Ville de Waterloo avec 28 incidents en 2024 (169 en 2024) et un indice d’intensité par habitant de 7,3. Suivent les municipalités de Roxton Pond (218e) et de Saint-Alphonse-de-Granby (226e) avec respectivement deux (zéro en 2023) et 13  déversements (huit en 2023) recensés et des indices de 0,18 et 0,14.

Bonnes et moins bonnes performances

Treizième au Québec avec un indice d’intensité de 17,1, Farnham fait tout de même des progrès au chapitre de la réduction des rejets d’eaux usées passant de 179 à 108 épisodes entre 2023 et 2024.

Puis au 26e rang, on retrouve Cowansville avec 97 événements (222 en 2024) et un indice de 11.

Brigham, avec 100 événements et un indice de 8,7, arrive quant à elle au 34e échelon du classement de la Fondation Rivières. Une nette amélioration pour la localité qui avait enregistré 222 incidents en 2023. Du côté de Lac-Brome (273e), les données ne sont pas très significatives avec deux épisodes dans la dernière année contre zéro au cours des douze mois de 2023.

Par ailleurs, selon l’étude, Bromont présente un indice d’intensité 0,92 par habitant ; ce qui lui vaut le 153e rang à l’échelle provinciale (30 incidents en 2024 contre zéro en 2023).

« Plusieurs municipalités se sont mises en action, mais le rythme de correction est encore très lent. Hormis le manque de financement, y a-t-il un manque de connaissances ou de volonté politique ? L’accompagnement offert aux municipalités est-il suffisant et adapté aux besoins ? », se demande André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières.