Tarifs: l’incertitude au cœur des préoccupations des entreprises
ÉCONOMIE. À la suite de l’entrée en vigueur de tarifs américains, puis de contre-tarifs canadiens mardi, l’incertitude liée à l’impact de ceux-ci est la principale préoccupation des entreprises, selon le Centre local de développement (CLD) de Brome-Missisquoi. D’ailleurs, c’est cet organisme qui administre le Programme d’aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises au compte du gouvernement provincial et offre du soutien et de l’accompagnement auprès des entreprises de la région.
«Il y a déjà eu d’autres périodes d’incertitude avant, celle-là s’ajoute, relate la directrice du service de développement économique au CLD, Johanne Gauvin. C’est un peu frustrant et décourageant pour eux. Ils essaient de s’adapter. C’est un gros pépin qu’ils auraient préféré ne pas avoir.»
Les entreprises sont pour la plupart en train d’évaluer l’impact des tarifs américains et de la riposte canadienne. Le CLD indique que ce n’est pas seulement les entreprises exportatrices qui sont touchées, mais que celles qui font affaire avec des fournisseurs ou des clients qui ont des relations d’affaires avec des entreprises américaines peuvent également subir les contrecoups de la guerre tarifaire.
On a eu plusieurs webinaires où les entreprises ont échangé à propos de leurs préoccupations. La grande difficulté, c’est incertitude en ce moment.»
Johanne Gauvin, directrice du service de développement économique au CLD de Brome-Missisquoi
«On a eu des rencontres pour l’Estrie avec des entrepreneurs d’autres MRC et c’est vrai que l’économie est très interreliée sur toutes sortes de choses», note Mme Gauvin.
Le CLD tient d’ailleurs un sondage en ligne auprès des entreprises pour avoir un portrait de la situation dans la région.
«On n’a pas un tsunami de demande pour l’instant, affirme la directrice du service de développement économique. Je pense que les entreprises sont à l’étape d’essayer de consolider et d’essayer de comprendre ce qui va leur arriver avant de voir les démarches qui suivent. À date, personne ne nous a dit que des mises à pied allaient se faire prochainement, on n’en est pas là pour le moment, mais on ne le sait pas pour l’instant.»
PRÉOCCUPATIONS
En plus de l’incertitude, d’autres enjeux inquiètent également les entreprises du territoire.
«Le manque de liquidité est aussi une préoccupation, soutient Mme Gauvin. À la suite des tarifs, si leur carnet de commandes baisse drastiquement, qu’arrive-t-il? Comment ça va impacter leur main-d’œuvre, leur fonds de roulement, leurs clients? Ils sont attachés comme ça à toutes sortes d’enjeux liés aux tarifs.»
Avec la crise actuelle, le CLD propose non seulement de l’accompagnement sur les tarifs, mais aussi pour la suite des choses.
«Nous, on les accueille et on les aide en lien avec les tarifs, mais aussi, on va plus loin, affirme Mme Gauvin. À partir du moment où on a la conversation liée aux tarifs, nos conseillers en entreprise vont aussi évaluer l’ensemble du portrait pour voir comment on peut venir en aide, pas seulement avec le programme d’aide d’urgence. Y a-t-il d’autres volets sur lesquels on peut travailler pour faire du développement économique?»
PROGRAMME
Différents programmes d’aide s’offrent aux entreprises, que ce soit du gouvernement provincial ou du fédéral.
Le programme d’aide administré par le CLD s’adresse aux entreprises faisant entre 200 000$ et 2 M$ de chiffre d’affaires et donne accès à un prêt pouvant aller jusqu’à 150 000$.
Pour les entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 2 M$, le programme est accessible via Investissement Québec.
