Poste de Brome: Hydro a choisi la solution facile, selon Robert Benoît
ÉNERGIE. Des citoyens en colère, des élus locaux déçus et qui ne se sentent pas écoutés: le choix du tracé et l’emplacement du poste Brome d’Hydro-Québec passent de travers. La société d’État a arrêté sa décision sur le tracé C, une variante qui descend vers le sud à partir du poste de Cowansville à Dunham avant de bifurquer vers l’est en direction du nouveau poste qui sera situé à West Brome, sur le territoire de Lac-Brome.
Consultations factices, manque de transparence et préoccupations ignorées sont au nombre des doléances des citoyens et des maires touchés par ce tracé. Selon eux, une quatrième variante, qui aurait emprunté la route 104 de Cowansville en direction de West Brome et par la suite rejoindre l’emprise d’une ligne actuelle près du carrefour giratoire, aurait été beaucoup plus logique. Alternative jugée trop coûteuse et compliquée par Hydro-Québec.
Le maire de Sutton, Robert Benoît, ex-dirigeant chez Hydro, s’explique mal la position de la société d’État et s’est senti méprisé par les responsables du projet.
«Tu as travaillé très fort pendant 30 ans pour que l’entreprise soit innovante, transparente. Je l’ai fait, cette job-là d’implantation. Je trouve leur décision incompréhensible.»
«Il fallait à l’époque amener une conscience environnementale à Hydro, se rappelle-t-il. Ça a été long à mettre sur place. On a adopté des politiques de consultation et d’accessibilité sociale. J’étais très fier de ça. Et là, je vois qu’on revient en arrière. Ça me fait de quoi.»
La même frustration se fait sentir du côté de Dunham, explique le maire Denis Laflamme.
«C’est une grande déception, même de la colère que je ressens, soutient-il. On avait beaucoup d’attentes face au quatrième tracé. Hydro-Québec nous a annoncé ça tout à fait froidement que, pour des raisons de coût, on va sur le tracé C, on ne respecte pas nos propres directives sur l’accessibilité sociale et la protection des paysages. Pour des questions de coût, on va détruire entre 75 et 100 terrains de football de bois et affecter nos beaux paysages.»
WEBINAIRE
Lundi, Hydro-Québec avait convié la population à un webinaire pour faire une mise à jour sur le projet.
Plus d’une soixantaine de personnes se sont déplacées du côté de la Brasserie Dunham, dans le cadre d’un événement spontané, pour y assister.
«Pour avoir travaillé près d’un an avec eux et avoir vu comment souvent ils ont insulté notre intelligence avec des demi-vérités, je n’étais pas surpris de leur décision, déclare le porte-parole du regroupement citoyen Exigeons plus d’Hydro-Québec, Denis Dumouchel. Maintenant, on va crier plus haut et plus fort que la solution est socialement inacceptable pour Brome-Missisquoi.»
HYDRO
Du côté d’Hydro-Québec, on explique le choix du tracé puisqu’il évite d’interférer avec le développement de Cowansville, ne longe pas le gazoduc et atténue les impacts sur le paysage.
«À l’issue de nos analyses, il y a une complexité élevée de [la quatrième variante] quant à la réalisation, signifie la cheffe de projet chez Hydro-Québec, Andréane Turgeon. Il y a de nombreuses contraintes techniques. La cohabitation avec les infrastructures actuelles amène ces complexités.»
Hydro soutient, entre autres, que le quatrième tracé nécessitera la relocalisation d’infrastructures, que la sécurité des travailleurs lors de la construction et de la maintenance serait difficile, que les nuisances entourant la construction dureraient plusieurs mois et, que de manière générale, le chantier serait plus long, plus risqué et plus coûteux.
AUTRE SOLUTION
Le maire Benoît avait proposé des solutions de rechange à Hydro-Québec, autant pour le tracé que pour le projet de manière générale, qu’il qualifie de démesuré en fonction des besoins de Sutton et de la région.
Il critique d’ailleurs qu’Hydro ait refusé de répondre aux multiples questions des élus et des citoyens, entre autres, d’avoir des données qui confirmeraient l’utilité d’avoir un poste à 120 kV pour desservir Sutton et Lac-Brome.
