À l’école du feu à Cowansville

Une soixantaine de pompiers, provenant de huit services incendie de la région, ont pris part à une formation sur les phénomènes thermiques, le week-end dernier, à Cowansville. Pour l’occasion, un bâtiment voué à la démolition, situé sur la propriété du Vignoble La Grenouille, s’est transformé en véritable laboratoire avant de brûler comme une torche.

Après avoir suivi une formation théorique de six heures sur les phénomènes thermiques des incendies de bâtiment, la soixantaine de sapeurs provenant de Cowansville, Granby, Roxton Pond, Dunham/Frelighsburg, Bromont, Shefford, Waterloo et Notre-Dame-de-Stanbridge ont pris part à six scénarios réels. «Pour y parvenir, le bâtiment a dû être modifié pour être capable de refaire les phénomènes», explique Martin Fournelle, vice-président de Flash Formation et instructeur. Deux pompiers de Cowansville ont mis une quarantaine d’heures pour y parvenir. La petite maison de deux étages, située sur le chemin Plouffe, a été divisée en six espaces de formation afin d’être capable d’accueillir six scénarios. Tous les polluants ont aussi été retirés pour répondre aux normes environnementales.

La formation vise aussi à reconnaître les phénomènes thermiques, dont l’explosion de fumée par amenée d’air et l’embrasement généralisé (flash over). «C’est celui qui arrive le plus souvent. C’est l’inflammation de tous les produits de combustion et tous les matériaux combustibles dans un compartiment qui se fait pratiquement simultanément, c’est très rapide. Les pompiers qui se retrouvent dans un endroit où se produit un flash over ont des chances assez réduites de s’en sortir. Il y a des signes précurseurs et le but, c’est de reconnaître les signes», ajoute Martin Fournelle. «On veut que nos pompiers voit le phénomène et que lorsque ça se reproduira dans la réalité, qu’il sache ce à quoi ça ressemble», poursuit Michel Ouellette, lieutenant-préventionniste au Service incendie de Cowansville. «C’est fascinant. On a le temps et la possibilité d’observer le feu, chose qu’on n’a pas le temps de faire dans la réalité. C’est très enrichissant», ajoute Michel Ouellette qui a pris part à un des scénarios. D’après des données fournies par Flash Formation, chaque année, les phénomènes thermiques sont en cause dans 25 à 30% des blessures et des décès des pompiers.

Simulations…réelles

Quatre simulations ont eu lieu, samedi et deux dimanche. Au passage de JournalLeGuide.com, samedi dernier, les pompiers s’affairaient à débuter leur quatrième scénario du jour. Pour les besoins de la cause, un incendie a pris naissance au rez-de-chaussée. Si des pompiers étaient à l’intérieur pour observer le comportement de l’élément, d’autres étaient en poste au deuxième étage pour s’assurer qu’il n’y ait pas de propagation, le but n’étant pas de perdre le bâtiment. Une fois l’exercice complété avec succès, les pompiers ont procédé à l’extinction et à la ventilation du bâtiment. «On met le feu et on l’observe. On voit la façon dont le feu se propage et on l’éteint avec un minimum d’eau pour limiter les dommages. On fait ça pièce par pièce», explique Michel Ouellette, lieutenant-préventionniste au Service incendie de Cowansville.

Dimanche, après la conclusion des deux autres scénarios, les sapeurs ont procédé à la mise à feu complète de la petite maison. Un imposant panache de fumée était visible à plusieurs kilomètres de là et l’impressionnante scène a amené bon nombre de curieux sur place. Comme le temps était très sec, les pompiers travaillaient avec une demi-douzaine de lances pour humidifier l’environnement de brûlage. Le but? Éviter la propagation de l’incendie aux végétaux asséchés par Dame nature. Par cette ultime tentative, les sapeurs ont pu observer les différentes étapes de combustion de la résidence, qui a brûlé comme un château de cartes.

Sécurité accrue

La sécurité prenait une important part dans la formation et un officier était chargé du volet santé et sécurité au travail. Vérification des lances, des appareils respiratoires, des habits, avant chaque scénario, les responsables passaient en revue une longue liste d’items, des vérifications qui prenaient plus d’une quinzaine de minutes à faire, chaque fois. «Avant chaque scénario, un dénombrement est aussi effectué. Le responsable sait quel pompier est à quel endroit, avec qui. La sécurité est très importante. C’est pour être sûr que tout fonctionne quand on va mettre le feu, ajoute M. Ouellette. On ne veut pas faire d’improvisation. Il y a zéro place à l’improvisation. On est dans le feu.»

Les équipements d’extinction étaient aussi présents en double. «On a un bassin et un lac. On a aussi deux lignes d’eau, si une lâche, on a l’autre», explique Roger Lecours, chef aux opérations au Service incendie de Cowansville. L’exercice répondait aussi aux normes de la National Fire Protection Association (NFPA). Les pompiers de Cowansville ont aussi eu l’occasion de procéder à l’extinction dans un secteur dépourvu d’alimentation en eau, un événement plutôt rare pour eux.

 

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