Communautaire: un mouvement de grève est dans les cartons dans la région

COMMUNAUTAIRE. Des organismes communautaires de Brome-Missisquoi suivront d’autres organismes à travers la province dans une grève du milieu au mois de mars, dans le cadre du mouvement Le communautaire à boutte. C’est ce qu’a confié le directeur général de la Corporation de développement communautaire de Brome-Missisquoi, Nicolas Gauthier, à l’occasion du rassemblement communautaire pour la justice sociale vendredi dernier à Cowansville.

«On prépare un mouvement de grève aussi au mois de mars, déclare-t-il. C’est, entre autres, pour renforcer le financement du communautaire qui est tanné d’être sous-financé. Les problèmes s’alourdissent et augmentent et nous ne sommes pas reconnus à notre juste valeur.»

«La francisation a été coupée, on est rendus avec des listes d’attente, alors qu’on ne reçoit pas d’argent pour en faire, donne en exemple la coordonnatrice de l’organisme d’alphabétisation Le sac à mots, Caroline Plaat. Il y a toujours une pression de plus en plus forte. Refuser des gens alors qu’ils ont les yeux pleins d’eau en face de nous et qu’ils nous expliquent leur histoire, c’est extrêmement difficile.»

Mme Plaat illustre aussi sa situation où son organisme en fait de plus en plus, et dans des créneaux qui ne sont pas les siens au départ.

«C’est rendu qu’on fait de la transformation de la nourriture avec les gens pour répondre aux besoins. On va avoir une nouvelle cuisine prochainement! Mais on ne devrait pas comme organisme d’alphabétisation avoir à se doter d’une cuisine professionnelle pour faire les ateliers qu’on a à faire.»

Gauthier déplore également les coupes dans les services sociaux du gouvernement, ce qui met encore plus de pression sur les organismes communautaires qui doivent pallier la hausse de la demande, sans avoir le financement qui suit.

«Depuis un an, il y a des mesures d’austérité qui commencent à se mettre en place, note-t-il. Le gouvernement a imposé des coupes dans les services de santé. Ça fait en sorte que des services ont été retirés, on n’a qu’à penser au CLSC à Lac-Brome, entre autres. Les compressions budgétaires imposées empirent la situation, dans l’éducation aussi.»

JUSTICE SOCIALE

C’est une douzaine d’organismes communautaires de la région qui se sont donné rendez-vous vendredi au Centre d’action bénévole de Cowansville en lien avec la Journée mondiale de la justice sociale.

Ce rassemblement communautaire se voulait également une soupe populaire auquel les participants ont pris part.

«L’action du communautaire est liée à la justice sociale, affirme Nicolas Gauthier. C’est important pour nous d’avoir des services publics et des programmes sociaux forts avec un communautaire bien financé pour permettre que la population ne tombe pas au travers les mailles du filet.»

«L’injustice sociale, on la voit tous les jours, commente pour sa part Caroline Plaat. Il y a des gens qui n’ont pas eu les mêmes chances en partant au niveau scolaire, avec un système à trois vitesses. On suit des gens qui apprennent le français, je porte d’ailleurs le coeur du PEQ aujourd’hui. C’est une très grande injustice. On les invite à venir contribuer à notre société, on établit les règles du jeu et, en plein milieu, on change les règles. Toutes les iniquités, on les voit tous les jours.»

«Aujourd’hui, nous prenons la rue pour la justice sociale, il est impératif de passer du Je au Nous pour transformer notre anxiété collective en solidarité, déclare de son côté le directeur d’Entrée chez soi Brome-Missisquoi, Cédric Champagne. Ensemble, faisons face à la polarisation pour une société et une communauté qui va mieux!»

L’événement se tient depuis quelques années déjà. Selon M. Gauthier, la situation est loin de s’être améliorée au fil des ans.

«Rien n’a été mis en place pour régler le problème de l’écart croissant des inégalités et d’investir suffisamment dans les programmes publics qui aide la population, souligne-t-il. L’inflation s’est stabilisée, mais les gens trouvent que c’est encore trop cher se loger et se nourrir. Il y a encore des problèmes de listes d’attente.»