L’importance de l’accessibilité universelle pour les commerces d’ici
ACCESSIBILITÉ. Depuis 2008, l’Association des personnes handicapées physiques de Brome-Missisquoi (APHPBM) organise une campagne de financement et de sensibilisation en lien avec l’accessibilité universelle et cette année ne fait pas exception.
Des cœurs sont en vente au Canadian Tire de Cowansville jusqu’au 14 février pour l’occasion.
Pour les dirigeants du Canadian Tire, il est important non seulement d’appuyer cette campagne, mais également d’appliquer des mesures afin de rendre leurs installations accessibles à tous.
«De façon générale, on essaie toujours de penser à l’inclusivité pour tout type de clientèle qui va passer en magasin, soutient le directeur général de l’établissement, Alexandre Parisé. C’est super important pour nous de garder les espaces dégagés. Dans notre cas, on a tellement de nouveaux produits qui entrent chaque année, c’est important de toujours faire des choix éclairés, comme de ne pas mettre de palettes à des endroits qui font boucher le passage.»
«C’est un travail au quotidien qu’on a à faire dans un magasin de détail comme le nôtre», ajoute le propriétaire Louis Lacaille.
M. Parisé souligne que la formation auprès des employés est donnée afin de les sensibiliser à ces réalités.
«C’est aussi important d’écouter les suggestions, poursuit-il. Il y en a qui ont été faites et que nous avons gardé en tête. Ça bouge rapidement dans le magasin, toutes les suggestions qu’on peut avoir nous aident beaucoup à nous améliorer. Le statu quo n’est pas une option, on essaie toujours d’avoir une amélioration de façon continue.»
«La plupart du temps, les améliorations qu’on va faire ne vont pas prendre beaucoup de temps à mettre en œuvre, affirme-t-il. Ce sont de petites choses auxquelles on n’aura tout simplement pas pensé.»
ÉCONOMIE
Rendre un commerce accessible peut avoir des retombées économiques intéressantes, déclare la directrice générale de l’APHPBM, Diane Therrien.
«Une personne handicapée ne vient jamais seule, martèle-t-elle. Elles sont toujours entourées d’autres personnes. Il y a de grosses retombées économiques qui peuvent découler de ça. Notre comité est toujours disponible pour aller visiter et conseiller.»
Sentiment également partagé par le directeur général de la Chambre de commerce et de l’industrie de Brome-Missisquoi, Éric Côté.
«Comme entrepreneurs et commerçants, on a une responsabilité importante soit de rendre un lieu accessible ou d’en évaluer l’accessibilité et de l’améliorer, quand c’est possible, explique-t-il. Ce n’est pas seulement un geste social, c’est aussi une décision d’affaires intelligente. Ça permet d’accueillir plus de clients, offrir une meilleure expérience et démontrer que notre communauté d’affaires est à l’écoute.»
L’accessibilité, ce n’est pas demain qu’on va devoir arrêter d’en parler. On fait de beaux progrès, mais il reste encore beaucoup de choses à faire.»
Diane Therrien, directrice générale de l’APHPBM
D’ailleurs, l’APHPBM tient depuis plusieurs années un bottin et une application mobile qui répertorie les lieux accessibles dans Brome-Missisquoi.
«Être identifié comme commerce accessible, c’est d’être vu, recommandé et choisi, affirme M. Côté. C’est une visibilité positive et durable. J’invite donc les gens d’affaires de Brome-Missisquoi à poser un geste simple et important comme soutenir la campagne, participer à l’initiative et, lorsque possible, ouvrir leurs portes à l’accessibilité.»
«L’accessibilité, c’est pour tout le monde: des parents en pousse-pousse, une personne qui vient de se casser une jambe et même les livreurs les mains pleines! remarque de son côté la responsable de l’accessibilité inclusive et des ressources humaines à l’APHPBM, Frances Champigny. L’accessibilité, ça rime avec sécurité.»
Des programmes de subvention existent d’ailleurs pour aider les entreprises, les organismes à but non lucratif et les municipalités pour financer les mesures aidant l’accessibilité. C’est le cas, entre autres, du Fonds pour l’accessibilité du gouvernement fédéral, dont l’appel de demandes se poursuit jusqu’au 12 mars.
CAMPAGNE
La campagne de vente de cœurs se continuera jusqu’à la Saint-Valentin.
«On a le projet ambitieux d’être la première MRC accessible, affirme le président du CA de l’APHPBM, Éric Tremblay. Tout ça, c’est beaucoup de travail et ça ne se réalisera pas tout seul. Quand on fait des collectes de fonds comme ça, où la population contribue pour la modique somme de 2$, on se rend compte qu’on est appuyés et que nous ne sommes pas tous seuls dans ça.»
“On sensibilise un cœur à la fois, ajoute Mme Therrien. Notre campagne, ce n’est pas juste un projet, c’est une voix. On a la conviction profonde à l’Association qu’ensemble on peut vraiment arriver à quelque chose de concret. On peut transformer nos regards, nos milieux, nos actions et c’est possible de bâtir un Brome-Missisquoi plus accessible, plus solidaire et plus inclusif.”
C’est la mairesse de Cowansville et préfet de la MRC de Brome-Missisquoi, Sylvie Beauregard, qui agit à titre de présidente d’honneur de la campagne.
«Ça me touche profondément d’avoir le privilège de m’associer à un organisme aussi solide et bienveillant, affirme-t-elle. Vous avez l’expérience et l’expertise pour nous aider, les municipalités, à s’améliorer. Vous avez des yeux de lynx pour les trottoirs trop hauts! Vous êtes aussi une organisation bienveillante, présente pour vos membres.»
La mairesse de Bromont, Michelle Champagne, était également sur place pour le lancement de la campagne. «Votre association a réussi à réunir l’ensemble des paliers gouvernementaux et plein d’autres gens et c’est ce qui fait la force de ce mouvement-là pour rendre accessibles les bâtiments», déclare-t-elle.
