Redécoupage de la carte électorale provinciale: plus que de simples changements dans la région

POLITIQUE. Qui perd gagne. C’est ainsi qu’on pourrait résumer les impacts du redécoupage de la carte électorale provinciale dans la région. En effet, la circonscription de Brome-Missisquoi perdrait quatre municipalités de son territoire au profit de deux circonscriptions différentes : Daniel-Johnson et Granby. Une proposition qui reste inchangée par rapport à celle de septembre 2023, soit quelques mois avant l’interruption de la refonte par les élus de l’Assemblée nationale.

De ce fait, seule la municipalité de Saint-Alphonse-de-Granby est ajoutée à la circonscription de Granby, ce qui représente un gain territorial de 50,12 kilomètres carrés, s’établissant bientôt à 205,22 kilomètres carrés de superficie.

Les trois autres municipalités (Waterloo, Shefford et Warden) seront transférées quant à elles dans Johnson, qui changera son nom pour Daniel-Johnson. Un ajout de 135,68 kilomètres carrés pour un nouveau total de 2 485,67 kilomètres carrés de superficie.

Enjeux importants

La circonscription de Brome-Missisquoi aurait les mêmes limites territoriales que celles de la MRC de Brome-Missisquoi. Ce sont donc 185,8 kilomètres carrés qui sont perdus de son côté.

Pourquoi cette circonscription est la seule à perdre du terrain ? La porte-parole d’Élections Québec, Julie Saint-Arnaud-Drolet, explique que les modifications proposées « permettent à la circonscription de Brome-Missisquoi de correspondre entièrement au territoire de la MRC du même nom » et qu’elle comporte « un nombre d’électeurs qui excède largement le maximum permis par la Loi électorale », considérée comme étant celle qui est la plus populeuse de la province.

Règles

En fait, pour mieux comprendre, il faut se rendre à l’article 16 de la Loi électorale.

« Chaque circonscription doit être délimitée de façon que, d’après la liste électorale permanente, le nombre d’électeurs dans une circonscription ne soit ni supérieur ni inférieur de plus de 25 % au quotient obtenu par la division du nombre total d’électeurs par le nombre de circonscriptions », peut-on y lire.

Dans le cas de Brome-Missisquoi, qui compte près de 71 000 électeurs dans sa composition actuelle, on est trop loin devant avec 37,30 %. Une diminution est ainsi nécessaire.

« Pour assurer une juste représentation des électeurs de cette circonscription, qui sont actuellement sous-représentés à l’Assemblée nationale, il faut diminuer le nombre d’électeurs dans la circonscription », a décrit Mme Saint-Arnaud-Drolet.

On pourrait croire que c’est pour cette simple et bonne raison que la municipalité de Saint-Alphonse–de-Granby est transférée à la circonscription de Granby. Or, il n’en est rien.

« Ainsi, la Commission de la représentation électorale propose de transférer la municipalité de Saint-Alphonse–de-Granby, qui fait actuellement partie de la circonscription de Brome-Missisquoi, dans la circonscription de Granby. Cette municipalité entretient des liens socioéconomiques avec la ville de Granby et ce nouveau regroupement serait donc cohérent », a-t-elle expliqué.

La circonscription de Granby n’est que 8,50 % au-dessus de la moyenne provinciale. Elle offre une grande marge de manœuvre avec ses 55 844 électeurs à l’heure actuelle. Avec l’ajout de la municipalité de Saint-Alphonse–de-Granby à son territoire, on compterait de cette façon tout près de 60 000 électeurs.

Réaction des députés

Pour les deux députés du coin concernés, François Bonnardel (Granby) et Isabelle Charest (Brome-Missisquoi), le redécoupage de la carte électorale ne semble pas être un enjeu important à cette heure-ci.

« Notre gouvernement prendra le temps d’analyser le jugement avant de se prononcer à ce sujet », a déclaré Mme Charest.

De son côté, M. Bonnardel n’a pas souhaité commenter la nouvelle.