Brome-Missisquoi: quatre candidats se positionnent sur le dossier de l’agriculture

Brome-Missisquoi: quatre candidats se positionnent sur le dossier de l’agriculture

Les candidats Isabelle Charest (CAQ), Andréanne Larouche (PQ), Ingrid Marini (PLQ) et Alexandre Legault (QS) ont exposé à tour de rôle la vision de leur formation politique en matière d’agriculture.

Crédit photo : Le Guide - Claude Hébert

POLITIQUE. Les agriculteurs ont eu l’occasion de se familiariser avec la plateforme électorale des différents partis politiques en matière d’agriculture, hier soir à Brigham, à l’occasion d’une rencontre d’information organisée par l’UPA de Brome-Missisquoi.

Quatre des six candidats aux élections générales du 1er octobre prochain ont répondu à l’invitation des organisateurs et ces derniers ont confirmé à tour de rôle l’appui de leur parti au maintien de la gestion de l’offre.

«Le jour où l’on abandonne la gestion de l’offre, nos voisins du Sud vont inonder le marché», a indiqué Alexandre Legault, de Québec solidaire.

La porte-parole de la Coalition avenir Québec, Isabelle Charest, a poursuivi dans le même sens. «Le message (de notre parti) est clair: la gestion de l’offre, c’est non négociable», a-t-elle indiqué.

Andréanne Larouche, du Parti québécois, a pris soin de rappeler que tous les principaux partis du Québec faisaient front commun sur cette question pendant que son adversaire Ingrid Marini, du Parti libéral du Québec, affirmait que «nous défendrons la gestion de l’offre sur toutes les tribunes».

Nouvelles réalités

Les quatre candidats présents s’entendent également pour dire que le programme de crédit de taxes aux agriculteurs n’est plus adapté aux réalités d’aujourd’hui et ne répond plus aux attentes du milieu. La hausse annuelle du remboursement autorisé est de 5 % par année alors que la valeur des terres agricoles augmente à un rythme beaucoup plus rapide.

Mme Marini signale que son parti s’engage à finaliser l’élaboration du nouveau programme de crédit de taxes dès la première année d’un prochain mandat alors que ses adversaires affirment d’une même voix qu’il faut déplafonner ce même programme. Mme Larouche ajoute que l’État devrait compenser les taxes foncières versées par les agriculteurs pour les zones non productives (les bandes riveraines par exemple).

La question de l’interdiction d’accroître les superficies en culture dans plusieurs municipalités interpelle également les quatre candidats. Mme Marini laisse entendre qu’il s’agit d’un enjeu majeur, mais ajoute qu’il faut optimiser le rendement des terres déjà en exploitation, trouver une façon de conjuguer croissance économique et protection de l’environnement, procéder à la mise sur pied de tables sectorielles en cette matière. Mme Larouche insiste sur l’importance de réduire les délais de réponse de la CPTAQ, en affirmant qu’il s’agit là d’un «irritant majeur». Mme Charest se dit en faveur de l’accroissement de la superficie des terres en culture, mais ajoute qu’il faut s’assurer de bien faire les choses. M. Legault est également favorable à la suspension du moratoire et prend soin de rappeler que Brome-Missisquoi doit composer avec 3 000 hectares de terre en friche.

Autres enjeux

Les quatre candidats s’entendent également pour dire qu’il faut développer des «circuits courts» et tout mettre en œuvre pour encourager l’implantation d’abattoirs de proximité. À défaut d’avoir accès à ce type de service – Brome-Missisquoi ne compte plus qu’un seul abattoir en opération – les producteurs agricoles doivent se déplacer à l’extérieur de la région et franchir de longues distances pour l’abattage de leurs bêtes. Une situation jugée improductive dit Mme Charest, un frein au développement des petites exploitations agricoles renchérit M. Legault.

Alors que Mme Marini se demande s’il y a vraiment désengagement de l’État envers l’agriculture, M. Legault parle d’un désengagement réel et Mme Larouche soutient que le budget de l’agriculture a fondu au cours des dernières années.

La plupart des candidats croient par ailleurs que les politiques de prêts de la Financière agricole sont trop conservatrices et qu’il faut modifier les critères d’accessibilité au crédit.

Mesures novatrices

Aux agriculteurs qui réclament des idées novatrices de la part des partis politiques, Mme Charest indique que le gouvernement devrait forcer les organismes publics à s’approvisionner davantage en produits québécois et suggère l’implication de la Caisse de dépôt et placement dans le Fonds d’investissement de la relève agricole (FIRA).

Mme Larouche propose de transformer le FIRA en «FIRA plus», de développer une politique de souveraineté alimentaire et d’assurer une meilleure promotion des produits agricoles québécois.

Mme Marini suggère de simplifier la réglementation et d’améliorer les programmes d’aide aux agriculteurs afin de permettre à ces derniers d’atteindre leur plein potentiel de développement

M. Legault estime que le modèle agricole actuel a atteint ses limites. Le candidata ajoute qu’il faut valoriser la profession, financer des quotas de démarrage et taxer les terres en friche de façon dissuasive. Il réclame également des réformes importantes («pas seulement des band aid»).