Une apothicaire des temps modernes à Saint-Joachim-de-Shefford
MIEUX-ÊTRE. Les médicaments font partie intégrante de la population mondiale de nos jours. Les remèdes faits de façon artisanale par des apothicaires comme autrefois sont peu communs. Toutefois, à Saint-Joachim-de-Shefford, Véronique Dion ramène ce concept au goût du jour avec son entreprise L’Ensorceleuse Apothicaire.
À son arrivée sur les lieux, l’auteur de ces lignes avait peine à croire qu’un atelier et une culture de plantes médicinales pouvaient se trouver chez l’entrepreneure. Au premier coup d’œil, l’emplacement semblait bien trop petit. C’était avant de voir l’arrière du terrain: une propriété de 4,2 acres où se trouve un imposant bâtiment abritant son local de travail, aménagé dans une tour.
Véronique Dion a toujours été passionnée par l’herboristerie. La native de l’ancien village d’Adamsville pensait en faire son projet de retraite. La pandémie de COVID-19 a devancé ses plans.
« J’ai goûté au télétravail et j’ai beaucoup aimé ça. La pandémie m’a fait réfléchir sur la vie. Je me suis dit: « pourquoi attendre à la retraite avant de partir mon projet? » J’ai donc suivi des petites formations en aromathérapie, dans la distillation d’huiles essentielles et en naturothérapie », a mentionné la secrétaire qui travaille à l’école Centrale, qui se consacre pour l’instant à temps partiel à sa PME.
La femme âgée de 46 ans relève également l’ambitieux défi de fabriquer ses produits à partir de plants du Québec. Parmi ceux-ci, des plantes indigènes telles que le thé du Labrador, le myrique baumier, le poivre des dunes.
Jouer sur une corde raide
Mme Dion doit faire preuve de prudence dans le choix de ses mots, ses activités étant soumises à un encadrement strict de Santé Canada. Elle précise qu’elle ne peut pas « établir de diagnostics » et que ses produits ne sont ni des médicaments ni des remèdes qui « guérissent ». Elle doit plutôt parler de produits qui peuvent « soutenir » ou « améliorer » la condition d’une personne, sans prétendre la soigner.
De plus, l’ex-diplômée en techniques de tourisme du Cégep de Granby ne peut distribuer ses produits au grand public sans une licence d’exploitation fédérale, dont le coût serait, selon elle, « trop dispendieux ». Elle les vend uniquement dans des marchés publics ainsi qu’au Salon de la Passion Médiévale, à Laval, car ils requièrent des explications personnalisées. Cela est impossible à effectuer dans des commerces. Les personnes qui en achètent sont considérées comme étant des « clients » et non des « patients ».
« Quand il y a eu les révolutions de l’ère industrielle, c’était donc extraordinaire de tout pouvoir transformer en laboratoire, admet Véronique Dion avec ironie. On a beaucoup mis notre santé dans les mains des médecins en leur faisant 100 % confiance. On aurait dû garder un peu plus de nous-mêmes dans la prise en charge de notre santé. Ce n’est pas à eux de s’occuper de tout. »
