Jean Bourgeois quittera ses fonctions cette année

POLICE. Le directeur du Service de police de Bromont, Jean Bourgeois, a annoncé lundi qu’il quittera son poste au courant de l’année, après 33 comme policier à Bromont, dont les 20 dernières comme directeur.

« J’ai pris cette décision au terme d’une longue réflexion, a déclaré M. Bourgeois. J’ai passé de très belles années à côtoyer tant les citoyens que les employés et les directeurs des différents services. »

Le directeur a indiqué que le déclic s’est fait lorsqu’il a accompagné la conseillère municipale Claire Mailhot, qui a perdu son conjoint Pierre Dunnigan dans un accident tragique en mars 2021.

« Je me rappelle encore le premier appel qu’elle m’a fait vers 20 h ce soir-là alors que j’étais confortablement installé dans mon salon, a-t-il relaté. Elle s’inquiétait que son conjoint ne soit pas encore entré à la maison après une journée de ski parachute sur le lac Champlain. »

Quelques jours après sa disparition, son corps a été retrouvé sur les berges du lac, au Vermont.

« Ce qui m’a le plus frappé de cet événement était de me dire que si je ne profite pas de la vie à son maximum dès maintenant, qui sait ce qui pourrait arriver ? s’est questionné M. Bourgeois. Pierre n’avait que 62 ans, il était en pleine santé. Claire me disait que, pour Pierre, faire ce qu’on aime a toujours été son moteur de vie. »

M. Bourgeois a également rappelé le décès du policier de Bromont Vincent Roy, il y a de cela 11 ans.

« On n’a qu’à penser aux nombreux appels de décès de toute circonstance que nous sommes appelés à couvrir dans notre métier et, dans mon cas plus particulièrement, celui de notre ami Vincent Roy, en décembre 2011. Et que dire du récent décès de la policière de la Sûreté du Québec, ça me ramène parfois très loin. »

Le directeur du Service de police, âgé de 54 ans, compte « relever de nouveaux défis » et prendre soin de lui.

« Le métier de policier ne rend pas toujours facile une vie familiale que l’on souhaiterait parfois ordinaire, un emploi travaillé sur différents quarts de travail, jour, soir, nuit, fins de semaine, Noël. On répond rarement à des appels pour nous dire que tout va bien. C’est malheureusement pratiquement toujours le contraire. »

« Je ne resterai pas les deux pieds sur le pouf ! a-t-il toutefois assuré. J’ai une conjointe qui connaît mon côté hyperactif, je pense que ce ne serait pas bon ni pour sa santé à elle ni pour la mienne ! »

Questionné à savoir ce qui le rend le plus fier de son parcours de policier, M. Bourgeois affirme qu’il s’agit du maintien du corps de police municipal à Bromont.

« On veut une police de proximité, une police communautaire, a-t-il soutenu. C’est ce que Bromont fait. C’est ce que Bromont fait depuis sa création. Je pense que c’est une excellente décision d’avoir conservé son service. Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir perpétué cet engagement-là envers notre population en assurant une sécurité au maximum. »

« Je n’ai eu qu’un seul objectif en tête pendant toutes ces années : la sécurité de nos citoyens, a-t-il également indiqué. Il est important pour moi de souligner que je n’ai jamais été seul dans cette mission. Sans le dévouement quotidien des policiers et policières et du personnel civil, les résultats auraient été différents. »

PARCOURS

Jean Bourgeois est entré comme policier à la Ville de Bromont en mai 1990.

Il a gravi les échelons jusqu’à accéder au poste directeur du Service il y a 20 ans, devenant à ce moment le plus jeune directeur d’un service de police dans la province.

Il terminera sa carrière comme étant le directeur ayant le plus d’ancienneté dans cette même fonction.

« Je quitte mon poste avec le sentiment du devoir accompli, a-t-il affirmé. Sans fausse modestie, je crois que nous avons livré la marchandise au cours de ces 20 dernières années, que ce soit avec les excellents bilans de la criminalité ou toutes les fois que j’entends que quand on arrive à Bromont, il faut suivre les limites ! »

REMPLACEMENT

La Ville de Bromont mettra en place un processus pour remplacer M. Bourgeois, en recevant autant des candidatures externes que de possibles candidatures à l’interne.

Le plan de match est que M. Bourgeois demeure en poste pendant quelque temps pour assurer la transition.

« C’est important pour moi, autant pour les gens en place que pour la nouvelle personne à la direction, d’offrir un certain accompagnement pour ne pas laisser l’organisation dans une zone grise », a-t-il déclaré.

REMERCIEMENTS

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, a profité de l’annonce du départ de M. Bourgeois pour le remercier.

« Il y a des gens d’exception qui passent à la Ville de Bromont et tu en es un, lui a-t-il dit. Il y a [l’ancien directeur général] Éric Sévigny qui est parti il y a quelque temps, il m’a presque donné envie de brailler, toi, c’est pareil. On a du monde de coeur à Bromont, quand ils partent, ça fait de la peine. Je suis content que tu prennes soin de toi. Je te souhaite le meilleur pour l’avenir. »

« Je veux te remercier, au nom de l’organisation, pour toutes ces années de dévouement et aussi pour les valeurs humaines qui se transposaient, avec tes collègues, tes employés et tous les gens que tu côtoies », a ajouté de son côté la directrice générale adjointe de la Ville, Christine Chartier.