Des capsules vidéo pour sensibiliser à la maltraitance des aînés

Des capsules vidéo pour sensibiliser à la maltraitance des aînés

Le projet de sensibilisation à la maltraitance envers les aînés implique de nombreux intervenants de Brome-Missisquoi, dont Andréanne Larouche, Isabelle Tardif et Monique Lacroix.

Crédit photo : Journal Le Guide - Stéphanie Mac Farlane

COMMUNAUTÉ. En marge de la journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes aînées, l’organisme Justice alternative et médiation a présenté son nouveau projet de sensibilisation à la maltraitance envers les aînés.

«Le projet consiste à concevoir et animer des ateliers de sensibilisation auprès des personnes âgées sur le phénomène de l’intimidation et la maltraitance envers les aînés», explique Andréanne Larouche, chargée de projet sensibilisation sur la maltraitance envers les aînés chez Justice alternative et médiation.

Les discussions lors des ateliers seront initiées par le visionnement de capsules vidéo portant sur différents sujets. Ces courtes vidéos seront réalisées par les adolescents de la Maison des jeunes Le Boum de Bedford, donnant un aspect intergénérationnel au projet.

Les thèmes des capsules, qui seront produites en français et en anglais, seront variés. Elles parleront notamment de l’errance, de la négligence involontaire, de l’âgisme, de la maltraitance financière, du respect de l’intimité, de l’isolement, de la solitude et de la bientraitance, énumère Andréanne Larouche.

L’objectif est de sensibiliser les personnes âgées au phénomène de l’intimidation et de la maltraitance psychologique et émotionnelle pour qu’elles puissent reconnaître les signes, les impacts et ainsi favoriser la dénonciation, ajoute Mme Larouche. Ces ateliers seront tenus dans les pôles de Farnham, Bedford, Cowansville, Lac-Brome, Sutton et Bromont.

Un volet formation est aussi prévu dans ce projet. Elles seront offertes aux intervenants, bénévoles, acteurs du milieu ainsi qu’à des citoyens. Enfin, les capsules seront publiées sur internet afin de joindre un plus grand nombre de gens, poursuit Mme Larouche.

Médiation

Le projet, qui doit durée deux ans, est chapeauté par Justice alternative et médiation. Il est rendu possible grâce à une subvention de 172 943 $ obtenue dans le cadre du programme Québec ami des aînés du ministère de la Famille et des Aînés.

Si Justice alternative et médiation est davantage connu pour son application de la Loi sur la justice pénale pour adolescent, la directrice Isabelle Tardif indique qu’il y a des liens à faire entre la clientèle adolescente et les aînés. «Il y a beaucoup d’intimidation chez les adolescents et on est habitué d’intervenir. Le phénomène a des conséquences que ce soit auprès des jeunes ou des aînés. L’intervention que l’on fait avec les adolescents est transposable auprès des aînés, dit-elle. Adapter ce qu’on fait déjà pour les aînés fait beaucoup de sens pour notre mission.»

L’organisme, davantage connu à Granby, pourra ainsi étendre ses services dans la MRC Brome-Missisquoi. «La médiation peut être un outil très intéressant pour prévenir et intervenir. On va bonifier l’aide qui peut être apportée aux gens», poursuit Mme Tardif. Ainsi, le projet prévoit aussi offrir une formation en gestion de conflit et médiation aux intervenants travaillants auprès des aînés.

La maltraitance envers les aînés est présente partout

«De la maltraitance envers les aînés, il y en a partout», mentionne François Paquette, intervenant de proximité pour les Cowansvillois de 50 ans et plus à la Cellule Jeunes et Familles de Brome-Missisquoi.

Les citoyens de 50 ans et plus, qui sont vulnérables, isolés et démunis, sont particulièrement à risque, notamment parce qu’ils ne connaissent pas les services d’aide ou encore, parce qu’ils craignent d’en recevoir. Mais la maltraitance peut toucher tous les aînés. «Entre 8 à 10 % des aînés en souffrent. La maltraitance peut prendre différentes formes, que ce soit financière, psychologique, physique, sexuelle, organisationnelle ou même l’âgisme. Celui est moins connu, mais est toujours là», enchaîne François Paquette.
Selon le Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les aînés, l’âgisme se définit comme de la «discrimination en raison de l’âge, par des attitudes hostiles ou négatives, des gestes préjudiciables ou de l’exclusion sociale.»

Dans la majorité des cas, la maltraitance est commise par un proche de la personne âgée. «La maltraitance, c’est aussi de ne pas aider l’aîné. C’est une des problématiques importantes. Des fois, ça peut prendre la forme de ne pas appeler la personne alors qu’on a l’habitude de l’appeler», poursuit le travailleur de proximité.
Ce dernier invite les gens à signaler toute situation de maltraitance à la ligne Aide Abus Aînés au 1-888-489-2287.

Statistiques
Peu de statistiques sont disponibles pour dresser un portrait clair de la maltraitance chez les aînés, mais le bilan statistiques des 20 200 appels traités, du 1er octobre 2010 au 31 décembre 2016, sur la ligne Aide Abus Aînés donne quelques pistes aux autorités.

Pendant cette période, la maltraitance financière représentait 32,7 % des appels, 31,5 % des cas concernaient la maltraitance psychologique, 15,83 % la violation des droits de la personne et 13,2 % la maltraitance physique. Les autres types de maltraitance (organisationnelle, sexuelle, âgisme et non classifiée) représentaient 6,73 % des appels.