Le boisé McClure demeurera un milieu naturel
ENVIRONNEMENT. Après la possibilité que s’y installe un développement résidentiel, le boisé McClure est finalement protégé. La Ville de Cowansville a officialisé son acquisition permettant la protection du terrain d’une superficie supérieure à 85 000 m2, situé entre les rues Lauder, Jean-Paul-Lemieux et Church et bordé du chemin de fer.
Acquis au coût de 2 M$ auprès du propriétaire, l’entreprise Domaines de Cowansville, la protection du terrain sera pérennisée pour conserver ces milieux naturels et pour l’utilisation du bois à des fins récréatives.
«C’est un moment très attendu», a déclaré la mairesse Sylvie Beauregard, en référence à l’implication citoyenne du Comité vert et du Comité du boisé pour sa conservation.
Le Comité vert, par l’entremise de l’un de ses membres, Pascal Gaudette, s’est fortement réjoui de l’acquisition du terrain.
Il a également proposé à la Ville la possibilité que le comité ou un autre organisme puisse s’occuper de l’entretien et de la surveillance du boisé.
La mairesse a d’ailleurs indiqué que la Ville était intéressée par cette proposition.
«Quand on a débuté les discussions par rapport à l’acquisition du boisé, c’était sur la table, a-t-elle rappelé. On voulait rencontrer le comité vert et regarder de quelle façon on pourrait s’assurer d’une certaine surveillance et également des propositions d’aménagement.»
«Nous sommes satisfaits de la conclusion du processus de négociation, a de son côté commenté le directeur du Service de l’aménagement urbain et de l’environnement, Marc-Antoine Dunlavey. Cette acquisition cadre en tout point avec la Politique environnementale de la Ville 2023-2035 qui vise à protéger le couvert forestier et les milieux naturels.»
Quant à l’utilisation du site, la Ville précise qu’elle «poursuivra ses démarches afin de définir les usages et interventions qui permettront de mettre en valeur le site, dans le respect de son caractère naturel».
HISTORIQUE
En 2022, la Ville avait signé une entente pour protéger le lot. La mairesse avait indiqué à ce moment que Cowansville était en discussion avec le propriétaire depuis près de deux ans pour trouver une entente afin d’en assurer la sauvegarde.
L’an dernier, avec une possibilité d’un développement résidentiel qui planait toujours, une pétition a circulé pour que le boisé soit officiellement protégé, ramassant près de 900 signatures.
«Le fait d’avoir des espaces naturels comme celui-ci est crucial pour notre bien-être mental et physique, pouvait-on lire dans cette pétition, lancée par Charles Bélair-Gagnon. La protection de ce boisé serait une occasion unique pour la ville afin d’agrandir le centre de la nature et d’offrir plusieurs sentiers de marche pour les résidents.»
Une résolution à l’ordre du jour de la séance du mois d’octobre dernier a fait sourciller le Comité vert de Cowansville. La Ville avait finalement retiré le point, et par la même occasion, avait signifié de nouveau son intention d’en faire l’acquisition.
«Dans cette première mouture-là qu’on avait, la Ville se laissait un délai d’une année pour trouver, en collaboration avec le Comité vert et le Comité du boisé McClure, des alternatives financières afin d’amasser les sommes nécessaires pour procéder à l’achat du terrain, a rapporté la mairesse. En concertation avec les services municipaux, le conseil municipal a jugé risqué d’adopter une telle résolution dans l’éventualité où les sommes nécessaires n’étaient pas amassées.»
«La volonté première du conseil municipal étant de préserver cet espace vert pour les citoyens, nous ne souhaitions pas avoir au-dessus de la tête une épée de Damoclès, rendant un éventuel développement immobilier possible sur le site, a-t-elle poursuivi. La Ville est bien consciente de la valeur écologique, sociale et communautaire de cet espace, qui concorde également avec la politique environnementale de la municipalité.»
FINANCEMENT
Afin de boucler le financement de 2 M$ nécessaire à l’acquisition du terrain, la Ville a usé d’un montage financier en trois volets.
Un montant de 1 075 000$ sera pris à même le fonds de roulement, et remboursé sur une période de 10 ans. Une somme de 425 000$ sera affectée à partir du fonds de parcs et terrains de jeux.
Le reste de la facture, soit d’environ 600 000$, sera financé par règlement. La Ville indique que s’y ajouteront des frais de notaire.
«Cette approche diversifiée nous permet de protéger un joyau naturel tout en maintenant une saine gestion des finances publiques», a déclaré Mme Beauregard.
