Choc post-traumatique: des chevaux à la rescousse d’anciens combattants

Choc post-traumatique: des chevaux à la rescousse d’anciens combattants

Sandra Villeneuve a lancé, sans prétention, son entreprise Un cheval pour mieux vivre en 2011. La dame s'est toutefois laissé prendre au jeu; elle s'adresse désormais à plusieurs clientèles, dont des vétérans.

Crédit photo : Journal Le Guide - Roxanne Langlois

RÉTABLISSEMENT. La Ferme Fantasia de Saint-Jean-sur-Richelieu sera certainement le théâtre de rencontres marquantes au cours des prochaines semaines:  depuis le 9 juillet, une Bromontoise passionnée de chevaux, Sandra Villeneuve, y offre un tout nouveau programme de psychoéducation entièrement dévolu à des anciens combattants.

Cette nouvelle initiative, baptisée Honorman, a pris son envol avec quatre premiers participants. Rattachés à la base de Saint-Jean-sur-Richelieu, les trois hommes et la femme sont âgés de 40 à 65 ans. Ils ont tous un point en commun: leur quotidien est marqué par les conséquences d’un choc post-traumatique vécu dans le cadre de leurs activités militaires.

«Dans ce spectre-là, il y a des troubles d’adaptation plus légers jusqu’à des problématiques plus sévères. Ils peuvent avoir des moments où ils perdent le contact avec la réalité», résume Mme Villeneuve, qui travaille dans le domaine de la santé mentale depuis 20 ans.

Cette dernière, qui a bénéficié d’une formation sur le mieux-être facilité par les chevaux, a entièrement bâti le programme dispensé en dix séances de trois heures chacune. La fondatrice de Un cheval pour mieux vivre a d’ailleurs privilégié des groupes restreints afin de mieux répondre aux besoins des participants, dont les réactions peuvent  s’avérer parfois imprévisibles.

L’approche de Mme Villeneuve se veut expérientielle: les anciens combattants seront appelés à immédiatement gérer différentes situations au gré des exercices, des actions et des émotions ressenties. Plusieurs objectifs sont visés par le programme, notamment apprendre à mieux se connaître, mettre de côté son hypervigilance, reconnaître ses limites, identifier les sources de stress et parvenir à les neutraliser.

Le cheval, source de bienfaits

De nombreuses études, dont plusieurs ont été réalisées en sol américain, révèlent que le contact avec les chevaux peut s’avérer des plus bénéfiques pour l’être humain, notamment pour les anciens combattants; on note, entre autres, la diminution des symptômes reliés au choc post-traumatique.

C’est précisément ce que souhaite Mme Villeneuve. Cette dernière est d’ailleurs confiante de voir les quatre participants d’Honorman, présenté en collaboration avec la Ferme Fantasia, évoluer positivement au contact des chevaux.

«L’idée est de leur donner une meilleure qualité de vie. Ce que ça signifie, c’est d’être capable de calmer les choses plus rapidement lorsque le système d’alarme se déclenche, que les émotions forment une tempête. J’aimerais qu’ils aient le sentiment d’un meilleur contrôle sur leur vie», explique la psychoéducatrice, qui ajoute que la relation tissée avec le cheval prime sur les techniques équestres lors des rencontres.

Mme Villeneuve, qui offre depuis quelques années des ateliers de croissance personnelle principalement à des femmes visant le mieux-être, sait que la magie peut opérer: «Ce que j’ai vu, c’est qu’il y avait des transformations assez rapides pour ces femmes. Certaines avaient des problématiques parfois assez importantes».

S’il ne joue pas le rôle du thérapeute, le cheval peut mener l’humain, avec l’accompagnement d’un ou d’une professionnelle, vers la prise de conscience. «Le cheval devient l’autre personne avec qui on est en interaction, celui qui reflète nos façons de parler ou d’agir avec notre entourage. On a les mêmes patterns relationnels avec les humains qu’avec les chevaux», explique la psychoéducatrice, on ne peut plus enthousiaste à l’idée de lancer son tout nouveau programme.

Parmi tous les animaux qui peuvent être mis au service d’interventions reliées de près ou de loin à la zoothérapie, le cheval constitue l’allier de choix, selon Mme Villeneuve. «Ils ne voient pas les masques que l’on porte ni les rôles que l’on joue. Ils voient la personne telle qu’elle est. […] Ils sont des êtres sensibles et qui communiquent beaucoup de façon non verbale», estime l’entrepreneure, qui porte pour ces bêtes un amour sans borne depuis son tout jeune âge.

Sandra Villeneuve espère, à terme, pouvoir offrir Honorman tout au long de l’année. Lors de sa rencontre avec Le Guide, des portes ouvertes étaient d’ailleurs prévues avec des vétérans de la garnison de Sherbrooke dans une petite écurie privée de Brigham où ses deux amis à quatre pattes sont en pension. De nouveaux participants pourraient prendre part au programme, mais cette fois-ci dans l’enceinte de ce site. Pour plus d’information concernant les services de l’entreprise, visitez le www.unchevalpourmieuxvivre.com ou la page Facebook Un Cheval pour Mieux-Vivre.