Donald Badger regagne ses terres après 42 ans de vie politique municipale

Donald Badger regagne ses terres après 42 ans de vie politique municipale

Depuis son retrait de la vie politique à Bolton-Ouest, il y a un mois, Donald Badger prend de grandes bouffées d'air frais et donne un coup de main à son fils sur la ferme familiale.

Crédit photo : Journal Le Guide - Ghyslain Forcier

MUNICIPAL. Il y a un mois que Donald Badger délaissait ses fonctions de maire de Bolton-Ouest. À 74 ans, le voilà qui retrouve la nature et les travaux sur la ferme familiale, auprès des siens.    

Le temps était venu pour le vétéran politicien de voir tomber le rideau sur une carrière riche de 42 années passées en politique municipale, toutes à Bolton-Ouest, là où il est né au milieu des années 1940. «Il y a un temps pour s’impliquer et un temps pour se retirer. Il faut savoir quand le faire», dit-il, en faisant référence aux décisions qui attendent tout joueur de poker.

«Pour moi, il était temps de passer à autre chose.»

L’implication en politique peut parfois être éreintante, et de manière insidieuse. «C’est seulement à la retraite que j’ai réalisé toute l’énergie mentale que prend la politique. C’est toujours dans notre esprit, comme un professeur d’école ou même un journaliste, je présume!»

Ses récents temps libres, il les consacre à renouer avec l’agriculture en donnant un coup de main à son fils, qui a repris la ferme familiale, l’une des premières au Québec à élever le bœuf Highland. «Je ne suis pas aussi rapide que je l’étais, mais c’est une bonne façon de se garder en forme.» En compagnie de sa conjointe, il peaufine son bridge au sein du nouveau club à Lac-Brome.

M. Badger aura occupé les fonctions de maire pendant les 24 dernières années. Il en avait passé 18 auparavant comme conseiller. C’est l’ancien conseiller Jacques Drolet, élu par acclamation, qui lui est venu en relève.

Si l’on remonte un peu dans le temps, c’est à l’âge de 31 ans, en plein cœur des seventies, qu’il assistait à ses premières assemblées mensuelles, dans un siège de conseiller. Ses motivations d’alors: être acteur au lieu de spectateur et préserver le caractère indépendant de la communauté qui l’a vu grandir, tandis que des vagues de fusion frappaient successivement plusieurs localités au Québec.

Et quand il repense à son ancienne vie, l’ex-politicien réfléchit longuement avant d’évoquer ce qui le rend le plus fier de son legs. «Je n’ai jamais pris ça comme ça. Je faisais mon travail, c’est tout.» Puis il finit par identifier le taux de taxes foncières de sa municipalité, à 0,36 $ par tranche de 100 $ d’évaluation à son entrée en poste comme conseiller… le même qu’à sa sortie comme maire. «Il a varié au fil du temps, mais est revenu au même niveau», fait-il remarquer.

Plus de jeunes

Son principal regret demeure cependant de ne pas avoir été en mesure d’attirer des jeunes en politique. «Les décisions qui sont prises maintenant le sont pour leur futur, pas le mien, observe-t-il. C’est tout un défi pour eux de trouver du temps pour s’impliquer en politique municipale. Il y a la famille, le travail…

«Les jeunes ont de bonnes idées qui doivent être mises de l’avant. Ils voient le futur différemment de nous. Ce n’est pas facile pour les plus vieux de « penser jeune ».»

Retour en arrière

Une petite fête aura lieu dimanche (10 décembre) entre 14h et 16h à l’Auberge le Relais à Lac-Brome pour souligner ses quatre décennies de loyaux services. Tout un contraste pour celui qui préfère se tenir loin des projecteurs. «C’est un beau geste. Je présume que mes accomplissements sont plus importants que je le pense pour certains. Pour moi, il ne s’agissait que de faire mon boulot le mieux possible.»