Quand bébé arrive plus trop que prévu

ENFANCE. Jenny Rondeau et Audrey-Anne Laguë ont eu toute une surprise il y a presque un an jour pour jour quand leur petite, Delphine, est née fortement prématurée, après seulement 25 semaines de grossesse.

Ça a pris près de sept ans de processus de fertilité avant que la procédure aboutisse.

« À la base, dans nos rêves un peu fous, c’était qu’on prenne mes ovules et que Jenny porte l’enfant pour que ce soit vraiment une maternité à deux, relate Audrey-Anne. C’est ce qui est arrivé ! »

La grossesse se déroule rondement. À l’exception d’un diabète de grossesse, le tout se passe plutôt bien.

Le 30 août 2024, Jenny Rondeau célèbre son 30e anniversaire avec ses amis, dont plusieurs futures mamans.

« Dans la nuit du 30 au 31, à 3 h du matin, Jenny me réveille dans la nuit et me dit qu’elle ne va vraiment pas, raconte Audrey-Anne. La dernière fois, au pavillon des naissances de BMP, ils nous avaient suggéré de prendre un bain chaud, ç’aurait pu être de fausses contractions. Elle se met à pleurer, on voit que ce n’est pas des mini-contractions, il y a quelque chose de bizarre. »

Le couple décide de se rendre à l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins. À la suite d’un examen, le médecin leur annonce qu’ils devront être transférés et que ce serait possible que Jenny accouche dans la nuit.

« On était rendus à 24 semaines et trois jours. On n’y croyait pas. Il fallait être transférés parce qu’ils ne sont pas équipés à BMP pour recevoir un bébé aussi prématuré et les risques de séquelles sont beaucoup plus importants si elle naît dans un centre où elle ne peut pas avoir les soins immédiats d’une équipe de néonatalité. »

ACCOUCHEMENT

Jenny sera finalement transférée au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) à Montréal.

« Il fallait que Delphine reste le plus longtemps possible dans le ventre de Jenny. Une journée de plus, ça pouvait faire toute la différence. »

« Une néonataliste est venue nous expliquer que les chances de survie étaient quand même de 60 %. Tout ce que j’ai entendu, c’est qu’il y a 40 % qu’elle ne survive pas. Elle nous a expliqué tous les risques. »

Le processus durera finalement trois jours.

« Le médecin m’avait dit que s’ils voyaient que l’était de la petite était stable, ils allaient me permettre de couper le cordon, ce que j’ai pu faire. Je savais que ce n’était pas si dramatique que ça et la chose qui nous a tout de suite rassurées, c’est qu’en sortant, elle a pleuré. Ce qui n’est pas normal pour une petite fille de 25 semaines ! »

Delphine demeurera à l’hôpital pendant quatre mois et demi.

Quatre mois et demi qui ont dû paraître comme une éternité pour les deux mères, où la progression de l’état de santé de la petite n’était pas tout à fait linéaire.

Mais petit à petit son cas s’améliorait.

« On voulait sortir avant Noël, mais malheureusement, son état ne le permettait pas, se remémore Jenny. Ils nous avaient dit que si ça arrivait avant Noël, ce serait tout un cadeau ! »

« Elle va super bien aujourd’hui ! Quand on est sortis de l’hôpital le 17 janvier, elle avait encore besoin d’oxygène et de gavage. Ça a été un défi. Finalement, l’oxygène a pu être terminé en mai. Le gavage, ça a été un peu plus long, en juin. »

ÊTRE BIEN ENTOURÉS

Les deux mères s’entendent pour dire qu’elles ont été chanceuses d’être bien accompagnées, autant par le personnel médical que par leurs proches ou encore des gens de Préma-Québec, un organisme qui accompagne les parents de bébés prématurés.

Elles ont un message à transmettre à des parents qui se retrouveraient à vivre une situation similaire.

« Il faut vivre un jour à la fois, une heure à la fois et savourer les succès un à un », déclare Jenny.

« Il faut profiter des moments aussi, ajoute Audrey-Anne. La prématurité, c’est des montagnes russes tous les jours. Il faut juste être capables de voir les creux de vague et de faire confiance à l’équipe qui nous entoure. On a eu la chance d’avoir une belle équipe autour de nous. »