EzyWasher: le succès d’un projet fait «on the side»

AFFAIRES. Cinq ans de développement pour ensuite transformer sa maison…en véritable entrepôt, telle est la nouvelle réalité du fondateur du EzyWasher, Pierre Pelletier, depuis son passage réussi à l’émission Dans l’œil du dragon. « Chez nous, je n’ai plus de maison, de salon, de cuisine et de salle à manger. […] Je travaille sur des coins de table! »

Il a fallu plusieurs prototypes au Bromontois d’adoption avant d’en arriver au produit actuel. Les premières versions étant fabriquées à partir de… bouteilles de shampoing et de Gatorade et comprenaient un petit réservoir à savon. Le concept s’est toutefois révélé trop complexe et dispendieux à produire, avec un coût de fabrication de plusieurs milliers de dollars. La simplicité s’est finalement imposée.

Le modèle actuel, fait en plastique et plus abordable financièrement à préparer, a été mis au point il y a près de deux ans. L’EzyWasher sous cette forme est ensuite arrivé sur le marché il y a un an et demi.

Pour les personnes moins familières avec ce dispositif, il s’agit en fait d’une petite buse qui se fixe sur le côté ou le rebord d’un bac à ordures, de recyclage ou de compost. Celle-ci sert à nettoyer l’intérieur sans avoir à ouvrir le couvercle ni à s’éclabousser. Un boyau d’arrosage standard doit être branché à l’arrière du bac.

Contexte inusité

L’idée du produit lui est venue lorsque l’un de ses voisins lavait un bac et souffrait d’un mal de dos.

« C’était un vieux monsieur. Il les lavait tous [ses bacs]. Malheureusement, il finissait tout mouillé, plein de vers sur lui. J’étais pompier à Longueuil, je me suis dit qu’il fallait que j’invente quelque chose qui rendrait ça beaucoup plus facile. Il m’arrivait la même chose qu’à mon voisin. […] On avait même des ours qui venaient nous voir », a expliqué Pierre Pelletier.

Avec les nombreux dessins industriels réalisés, on pourrait croire qu’il a tout lâché pour se consacrer à son dispositif. Or, ce n’est pas le cas. Tout a été développé « on the side », y compris les démarches liées à l’obtention d’un brevet. Il travaille encore comme pompier à Longueuil à ce jour.

Craintes soulevées

Pelletier précise que « l’entièreté » de son gadget est brevetée. Le dragon Georges Karam avait toutefois soulevé des inquiétudes sur le brevet, évoquant que plusieurs entrepreneurs « pouvaient arriver avec un léger aspect différent », rendant ainsi le certificat « inutile ».

« Je suis totalement d’accord avec Georges. C’est vrai que, dans les débuts, je me suis souvent fait dire que j’allais me le faire voler [le brevet]. Cependant, des entreprises telles que Walmart et Canadian Tire n’ont pas le droit d’acheter des contrefaits. En d’autres mots, on a une exclusivité chez certains détaillants. […] Naturellement, c’est toujours bon la compétition. S’il y en a un qui vient [un compétiteur] et qui me copie, je ne serai jamais fâché contre ça. Après tout, le but, c’est de conserver des bacs propres. Je ne veux pas être provocateur avec mon brevet », a affirmé l’ex-enseignant en sécurité incendie aux États-Unis, soulignant que l’EzyWasher est notamment présent dans 56 succursales de Canadian Tire à travers le Canada.

Moment inédit

Rappelons que le dragon qui a été séduit par le produit est le président-fondateur des boissons à succès Pur Vodka et romeo’s gin, Nicolas Duvernois. Ce dernier a tellement aimé le dispositif… qu’il a déposé une offre avant même la fin de la présentation de M. Pelletier. Un nouveau record dans l’émission.

« On a demandé à la production si on continuait l’épisode. On nous a dit que oui et puis qu’un petit bout allait être coupé pour bien poursuivre [rires]. J’étais déstabilisé! Ça me semblait surréel d’avoir une offre rapide », a fait savoir l’auteur de quatre livres utilisés dans les formations à l’École nationale des pompiers du Québec.

Chose certaine, sa relation avec Nicolas Duvernois est « très forte ». « Nous lui avons parlé régulièrement depuis ce temps-là. Il a un

intérêt vraiment sérieux. Son horaire est chargé cette année, mais on va se rencontrer au cours de la prochaine année. […] Pour l’instant, il n’a pas les 10 % de la compagnie [une participation évaluée à 50 000 $ au moment de l’émission]. Rien n’est signé encore, mais nous pouvons confirmer que ça se fera bientôt [le deal] », ont déclaré Pierre Pelletier et sa conjointe, Nathalie Potvin, directrice adjointe au Golf du Château Bromont.

Un engouement… et pas à peu près

Les retombées de son passage à l’émission se sont fait sentir dès le lendemain de l’épisode du 3 juin. À deux heures du matin, l’EzyWasher était déjà en rupture de stock.

Cette journée du 4 juin était loin d’être terminée. Le pompier aux 40 ans d’expérience a parcouru plusieurs villes, dont Pincourt et Gatineau, pour conclure des ententes de distribution avec une trentaine de succursales Canadian Tire à travers la province. Une fois de plus, la journée s’est étirée jusqu’à deux heures du matin.

À long terme, une deuxième version de l’EzyWasher, capable d’effectuer une rotation de 360 degrés, est prévue. La PME souhaite conclure des ententes avec des détaillants aux États-Unis, au Mexique et en Europe afin d’y commercialiser son produit. L’intérêt se manifeste déjà aux États-Unis et en France.