La maladie de Lyme continue sa progression

SANTÉ. Les cas recensés de la maladie de Lyme ont plus que doublé en Estrie en 2021 par rapport à 2020, a révélé la Santé publique de l’Estrie. Encore une fois, ce sont les RLS de la Pommeraie et de la Haute-Yamaska qui comptent les plus hauts taux d’incidence de la région, avec près de 90 % de toutes les infections estriennes.

 Ces deux régions ont totalisé 344 des 387 cas recensés en Estrie, une hausse significative comparativement aux données de 2020, soit 157 cas au total en Estrie. Dans la province, ce sont 709 cas qui ont été répertoriés.

Dans le cas de la Pommeraie, qui regroupe l’essentiel de la MRC de Brome-Missisquoi, le taux d’incidence de la maladie en 2021 s’élevait à 357,3 pour 100 000 habitants. Pour la Haute-Yamaska, il se chiffre à 101,3 par 100 000 habitants. À titre comparatif, le taux provincial est de 4,0 par 100 000 habitants.

 » La Pommeraie et la Haute-Yamaska se démarquent avec des taux d’incidence qui sont extrêmement élevés et qui rejoignent les taux qu’on retrouve dans le nord-est des États-Unis, a déclaré la médecin-conseil à la Direction de la santé publique de l’Estrie, la Dre Geneviève Baron. Ces deux régions de l’Estrie comptent pour 50 % des cas québécois. « 

L’année 2020 avait toutefois vu une baisse du nombre de cas déclarés de la maladie de Lyme comparativement à l’année précédente. Un peu plus de 200 cas avaient été recensés en Estrie en 2019.

La Santé publique indique qu’il est possible que les cas de 2020 aient été sous-estimés en raison des impacts sur le système de santé et sur les habitudes de consultation de la population pendant la première année de la pandémie.

C’est Bromont qui est le lieu d’acquisition le plus probable de la région. Approximativement 20,7 % de tous les cas de l’Estrie, et près de 11,3 % des cas provinciaux, sont associés à la ville de Bromont.

Elle est suivie par Granby (12,9 % des cas estriens), Cowansville (8,5 %), Lac-Brome (8,3 %), Sutton (7,8 %), Shefford (7 %), Brigham (3,9 %), Dunham (3,6 %) et Frelighsburg (2,8 %), toutes des municipalités de Brome-Missisquoi ou de la Haute-Yamaska.

PRÉVENTION

La Dre Baron a profité du bilan de la Santé publique sur les maladies transmises par les tiques pour rappeler les principaux moyens de prévention pour éviter une contamination.

 » On recommande de mettre du chasse-moustiques, soit avec du DEET ou de l’icaridine, mettre des vêtements longs qui couvrent entièrement le corps, s’il ne fait pas trop chaud, limiter la marche dans des sentiers dégagés, éviter les hautes herbes ou de frôler la végétation, a-t-elle énuméré. Lorsqu’on revient d’une activité extérieure, on suggère de prendre une douche pour pouvoir s’examiner et de retirer les tiques rapidement, si on en a sur soi. « 

Elle rappelle également la possibilité d’aller se procurer un médicament pour prévenir la maladie de Lyme chez son médecin ou son pharmacien. Elle suggère d’appeler le 811 pour connaître son admissibilité.

La maladie de Lyme cause plusieurs symptômes, comme de la rougeur localisée au site de la piqûre qui peut atteindre jusqu’à 5 cm, de la fièvre, des frissons ou encore des douleurs musculaires et articulaires.

La Santé publique recommande aussi de surveiller les animaux de compagnie après qu’ils aient été dans la nature. Des traitements animaux pour la maladie de Lyme existent.

La Dre Baron a par ailleurs rappelé quelques trucs pour contrôler la présence de tiques à la maison en évitant les litières de feuille, en tondant la pelouse régulièrement, en enlevant les mauvaises herbes, en aménageant des sentiers dégagés dans les régions boisées ainsi qu’en installant les espaces de patio et les aires de jeu des enfants dans des endroits ensoleillés.

ANAPLASMOSE

Un premier agrégat de 35 cas confirmés ou probables d’anaplasmose, une maladie qui comporte des symptômes similaires à ceux de la maladie de Lyme, a également été répertorié en 2021 dans la région.

À l’instar de la maladie de Lyme, l’anaplasmose se transmet aussi par la piqûre des tiques. Une des seules différences symptomatiques entre les deux maladies est l’absence de la rougeur typique de la maladie de Lyme.

 » Chez la plupart des gens, les symptômes sont bénins, mais les personnes âgées ou les personnes immunosupprimées peuvent développer des maladies plus graves qui peuvent mener à des hospitalisations « , a indiqué la Dre Baron.

La moitié des infections d’anaplasmose ont été recensées chez des résidents de Bromont.